Le 11 novembre 2026, la maison de ventes Sotheby’s proposera un diadème royal français à la vente. Ce diadème à méandres, conçu au 19e siècle par la maison française Mellerio, a appartenu à Marie-Isabelle d’Orléans, petite-fille du roi Louis-Philippe 1er et épouse du comte de Paris. Ce prestigieux diadème digne d’une reine lui avait été offert dans l’espoir que son époux monte sur le trône français.
La fille du duc de Montpensier et de Galliera reçoit un précieux diadème à son mariage avec le prétendant au trône français
La maison de ventes Sotheby’s organisera une vente de bijoux nobles et royaux à Genève, le 11 novembre 2026. Deux pièces particulièrement exceptionnelles composent cette vente. La première est un collier Cartier de la duchesse de Devonshire dont le prix est estimé à un million d’euros. La deuxième pièce est un diadème aux motifs antiques serti de diamants, ayant appartenu à Marie-Isabelle d’Orléans. L’estimation de Sotheby’s pour ce diadème se situe entre 320 000 et 540 000 euros.

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La princesse Marie-Isabelle d’Orléans est née en septembre 1848, en Espagne, soit sept mois après l’abolition de la monarchie en France et l’exil de la famille royale. Son grand-père, le roi Louis-Philippe 1er avait rejoint l’Angleterre. Le plus jeune fils du roi des François, le prince Antoine, duc de Montpensier, partit vivre en Espagne, le pays de son épouse, l’infante Louise-Ferdinande, sœur de la reine Isabelle II d’Espagne. En Espagne, le prince français déchu avait reçu le titre de duc de Galliera. Louise-Ferdinande a donné naissance à dix enfants, dont l’aînée est Marie-Isabelle. En tant que petite-fille du roi d’Espagne, elle reçut le titre d’infante d’Espagne même si son cœur fut français.

En mai 1864, Marie-Isabelle épouse son cousin germain, le prince Philippe d’Orléans, de dix ans son aîné, qui fut le dernier prince héritier. Contrairement à elle, Philippe est né durant le règne de leur grand-père et celui-ci lui avait octroyé le titre de comte de Paris à sa naissance en 1838. Philippe devint aussi l’héritier de son grand-père en 1842 à la mort accidentelle de son propre père. Par ce mariage, Marie-Isabelle devint comtesse de Paris. Leur postérité en lignée masculine s’étendra après une génération et à la mort de son deuxième fils, la prétention au trône de France passa à un cousin, le duc de Guise, qui avait épousé Isabelle, l’une des filles de Marie-Isabelle et Philippe. L’actuel chef de la famille royale de France, le comte de Paris, est donc un de leurs descendants.


Le diadème à méandres conçu pour l’Exposition universelle de 1862 est estimé à plus de 300 000 euros
Le diadème a été conçu vers 1862 par le joaillier français Mellerio dit Mellers pour l’Exposition universelle de Londres. Il s’agit d’un bandeau à motif de clé grecque serti de diamants, surmonté de 21 diamants de taille rose. Le diadème peut aussi se détacher de sa structure pour être porté un collier. Après l’exposition, Antoine et Louise-Ferdinande, duc et duchesse de Galliera, l’ont acheté pour l’offrir à leur fille Marie-Isabelle à l’occasion de son mariage avec le prince Philippe en 1864. Comme l’explique Sotheby’s, ce mariage entre Marie-Isabelle et son cousin « bénéficiait d’un soutien politique considérable en vue d’un éventuel retour sur le trône de France ». Il fallait donc offrir un prestigieux bijou à celle que certains imaginaient un jour devenir reine à côté de son époux, qui lui serait devenu Philippe VII.


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Marie-Isabelle et Philippe ont eu huit enfants, dont deux sont morts bébés. C’est le benjamin de la fratrie, le prince Ferdinand, qui hérita du diadème à la mort de sa mère en 1919, son frère aîné étant séparé de son épouse. L’épouse de Ferdinand, María Isabel González de Olañeta e Ibarreta, marquise de Valdeterrazo, a porté à plusieurs reprises le précieux bijou dans les années 1920. Elle-même est décédée en 1958 mais le couple n’a pas eu d’enfants. La maison de vente ne précise donc pas qui fut l’héritier du diadème et qui compte s’en séparer aujourd’hui. Quant à la succession dynastique, Ferdinand était lui-même devenu le prétendant au trône français à la mort sans descendant de son frère aîné. Lui-même n’ayant pas d’enfants, la succession dynastique passera à leur cousin, le duc de Guise, qui était aussi leur beau-frère par son mariage avec leur sœur Isabelle.