Ce samedi 28 mars 2026, le pape Léon XIV a effectué une visite apostolique en principauté de Monaco. Cette journée historique, s’est conclue au Stade Louis-II, où le Saint-Père a célébré la messe du samedi de la 5ᵉ semaine de Carême, en présence du prince Albert II, de la princesse Charlène, de membres de la famille princière, ainsi que des royautés résidant en Principauté.
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La famille princière et les royautés du Rocher à la messe du pape Léon XIV
Le pape Léon XIV, 70 ans, a effectué une visite apostolique en principauté de Monaco, auprès du prince Albert II, 68 ans, et de la princesse Charlène, 48 ans. Le couple princier a accueilli le souverain pontife à l’héliport de Monaco, ce 28 mars 2026, puis une cérémonie d’accueil protocolaire s’est déroulée dans la cour d’honneur du palais princier. Le prince Albert II et la princesse Charlène ont aussi fait une apparition au balcon du palais avec leurs jumeaux, entourant le pape. Le prince Albert a prononcé une allocution au balcon, et le pape Léon XIV a pris la parole avant de bénir la foule.

Dans un second temps, le pape Léon XIV a rejoint la cathédrale Notre-Dame-Immaculée de Monaco, où il a célébré l’office de Sexte de la liturgie des Heures, qui comprend principalement un enchaînement de prières et de psaume. Le pape y a également prononcé son homélie, face aux fidèles et à la famille princière. Les souverains étaient accompagnés des deux sœurs du prince Albert, les princesses Caroline et Stéphanie, elles-mêmes accompagnés de plusieurs de leurs enfants.

Le pape Léon XIV a aussi rencontré la communauté catholique de Monaco et les catéchumènes lors d’un événement organisé à l’église Sainte-Dévote. Au milieu de l’après-midi, le pape a célébré une messe au Stade Louis-II, devant 15 000 personnes, dont la famille princière. Le prince Albert II, la princesse Charlène, la princesse Caroline et la princesse Stéphanie étaient présents. Charlotte Casiraghi, Pierre Casiraghi et son épouse Beatrice, ainsi que Louis Ducruet et son épouse Marie ont assisté à la messe dans le stade.

D’autres membres de familles royales étrangères ont assisté à la messe, dont le prince Serge de Yougoslavie, le prince Charles-Philippe et la princesse Naomi d’Orléans. Le prince Charles et la princesse Camilla de Bourbon des Deux-Siciles, duc et duchesse de Castro, étaient également présents avec leurs deux filles, les princesses Maria Carolina et Maria Chiara.


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Messe de la 5e semaine de Carême célébrée par le pape Léon XIV à Monaco
Cette messe était celle du samedi de la 5ᵉ semaine de Carême. Ce samedi précède le dimanche des Rameaux, une journée importante du calendrier liturgique chrétien, qui ouvre la Semaine Sainte, introduisant le temps de la Passion. La première lecture est celle du prophète Ézéchiel, chapitre 37, versets 21 à 28, intitulée « J’en ferai une seule nation ». Le cantique avait pour refrain « Le Seigneur nous garde, comme un berger son troupeau ». L’Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, chapitre 11 versets 45 à 57, fut ensuite cantillé.

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Le pape Léon XIV a ensuite prononcé l’homélie : « L’Évangile que nous venons d’entendre rapporte une décision cruelle à l’égard de Jésus. Il nous raconte le jour où les membres du Sanhédrin ont décidé de le tuer. Pourquoi ? Parce qu’il a ressuscité Lazare d’entre les morts. Parce qu’il a redonné la vie à son ami après avoir pleuré devant sa tombe. C’est précisément Jésus, venu dans le monde pour nous libérer de notre condamnation de la mort, qui est condamné à mort. Il ne s’agit pas d’une fatalité mais d’une volonté précise et mûrement réfléchie. Cela résulte d’un calcul politique fondé sur la peur.

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« Les chefs religieux voient en lui une menace. Leur regard est faussé. Ce sont les docteurs de la loi qui la transgressent. Derrière la peur se trouve l’attachement au pouvoir. Mais si les hommes oublient la loi qui commande de ne pas tuer, Dieu n’oublie pas la promesse qui prépare le monde au salut. Sa providence fait de ce verdict meurtrier le moyen de manifester l’une des scènes d’amour suprême. Nous assistons ainsi à deux mouvements opposés : d’une part la révélation de Dieu qui montre son visage du Seigneur tout-puissant et sauveur, d’autre part l’action occulte d’une autorité puissante prête à tuer sans scrupule. N’est-ce pas ce qui se passe aujourd’hui ? »
« La joie de la foi et la force de notre témoignage découlent de cette rédemption en tous lieux et en tout temps, l’histoire de Jésus résume en effet le destin de chacun de nous, à commencer par les plus petits et les opprimés. Encore aujourd’hui, combien de calculs sont faits aujourd’hui pour tuer des innocents ? Combien de fausses raisons sont revendiquées pour les éliminer ? Cependant, face à l’insistance du mal, la justice éternelle de Dieu se dresse, qui sans cesse nous délivre de nos tombeaux, comme pour Lazare et nous donne une vie nouvelle. Le Seigneur libère de la souffrance en suscitant l’espérance, il convertit la dureté de cœur en transformer le pouvoir en service, en manifestant le véritable nom de sa toute-puissance, miséricorde. C’est la miséricorde qui sauve le monde. Elle prend soin de chaque existence humaine depuis son apparition dans le sein maternel jusqu’au moment où elle se flétrit. Comme l’a enseigné le pape François, la culture de la miséricorde, repousse la culture du rejet. »

« Le mot idole signifie « petite idée », c’est-à-dire une vision réduite qui diminue, non seulement la gloire du tout-puissant en le transformant en objet mais aussi l’esprit de l’homme. Les idolâtres sont des personnes à la vue courte. L’affranchissement des idoles libère d’un pouvoir qui se fait domination, de la richesse qui devient convoitise, de la beauté qui porte à vanité. Dieu ne nous abandonne pas dans ces tentations, il vient au secours de l’homme faible et triste qui croit que les idoles du monde lui sauveront la vie. Le Seigneur change l’histoire du monde en nous appelant de l’idolâtrie à la vraie foi, de la mort à la vie. C’est pourquoi chers frères et sœurs, face aux nombreuses injustices qui blessent les peuples et face à la guerre qui déchire les nations, la voix du prophète Jérémie s’élève sans cesse, proclamée aujourd’hui. »
« Chaque vie brisée est une blessure infligée au corps du Christ. Ne nous habituons pas au fracas des armes, aux images des guerres, la paix n’est pas un simple équilibre des forces, elle est l’œuvre des cœurs purifiés, l’œuvre de ceux qui voient dans l’autre un frère à protéger et non un ennemi à abattre. L’Église de Monaco est appelée à témoigner en vivant dans la paix et la bénédiction de Dieu, alors, bien aimés rendez heureux beaucoup des personnes par votre foi et en manifestant de la joie authentique. La source de cette joie est l’amour de Dieu. »