La Première ministre japonaise s’oppose à l’abolition de la loi salique

La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a indiqué, ce vendredi, approuver un rapport qui n’est pas favorable à l’intégration des femmes dans l’ordre de succession au trône impérial.

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La Première ministre japonaise partage l’avis d’un rapport de 2021 concernant les éventuels changements dans l’ordre de succession

Ce 27 février 2026, lors d’une session de réponses au parlement dans le cadre d’une commission sur le budget, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, 64 ans, a approuvé le rapport d’un comité d’enquête de 2021, concernant l’ordre de succession au trône du Chrysanthème. Ce rapport n’était pas favorable à l’abolition de la loi salique. Le rapport indique aussi que l’adoption de membres issus de branches collatérales de la famille impériale pourrait éventuellement être envisagée en cas d’extinction de la branche aînée.

L’empereur Naruhito du Japon, l’impératrice Masako et leur fille unique, la princesse Aiko (Photo : Jiji Press/ABACAPRESS.COM)

Depuis plusieurs années, les autorités japonaises se penchent sur la question de l’ordre de succession au trône, en raison de la menace d’extinction de la famille impériale. L’empereur Naruhito, 66 ans, a une fille unique, la princesse Aiko, 24 ans. C’est donc son frère cadet, le prince héritier Fumihito d’Akishino, 60 ans, qui devrait lui succéder. Fumihito est lui-même père de deux filles et d’un seul fils, le prince Hisahito, 19 ans. Un troisième membre de la famille impériale, le prince Masahito, oncle de l’empereur, figure dans l’ordre de succession. Cependant, le prince Masahito a 90 ans et n’a pas d’enfants.

Tout repose donc sur les épaules du prince Hisahito, seul membre de la famille impériale qui pourrait avoir un fils et éviter l’extinction de la famille Yamato, qui règne sur le Japon depuis des temps immémoriaux. En 2005, un comité gouvernemental avait rédigé un rapport proposant de changer la règle de primogéniture agnatique pour adopter une règle de primogéniture stricte. À l’époque, il était donc envisagé que la princesse Aiko puisse succéder à son père mais les discussions ont été avortées lorsque Fumihito est finalement devenu père d’un garçon en 2006.

Sanae Takaichi s’exprime face aux députés lors d’une session à la Diète (Photo : Keizo Mori/UPI/ABACAPRESS.COM)

En 2021, un nouveau comité avait été formé pour rouvrir le débat. Celui-ci était arrivé à la conclusion qu’il n’était pas envisagé de changer la règle de succession. Ce vendredi, c’est la première fois que la Première ministre en fonction depuis moins de cinq mois, répond de manière claire sur la question. Face aux députés, Sana Takaichi, la Première ministre a déclaré : « Le gouvernement et moi-même respectons ce rapport. » Le rapport indique qu’il est « approprié de limiter l’éligibilité aux descendants mâles en ligne directe appartenant à la lignée impériale ».

La constitution japonaise actuelle a été rédigée après la Seconde Guerre mondiale et n’a jamais été amendée. L’ordre de succession est déterminé par la Loi de la maison impériale de 1947, qui restreint les candidats au trône aux seuls descendants mâles de l’empereur Taisho (Yoshihito). Cette règle a eu pour conséquence d’évincer les princes issus de branches cousines. Bien que reconnus comme des membres éloignés de la famille impériale, ces princes qui descendent d’empereurs antérieurs à Hirohito, ne peuvent pas intégrer la Maison impériale ni l’ordre de succession. Le rapport prévoit que l’on « adopte » certains de ces parents masculins pour qu’ils intègrent l’ordre de succession.

Le rapport se penche aussi sur la question des membres de la famille impériale inclus au sein de la Maison impériale. Du changement pourrait être envisagé, comme permettre aux femmes mariées de rester actives et de continuer à travailler pour la monarchie. Selon les règles actuelles, une princesse perd son titre et doit quitter la Maison impériale lorsqu’elle se marie.

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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est un journaliste spécialisé dans les familles royales et l'histoire des monarchies européennes et mondiales. Nicolas Fontaine a fondé Histoires Royales, le premier média en ligne dédié à l'actualité des têtes couronnées en 2019. nicolas@histoiresroyales.fr