La famille royale de Roumanie

La famille royale de Roumanie est aujourd’hui constituée uniquement de descendants du roi Michel 1er de Roumanie. Le dernier roi de Roumanie est monté sur le trône une première fois à 5 ans, en 1927. Le jeune Michel est destitué par son propre père en 1930. À 18 ans, le roi Michel reprend sa place sur le trône, en 1940. Il restera roi jusqu’en 1947, contraint à l’exil, lorsque les communistes renversèrent la monarchie.

La famille royale roumaine depuis l’abolition de la monarchie

Michel 1e est décédé en 2017. Il a désigné sa fille, la princesse Margareta comme Gardienne de la Couronne. Bien qu’à l’époque de la monarchie la loi salique était d’application en Roumanie, l’ancien roi a modifié les règles de succession afin que sa fille puisse agir en tant que chef de famille.

En 2007, Michel 1e fait changer son nom de famille en « de Roumanie », un nom qu’adopte évidemment ses descendants, qui sont alors les seuls à appartenir à la famille royale de Roumanie. Tous ses cousins Hohenzollern (nom de famille que la famille portait auparavant) ne peuvent plus prétendre à apparaitre dans l’ordre de succession. Mais aussi, Michel 1e va lui-même faire le tri dans ses descendants, en retirant sa fille la princesse Irina de l’ordre de succession, ainsi que ses enfants ou petits-enfants. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 5 dans l’ordre de succession au trône, après Margareta.

En choisissant Margareta comme héritière, Michel 1e n’a pas respecté la loi salique de la constitution roumaine, qu’il a fait abroger lorsqu’il a fondé sa propre famille (la famille de Roumanie au lieu de la famille de Hohenzollern-Sigmaringen). Mais les changements de règles de succession n’ont été approuvés par aucune autorité roumaine (principalement le parlement). La monarchie roumaine avait aussi pour règle de ne pas autoriser les mariages morganatiques (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Michel 1e fut roi à la place de son demi-frère aîné Carol Lambrino, né d’une union morganatique du roi Carol 1e) et l’époux du souverain ne peut pas être roumain. Or, la princesse Margareta a épousé Radu Duda, un roturier roumain. Autre problème, Margareta n’a pas d’enfants et est trop âgée pour en avoir.

 

Actualité de la famille royale de Roumanie

Les querelles de famille

Avant de désigner Margareta comme Gardienne de la Couronne de Roumanie (titre officiel choisi par Michel 1e), d’autres scandales familiaux ont éclaté. Le jeune Nicholas de Roumanie Medforth-Mills, fils de la princesse Elena et premier descendant mâle de Michel 1e, reçut le titre de prince de Roumanie. Seul petit-enfant du Roi à obtenir un titre, il était pressenti comme un successeur potentiel. Pris sous l’aile du Roi, les Roumains ont commencé à s’attacher à ce jeune homme qui apportait du renouveau dans la famille royale. Revirement de situation surprenant en 2015. Michel 1e change de successeur, retire le prince Nicholas de l’ordre de succession, l’ôte de tous ses titres et l’exclut de la famille. Les raisons de ce changement n’ont jamais vraiment été expliquées, même s’il s’agirait du fait que Nicholas ait eu une fille non reconnue. En 2019, Nicolas de Roumani Medforth-Mills a reconnu sa paternité suite à un test ADN. En même temps que la répudiation de Nicholas, Michel 1e choisit sa fille ainée, Margareta comme héritière. À la mort de Michel 1e, la famille a reconnu Margareta comme la Gardienne de la Couronne.

 

Le statut officiel de la famille royale roumaine dans la république

L’institutionnalisation et l’adoption d’une position officielle de la famille royale a suivi la suppression de la loi d’exil envers la famille royale. En 2001, est adoptée la loi reconnaissant officiellement la position du roi Michel Ie. Malgré le fait que cette loi soit écrite de manière républicaine, désignant le roi Michel comme « ancien chef de l’État roumain », elle est tout de même très bénéfique à la famille. En effet, elle a permis l’établissement d’une présence physique permanente à Bucarest de la Maison royale. La loi permet donc que l’ancien chef d’État et sa famille s’établissent de façon permanente au palais Elisabeta, qui fut la dernière résidence royale avant la chute de la monarchie en 1948. Depuis lors, le palais royal est devenu le vrai bastion de la famille. À l’intérieur de ces murs, la famille est totalement légitime et organise ses multiples événements dynastiques, caritatifs, diplomatiques, …

Malheureusement, toutes les activités publiques de la famille royale engendrent certaines dépenses. Malgré le soutien de généreux sponsors dans le pays et à l’étranger, plus de ressources sont nécessaires pour faire fonctionner cette véritable institution. À ce titre, le roi décida de demander la restitution des biens qui, le 30 décembre 1947, lui appartenaient personnellement (et non ceux qui appartenaient à la couronne). Une loi existe à cet effet, afin que tout citoyen roumain puisse réclamer des biens lui ayant été confisqués par le régime communiste. Malheureusement, son statut d’ancien chef d’État a posé quelques problèmes à cette demande, la limite précise entre les biens personnels et les biens dont il disposait en tant que souverain n’étant pas toujours très claire. En 2005 encore, la Cour constitutionnelle a rejeté sa demande. Parmi les biens que réclament aujourd’hui encore la famille, il y a le domaine royal de Sinaia, le domaine royal de Săvârşin et encore d’autres petits bâtiments.

Malgré ces difficultés, la cohabitation entre la famille royale et le pouvoir en place est relativement bonne et cordiale depuis 1997. Profitant de ce climat favorable à la famille royale, le 5 janvier 2005, le roi demanda à restaurer son ordre dynastique familial, l’ordre de Carol 1e. La même année, une Maison de Sa Majesté a été créée afin de consolider l’institution que représentait sa famille. En 2007, le roi procède à de grands changements internes à sa famille, en recodifiant entièrement les règles fondamentales. Ces modifications ont été très largement commentées et approuvées par la presse nationale. L’ensemble des maisons royales régnantes en Europe a reconnu la version modernisée de la constitution de la maison royale de Roumanie.

Site officiel de la famille royale de Roumanie : Familia Regală a României