Jeffrey Epstein a rencontré le prince Laurent à deux reprises

Le prince Laurent de Belgique a publié deux communiqués au cours de la journée du 2 février. Dans son premier communiqué, le frère du roi Philippe confirmait avoir été approché par Jeffrey Epstein, sans pour autant répondre aux demandes du délinquant sexuel, qui souhaitait entrer en contact avec ses parents. Le deuxième communiqué revenait sur ses premières révélations afin de préciser qu’il a tout de même rencontré Jeffrey Epstein à deux reprises en privé. Le milliardaire lui aurait demandé de participer à un projet « destiné à commettre des actes de corruption ».

Lire aussi : La sortie familiale du prince Laurent et de la princesse Claire avec leurs enfants pour poursuivre l’œuvre de la reine Paola

Jeffrey Epstein voulait approcher le roi Albert II et la reine Paola par l’entremise du prince Laurent

Le nom du prince Laurent de Belgique, 62 ans, est apparu dans des e-mails que le milliardaire américain Jeffrey Epstein a envoyés à son assistance en 2012. C’est ce qui apparaît parmi les dizaines de milliers de nouveaux documents liés au délinquant sexuel, qui ont été rendus publics par la justice américaine ce 30 janvier 2026. Ces documents comprennent des photos, des vidéos ainsi que la correspondance privée de Jeffrey Epstein, qui avaient été gardées confidentielles durant des années.

Dans un e-mail datant du 17 octobre 2012, le milliardaire demandait à son assistante d’ajouter le prince Laurent à son carnet d’adresses. Cette mention a soulevé des questions en Belgique. La prise de contact a-t-elle abouti ? En toute transparence, c’est le prince Laurent lui-même qui a souhaité répondre aux questions légitimes qui ont été soulevées ces dernières heures. « Je tiens à mettre un terme définitif aux rumeurs qui entourent l’affaire Epstein. Lors de mes stages à l’ONU et dans une grande banque du quartier financier de New York, Epstein m’a contacté à plusieurs reprises », explique le prince Laurent dans un long communiqué envoyé ce 2 février à l’agence Belga. « Il me posait des questions auxquelles je n’ai jamais donné suite. Il voulait rencontrer mes parents pour les présenter à ses amis milliardaires : je lui ai répondu que mes parents n’étaient pas à vendre ni à exhiber ». Le prince Laurent est le deuxième fils du roi Albert II et de la reine Paola. Son frère aîné, le roi Philippe, a succédé à leur père en 2013.

Lire aussi : La princesse Elisabeth rencontre pour la première fois les dirigeants de l’OTAN avec le roi Philippe

Les personnalités royales étaient des cibles que Jeffrey Epstein voulait atteindre

Le prince Laurent explique que Jeffrey Epstein voulait être mis en contact avec des écoles et des universités européennes. « Je lui ai dit que je n’étais pas spécialisé en économie et que je ne comptais pas l’introduire », affirme le prince Laurent. « Plus tard, il m’a proposé de participer à un projet dans le secteur de l’environnement. Ce projet était clairement lié à de la fraude. J’ai décliné sa proposition. En 2012, Epstein m’a recontacté pour m’inviter à un dîner à Paris en présence, selon lui, d’un chef d’État et d’hommes riches et influents. J’ai décliné son invitation une nouvelle fois, lui expliquant que je n’étais pas intéressé par l’étalage ostentatoire de richesses et que je n’avais pas besoin de lui pour côtoyer des chefs d’État. Il était frustré et m’a dit que personne ne refusait ses invitations. »

Le prince Laurent a conclu son communiqué en demandant de « ne plus être dérangé par cette affaire ». À la surprise générale, quelques heures plus tard, le prince Laurent a partagé un deuxième communiqué en expliquant que sa première déclaration « n’était peut-être pas assez claire ».

« Lorsque j’ai dit que je n’avais jamais assisté à un événement où Epstein ou son entourage étaient présents, je parlais d’événements publics ou collectifs. J’ai toutefois rencontré Epstein deux fois en tête-à-tête, à sa demande, une première fois au début des années 1990 et une seconde fois au début des années 2000. » Le frère du roi des Belges ne précise ni l’objectif de ces rencontres ni l’endroit où elles se sont déroulées.

Jeffrey Epstein a mis fin à ses jours dans sa cellule de prison, en 2019, alors qu’il était en détention avant son procès. Jeffrey Epstein aurait exploité sexuellement des centaines de jeunes femmes, dont certaines mineures. Des personnalités du monde entier figurent d’une manière ou d’une autre dans les milliers de documents qui ont été divulgués. Le président Donald Trump, qui fréquentait le milliardaire à une époque, apparaît lui-même sur de nombreuses photos. Jeffrey Epstein a valu la déchéance d’Andrew. L’ancien prince britannique a été banni de la vie publique par son frère, le roi Charles III, en raison de son amitié avec le délinquant, y compris après ses premières condamnations.

En Suède, la princesse Sofia, belle-fille du roi Carl XVI Gustaf, figure elle aussi dans les documents. Elle avait été approchée par Epstein et l’avait rencontré, alors qu’elle cherchait à faire décoller sa carrière de mannequin aux États-Unis. Ce week-end, on a pu découvrir plusieurs échanges d’e-mails entre Epstein et la princesse héritière Mette-Marit, la belle-fille du roi Harald V de Norvège. Les échanges entre Mette-Marit et Epstein semblaient cordiaux. Mette-Marit s’était aussi confiée à propos du « mariage ennuyeux » auquel elle avait assisté la veille. Il s’agissait du mariage du grand-duc Guillaume et de la grande-duchesse Stéphanie de Luxembourg.

Avatar photo
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine a été concepteur-rédacteur et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français. Spécialiste de l'actualité des familles royales, Nicolas a fondé le site Histoires royales dont il est le rédacteur en chef. nicolas@histoiresroyales.fr