Au lendemain de la révélation de l’idylle entre Jordan Bardella et la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, de nombreux Français s’intéressent soudainement aux accointances royales du président du Rassemblement national. À un an de l’élection présidentielle, rappelons qu’il pourrait aussi officiellement porter le titre de coprince d’Andorre s’il venait à être élu président de la République française.
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Un président et une princesse à l’Élysée ?
Coup de communication ou véritable idylle, l’avenir nous le dira. Ce 8 avril 2026, Paris Match a publié en une de son magazine des photos des vacances en Corse de Jordan Bardella avec la princesse Maria Carolina des Bourbon des Deux-Siciles. Certains rêvent déjà d’un grand mariage royal. Elle est la fille aînée et l’héritière dynastique du duc de Castro, actuel chef de la famille royale des Deux-Siciles, et il est le président du Rassemblement national, potentiel candidat à la course présidentielle.
Avec ou sans la princesse Maria Carolina, Jordan Bardella deviendra bien coprince, s’il accède à la présidence. Le premier tour de l’élection présidentielle française aura lieu en avril 2027, dans tout juste un an. À cette occasion, BFMTV et La Tribune Dimanche ont commandé un sondage à l’institut Elabe pour connaître les intentions de vote des Français. « Le candidat du Rassemblement national serait largement en tête du premier tour de l’élection présidentielle, si le scrutin avait lieu dans une semaine », explique BFM. Selon ce sondage, Jordan Bardella obtiendrait 35% des intentions de vote, suivi par Édouard Philippe avec 20,5%.

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Rappelons que Jordan Bardella n’est pas encore un candidat officiel car Marine Le Pen attend toujours d’être fixée sur son sort. En mars 2025, Marine Le Pen a été condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire mais elle attend la décision de la cour d’appel de Paris qui pourrait réduire cette peine à deux ans, ce qui lui permettrait donc de se présenter (de justesse). La réponse sera donnée le 7 juillet. Si Marine Le Pen était élue à la tête de la France, la situation serait inédite. Elle serait la première présidente française et la première coprincesse de l’histoire d’Andorre.
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Jordan Bardella peut-il devenir le chef d’État d’une principauté ?
La principauté d’Andorre est un territoire composé de 7 paroisses, qui est reconnu depuis l’an 780. Le principe de paréage entre la France (via l’héritage du comté de Foix) et l’évêché d’Urgell (en Espagne) a été mis en place en 1278. C’est l’article 43 de la Constitution d’Andorre qui confère « à titre personnel et exclusif » à l’évêque d’Urgell et au président de la République française le titre de coprinces. Après avoir juré d’exercer leurs fonctions conformément à la Constitution, « leurs pouvoirs sont égaux et procèdent de la présente Constitution ».
Cela signifie que l’actuel président français, Emmanuel Macron, est coprince d’Andorre, aux côtés de l’évêque d’Urgell, Josep-Lluís Serrano Pentinat. En tant que chef d’État andorran, Emmanuel Macron doit assurer un certain nombre de fonctions officielles en principauté d’Andorre. À fréquence régulière, il reçoit à l’Élysée des représentants andorrans car c’est depuis Paris qu’il gère les affaires de la principauté. Certains présidents français ont montré que très peu d’intérêt pour le pays voisin dont ils avaient la charge.
Emmanuel Macron est le premier président de la République française à avoir fait réaliser un portrait officiel pour ses fonctions de coprince d’Andorre. Il est le premier président à avoir deux portraits distincts, en portant le collier du coprince et en posant devant le drapeau bleu-jaune-rouge pour la version andorrane. L’article 46 de la Constitution andorrane indique que les coprinces décident librement « de la création et de l’organisation des services qu’ils estiment nécessaires pour l’exercice de leurs fonctions institutionnelles ». Le coprince peut donc choisir de la manière dont il souhaite s’investir dans cette tâche et les moyens qu’il déploiera à cet effet.

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Si la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles porte bien le prédicat d’Altesse Royale, il n’est pas question pour Jordan Bardella de recevoir un prédicat d’Altesse. Le coprince porte le simple prédicat d’Excellence, une qualité accordée à n’importe quel président dans le monde et même aux ministres. Quoi qu’il en soit, si Jordan Bardella accède au pouvoir en France, parallèlement, il deviendra bien le chef d’État d’une principauté. Ce serait une maigre consolation pour celle qui se tiendrait potentiellement à ses côtés, la princesse Maria Carolina, dont la prétention sur l’ancien trône du royaume des Deux-Siciles est nettement plus conséquente. Andorre compte plus de 86 000 habitants et a une superficie de 468 km2. Le royaume des Deux-Siciles est né de la fusion du royaume de Naples et du royaume de Sicile. Ce grand royaume couvrait toute la moitié sud de la péninsule italienne, ce qui représente une superficie de 110 000 km2. Ses ancêtres ont perdu leur trône lors de l’unification de l’Italie en un seul royaume en 1861. À cette époque, le royaume des Deux-Siciles comptait plus de 9 millions d’habitants.
Le statut nobiliaire du coprince d’Andorre n’est pas toujours limpide. Le coprince d’Andorre apparaît dans l’Almanach du Gotha, ce qui pour certains prouve que le titre de coprince à une valeur nobiliaire, cet annuaire faisant figure de référence ultime en matière de noblesse européenne. D’autres disent qu’il n’existe pas de noblesse à Andorre, et pourtant, il existe un cas unique de noblesse. Guillem d’Areny-Plandolit, curateur général des vallées d’Andorre et promoteur de la nouvelle réforme de 1866, issu d’une riche famille d’industriel, a bien été anobli dans la Principauté, avec le titre de baron de Senaller i Gramenet.

Les pouvoirs du coprince ne sont pas négligeables. Le coprince a le droit d’accorder sa grâce, à titre personnel. Il a également un pouvoir au niveau judiciaire, puisqu’il nomme les membres du Conseil supérieur de la justice ainsi que les membres du Tribunal constitutionnel. Il doit aussi donner son accord préalable avant toute signature d’un traité international. Officiellement, dans les documents protocolaires et diplomatiques internationaux, lorsqu’Emmanuel Macron rédige des documents officiels pour Andorre, les armoiries princières figurent sur l’entête. Les armoiries représentent une mitre, en référence au prince épiscopal d’Urgell, et des vaches du Béarn, en référence aux premiers coprinces français du comté de Foix.
Cette cosuzeraineté est une volonté de poursuivre un compromis qui a débuté au 13e siècle. À l’origine, les vallées andorranes devinrent la propriété de l’évêque d’Urgell en 988. L’évêque céda le territoire au 11e siècle aux seigneurs Caboët, une seigneurie qui sera transmise par mariage à la famille du comte de Foix. L’évêque d’Urgell, insatisfait de la propriété revendiquée par le comte de Foix, imposa sa suzeraineté. En 1278, un accord de compromis est trouvé suite à l’intervention du roi d’Aragon. Sa solution est l’instauration d’un paréage, soit une cosuzeraineté partagée entre l’évêque d’Urgell et le comte de Foix.
Éléonore, fille de Jean II d’Aragon et de Blanche de Navarre, avait épousé Gaston IV, comte de Foix en 1434. Éléonore deviendra reine de Navarre et son petit-fils François-Fébus lui succédera, son propre fils étant mort avant elle. François-Fébus a donc hérité du royaume de Navarre de sa grand-mère mais aussi du comté de Foix de son grand-père. En devenant comte de Foix en 1472 à l’âge de 5 ans, il devient aussi coprince d’Andorre. À la mort de sa grand-mère Éléonore en 1479, il deviendra roi de Navarre. À partir de cette date, le titre de comte de Foix appartiendra au roi de Navarre, et par conséquent, le roi de Navarre sera aussi coprince d’Andorre.
Le roi Henri III de France n’ayant ni héritier direct ni collatéraux, la couronne de France fut transmise à sa mort en 1589 à son cousin, Henri IV, roi de Navarre, son plus proche parent mâle. C’est ainsi que le roi de Navarre, déjà coprince d’Andorre, devint roi de France. Par la suite, la constitution d’Andorre indiquera que le coprince d’Andorre est le chef d’État français et non plus l’héritier dynastique des rois de France. Aujourd’hui, la constitution fait mention du « président de la République française » et il n’y a aucune mention d’une « présidente » ni l’existence d’un titre de coprincesse. Si une femme accédait à l’Élysée, il faudrait donc trancher entre coprince ou coprincesse.