Les 15 femmes du roi Mswati III d’Eswatini : 34 enfants, évasions, mariage forcé, enlèvements de mineures,…

Mswati III, roi de l’Eswatini a eu 15 épouses, 2 sont décédées, 34 enfants, 4 petits-enfants et il s’octroie des revenus qui représentent 8% du budget national. Ce roi totalitaire intrigue beaucoup et est souvent dénoncé par les associations internationales, notamment celles qui défendent le droit des femmes.

Quand il s’agit de dénombrer ses femmes, la presse ne sait plus compter et donne le chiffre de 13 ou de 15, d’autant que certaines apparaissent et disparaissent dans d’étranges conditions. Nous allons essayer d’y voir plus clair, en vous présentant les 15 femmes du roi d’Eswatini. Parmi elles, 2 sont décédées, dont l’une s’est suicidée. Trois se sont enfuies, mais l’une est revenue. Deux sont des épouses rituelles, les autres ont pour la plupart été choisies lors de la cérémonie des roseaux, parfois mineures. L’une de ses épouses a même été enlevée à la sortie de l’école. Voici en détails qui sont ces femmes et qui sont leurs enfants, qui eux vivent dans l’opulence et partent faire des études à l’étranger.

Il y a quelques mois, un journal zambien affirmait que le roi Mswati III imposait la polygamie aux hommes du pays pour régler le problème de la supériorité numérique des femmes. Le gouvernement a immédiatement réfuté ces allégations. Pourtant, ce type d’informations pourrait tout à fait correspondre au genre du roi.

Le rôle de la reine-mère en Etswani

Si vous pensiez que les femmes étaient mal traitées dans son pays, vous vous trompez. Il y a au moins une femme qui est respectée… la reine-mère. Le roi lui-même, co-règne avec sa mère. La mère du roi est elle aussi vénérée et est appelée la Ndovukazi, ce qui veut dire la Grande Éléphante. Elle devient importante le jour où son époux, le roi, meurt. Le rôle de la reine douairière est très important. Elle sert de régente si à la mort de son mari, le futur roi est encore mineur (ce qui est souvent le cas). Ensuite, elle guide son enfant tout au long de ses premières années de règne. Il s’agit d’une tradition ancestrale, qui cache encore bien des surprises.

La reine-mère actuelle, Ntfombi Tfwala, Ndlovukati de l’Eswatini, mère du roi Mswati III

Les rois du Swaziland sont depuis toujours polygames. Les deux premières femmes lui sont imposées, les suivantes, il les choisit la plupart du temps lors de l’Umhlanga, la cérémonie des roseaux. Chaque année, des milliers de jeunes femmes vierges se réunissent autour de la reine-mère, coupent des roseaux, font des cadeaux à la Grande Éléphante et tissent leurs parures pour la cérémonie. Le jour de la cérémonie, le roi, sa mère et sa sœur ainée choisissent 365 femmes qui seront à la disposition du roi pendant l’année. Il peut, s’il le souhaite faire de l’une d’entre elle sa nouvelle épouse s’il le souhaite. Ce n’est pas le cas chaque année.

Comment est choisie la Grande Épouse du roi ?

La Grande Épouse, appelée Indlvukazi, c’est-à-dire l’Éléphante, est choisie sur des critères bien précis. Elle sera choisie au moment de la mort du roi par un Conseil, le Liqoqo. Cette veuve deviendra Ndovukazi, Grande Éléphante et co-règnera avec son fils héritier lors de ses jeunes années. Les premières conditions pour devenir l’épouse principale est d’avoir un bon caractère et de venir d’une bonne famille. Ensuite, cette épouse ne peut lui avoir donné qu’un seul garçon. Pour finir, cette femme ne peut pas être une des femmes rituelles. Autrement dit, il ne s’agit jamais des deux premières épouses. Autre critère, elle ne peut pas porter le nom de jeune fille de Nkhosi-Dlamini, pour éviter toute consanguinité, étant donné que Dlamini est le nom de la famille royale.  

Le roi du Swaziland et ses 15 femmes

Avant de lister les 15 épouses du roi de l’Eswatini, il est préférable de maitriser quelques notions de vocabulaire. Les deux premières femmes du roi lui sont imposées et proviennent toujours des deux mêmes clans. Sa première épouse vient du clan Matsebula, la seconde du clan Motsa. Ces deux femmes sont appelées les Tesulamsiti. Leurs fils ne pourront jamais régner. Les fiancées du roi sont les Liphovela. Elles restent les fiancées du roi jusqu’à ce qu’elles tombent enceintes et peuvent alors se marier. Une fois mariée, elles portent toutes le titres de reine, soit Inkhosikati.

Femme n°1 de Mswati III : LaMatsebula

Comme le veut la tradition, la première femme du roi est issue du clan de Matsebula. Il s’agit d’une Tesulamsiti, soit une femme rituelle. Les enfants de cette épouse ne pourront jamais devenir roi. Inkhosikati LaMatsebula a étudié à l’université. Elle possède un diplôme en psychologie car cette épouse doit être érudite. Sa fonction de règne l’amène à rencontrer beaucoup de monde et il semblait judicieux qu’elle sache comment s’y prendre au contact des gens.

Elle a deux fils :

  • Le prince Sicalo
  • Le prince Maveletiveni

Femme n°2 de Mswati III : LaMotsa

Suivant la tradition, la deuxième épouse est une jeune femme de bon caractère, provenant du clan Motsa. En tant que Tesulamsiti, comme la première épouse, Inkhosikati LaMotsa ne pourra pas devenir Grande Éléphante et par conséquent, aucun de ses enfants ne peuvent devenir roi. Cette épouse rituelle remplit des fonctions diplomatiques internationales puisqu’elle est Ambassadrice du Programme de développement des Nations unies, depuis 1996.

  • Le prince Majahonke (1991), lui-même déjà père d’une petite fille
  • Le prince Lusuku
  • Le prince Sinawonkhe
  • Le prince Buhlebenkhosi (1997)

Femme n° 3 de Mswati III : LaMbikiza

Sibonelo Mngomzeulu a été choisie pour être l’Inkhosikati LaMbikiza, la troisième épouse. C’est le roi lui-même qui l’a choisie. Son père été révérend, avocat et conférencier, sa mère esthéticienne et masseuse-thérapeute. Elle est impliquée dans l’humanitaire étant la fondatrice de la Lusita Charity Organization en Afrique du Sud et la directrice du RICA, l’Initiative royale swazie pour la lutte contre le VIH.

  • La princesse Sikhanyiso Dlamini (1987)
  • Le prince Lindani Dlamini
  • Le prince Makhosini Omari Dlamini est né d’une autre femme mais a été désigné comme enfant de l’Inkhosika LaMbikiza
Sibonela Mngomzeulu, devenue Inkhosikati LaMbikiza

La princesse Sikhanyiso est la première fille du roi. Elle est aujourd’hui connue à l’international où elle mène une carrière de chanteuse mais aussi de diplomate. Elle a étudié dans les plus grandes écoles britanniques, possède un diplôme aux États-Unis et un Master en communication de l’Université de Sydney. Dans son pays, elle est la ministre des Télécommunications, tout en étant membre du conseil d’administration de MTN Swaziland, l’entreprise de télécommunication mobile du pays.

Les chansons de la princesse sont en anglais, afin que le monde entier puisse comprendre. Elles ont pour thème principal le régime totalitaire de son père dont elle fait les louanges. Le clip de sa chanson Hail Your Majesty (Vive Sa Majesté) a été vu plus de 120 000 fois sur YouTube.

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La princesse Sikhanyiosi et sa sœur, la princesse Lindani

Femme n°4 de Mswati III : LaNgangaza

L’Inkhisokati LaNgangaza s’appelle Carol Dlamini et possède un diplôme universitaire en droit. Elle est l’une des ambassadrice de l’organisation international Hospice at Home, reprenant le patronage attribué à lady Diana jusqu’à sa mort. Elle promulgue ses conseils en matière de santé, de beauté et d’éducation à travers ses différentes associations. Contrairement aux premières épouses qui n’ont donné (presque) que des garçons au roi, LaNgangaza a donné quatre filles :

  • La princesse Temaswati Dlamini (1988)
  • La princesse Tiyandza Dlamini (1992)
  • La princesse Tebukhosi Dlamini (1994) déjà mère d’un petit garçon, Tisekelo, née en 2018
  • La princesse Mazwezulu Dlamini (2012)
La princesse Temashayina Sibahle, fille de l’épouse n°5 (à gauche), la princesse Sikhanyiso Dlamini (au centre) et la princesse Tiyandza Dlamini (à droite)

Femme n°5 de Mswati III : Putsoana Hwala (enfuie et déchue)

Putsoana Hwala, née en 1974, a perdu son titre d’Inkisokati. Elle a quitté son mari en juin 2004, partie vivre en Afrique du Sud. Elle a fui le pays, utilisant de faux passeports. Officiellement, elle est toujours mariée au roi. Ensemble, ils ont eu deux enfants :

  • Le prince Bandzile (1990)
  • La princesse Temashayina Sibahle (1996)
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Le prince Lindani (fils de la 3e épouse) qui sourit à gauche, et le prince Bandzile, à gauche avec la tunique gris clair.

Femme n°6 de Mswati III : Delisa Magwaza (enfuie)

Délisa Magwaza a elle aussi perdu son titre de reine en quittant le roi en 2004. Elle a eu une liaison avec un jeune homme sud-africain de 23 ans, Lizo Shabangu. Cette affaire a été considérée comme un scandale sexuel dans le pays. Son amant craignant pour sa sécurité, lui a proposé de s’enfuir avec elle. Elle décide de quitter Lizo mais échafaude tout de même son plan d’évasion. Elle arrive saine et sauve en Afrique du Sud où elle rencontrera un riche homme d’affaires. Aujourd’hui, ils ont eu un enfant ensemble. Avec le roi, elle a deux filles :

  • Temtsimba Schofield, née princesse Temtsimba Dlamini (1992)
  • La princesse Sakhizwe Dlamini (1999)

La princesse Temtsimba est la première des enfants du roi à se marier. Elle a épousé Michael Schofield, un joaillier, en 2017. Ils sont les parents d’une fillette de quelques mois, Tiyabusa, qui est le troisième petit-enfant du roi.

La princesse Sakhizwe Dlamini et le prince Bandzile (épouse 5)

Femme n°7 de Mswati III : LaMasango (suicidée)

Née Senteni Masango en juillet 1981, celle qui fut la septième épouse du roi Mswati III, était un vrai coup de cœur, choisie lors de l’Umhlanga, la cérémonie des roseaux. En 1999, le Times of Swaziland annonce que la jeune femme a abandonné l’école, ce qui provoque la colère du roi. Le rédacteur en chef du journal est mis en prison et plus tard renvoyé.

Senteni Masango est retrouvée morte le 6 avril 2018. Elle a mis fin à ses jours en provoquant une overdose d’amitriptyline (antidépresseur), une semaine après la mort de sa propre sœur. Senteni avait assisté aux funérailles de sa sœur, alors que le roi le lui avait interdit.

Senteni Masango et le roi d’Etswani ont eu deux enfants :

  • La princesse Sentelweyinkhosi (2000)
  • La princesse Sibusisezweni (2003)

Femme n°8 de Mswati III : LaGija (enfuie/revenue)

Angel Dlamini a elle aussi fui son mari, en mai 2012. Elle est partie s’installer en Afrique du Sud, laissant derrière elle sa fille. L’association SSN a déclaré que sa fuite était liée aux violences qu’elle subissait auprès de son mari. Soudainement, en 2018, elle fait son grand retour dans la famille royale et apparait après des années de fuite, de nouveau aux côtés des autres épouses, lors de la cérémonie des roseaux de 2018. Aucun détail n’a été donné concernant son retour et ses motivations de revenir au Swaziland. Elle a une fille avec le roi :

  • La princesse Nkhosiyenzile (2003)

Femme n°9 de Mswati III : LaMagongo

Nontsetselo Magongo, née en 1985, est une athlète semi-professionnelle. Relativement discrète, elle a plusieurs fois prouvé son amour pour son mari lorsqu’elle a répondu aux interviews de la presse étrangère, notamment à The Guardian. Elle a été choisie comme Première dame pour accompagner le roi, lorsqu’il fut inviter à l’investiture du président Ramaphosa en Afrique du Sud. Elle a un fils :

  • Le prince Mcwasho (2002)
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Happy Birthday #brother @_mcwasho_zama_dlamini ❤️

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Le prince Mcwasho avec son frère, Bandzile

Femme n°10 de Mswati III : LaMahlangu (kidnappée)

Zena Mahlangu a été enlevée de l’école par deux hommes, le 9 octobre 2002, comme l’indique un rapport d’Amnesty International. Sa mère, Lindiwe Dlamini, inquiète de ne pas voir sa fille de 18 rentrer à la maison, alerte la police. On l’informe que sa fille est à la résidence royale de Ludzidzini. Quelques jours plus tard, le Palais contacte la mère et lui annonce que sa fille a dorénavant des « fonctions royales ». La mère a porté plainte pour dénoncer le mariage forcé de sa fille, mais la justice swazie n’a pas donné de suite.

Cependant, Zena Mahlangu ne correspondait aux critères requis pour être une épouse. La loi swazie interdit au roi d’épouser une femme qui a un jumeau ou qui est handicapée. Dans son cas, elle a un frère jumeau. L’affaire est allée jusqu’à la Haute cour de Justice afin d’invalider le mariage. Finalement, le Secrétaire général du Swaziland à l’ONU est intervenu et la plainte contre le mariage illégal est tombée dans l’oubli. Zena Mahlangu et le roi ont deux enfants :

  • Le prince Saziwangaye (2004)
  • la princesse Lomabheka

Femme n°11 de Mswati III : LaNtentesa

Noliqhwa Ayanda Ntentesa, née en 1981, est une épouse du roi qui lui a été désignée lors d’un mariage traditionnel. Loin d’être un mariage d’amour, il s’agit d’un mariage arrangé qui a été organisé de façon rituelle. Elle est l’ambassadrice de l’association Cheshire Homes Swaziland. Elle est la maman de :

  • La princess Sabusiswa Dlamini

Femme n°12 de Mswati III : LaDube (Emprisonnée, répudiée, décédée)

Nothando Dube, née en 1988, était Miss Teen Swaziland. Elle a rencontré le roi Mswati lors de la fête d’anniversaire d’un des enfants du roi, une fête à laquelle elle était invitée, en tant que Miss. Celui-ci l’a alors choisie lors d’une cérémonie des roseaux organisée un peu plus tard. Elle s’est mariée au roi en 2005, alors âgée de 16 ans.

En 2010, la reine LaDube a une liaison avec le ministre de la Justice du pays, Ndumiso Mamba, retrouvés ensemble dans un hôtel. À partir de cette date, elle a été arrêtée et placée en détention. Après plusieurs années en prison, elle a fini par être bannie du foyer royal, interdite de voir ses enfants. Elle a porté plainte pour détention abusive et torture.

Le 8 mars 2019, elle décède d’un cancer de la peau, à l’hôpital. Elle a eu 3 enfants avec le roi :

  • La princesse Makhosothando (2005)
  • Le prince Betive (2007)
  • La princesse Mahlemalangeni Temave (2009)

Femme n°13 de Mswati III : LaNkambule

Inkhosikati LaNkambule, née Phindile Nkambule en 1988, a été l’heureuse élue lors de l’Umhlanga, de 2005, à l’âge de 17 ans. Elle l’a remportée sur deux autres rivales qui avaient été retenues parmi le millier de prétendantes. Comme le veut la tradition, c’est au moment de donner naissance à son premier enfant, qu’elle a été officiellement désignée comme reine, en 2007. Elle a eu cinq enfants avec le roi, elle est donc l’épouse ayant donné le plus d’enfants à Mswati III

  • La princesse Buhlebetive (2007)
  • La princesse Nikudumo Dlamini (2009)
  • La princesse Mphilwenhle Dlamini (2012)
  • Le prince Mehluli Dlamini (2014)
  • La princesse ? (2019)

Femme n°14 de Mswati III : LaFogiyane

Sindiswa Dlamini, née en 1995, a été dauphine du concours Miss Cultural Heritage. Elle a été choisie lors de la cérémonie des roseaux de 2013. Elle est devenue reine le 30 août 2014. Après une période de 7 ans, le roi se marie à une nouvelle épouse. Ensemble, ils ont deux filles :

  • La princesse Ntsandvweni (2015)
  • La princesse Nolikhwa (2017)

Femme n°15 de Mswati III : LaMashwama

Née en 1998, Siphelele Mashwama, est la fille du sénateur Jabulile Mashwama. Elle a un diplôme secondaire dans le pays, puis au vu de la position de son père, elle a pu accéder à la Rochester University, aux États-Unis. Elle qui avait remporté un concours d’éloquence dans son université, a dû mettre fin à ses études en septembre 2017, lorsqu’elle a été rappelée dans son pays afin de se marier au roi qui la demandait.

N’ayant pas encore d’enfants avec le roi Mswati, elle est considérée comme la favorite dans le choix de la future reine-mère. Son rang social, ses études à l’étranger et très certainement le jeune âge de son fils (qui doit être absolument unique) font d’elle la parfaite candidate pour devenir la future Grande Éléphante. Jusqu’à ce qu’elle donne un enfant au roi, elle est toujours considérée comme la liphovela, la fiancée.

Mswati, souverain absolu polygame de l’ex-Swaziland

Mswati III, roi de l’Eswatini est le dernier monarque absolu africain. Il règne sur le Swaziland depuis 1986, pays qui s’appelle depuis 2018 l’Eswatini. Dans cette monarchie, le roi a tous les pouvoirs, bien que le pays possède une chambre des députés avec des parlementaires et des sénateurs. Les partis politiques sont interdits, la constitution ne protège pas les femmes et n’interdit pas les mariages forcés. Un quart de la population est atteint du VIH et deux-tiers du 1,6 million d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Le pays a une superficie qui représente la moitié de celle de la Belgique et est totalement enclavé, sans accès à la mer.

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