Le grand-duc Guillaume de Luxembourg a vécu un moment particulier important en tant que nouveau chef d’État. Guillaume était invité à prendre la parole à la tribune des Nations Unies, à New York. Un premier discours qu’il a prononcé ce mardi face aux chefs d’État étrangers.
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Premier discours du grand-duc Guillaume de Luxembourg à l’Assemblée générale des Nations Unies
Présidents, chefs de gouvernement, monarques et autres dirigeants du monde entier sont actuellement réunis à New York dans le cadre du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Les chefs d’État ou chefs de gouvernement montent à la tribune pour prononcer leur discours face à l’assemblée. Le thème de l’assemblée de cette année est : « Restaurer la confiance, gérer la transformation : Des Nations Unies qui apportent des résultats pour tous ».
Dans quelques jours, le grand-duc Guillaume, 44 ans, fêtera sa première année de règne. Le 3 octobre, cela fera un an que le grand-duc Henri a cédé son trône à son fils aîné. Après avoir vécu une année jalonnée de « premières fois », le grand-duc Guillaume a vécu une dernière « première fois » à l’échelle internationale, ce 22 septembre 2026. Guillaume a prononcé un discours pour présenter les positions de son pays sur les principaux enjeux internationaux. Dans son communiqué, la Cour grand-ducale a résumé le discours en expliquant que « le Grand-Duc a réaffirmé l’attachement du Luxembourg à l’ONU, au droit international et à un ordre international fondé sur des règles. Face à un monde de plus en plus fragmenté, il a placé la confiance au cœur de son intervention et appelé à renforcer la coopération internationale. »

« Le thème que vous avez choisi pour ce débat général ne pourrait être plus actuel », a commencé le grand-duc Guillaume au début de son discours prononcé en anglais. « Lorsque j’essaie de dresser un tableau honnête du monde dans lequel nous vivons, une chose me frappe particulièrement : la confiance est soumise à des tensions croissantes. La confiance entre les nations. La confiance entre les peuples. Et, peut-être plus important encore, la confiance dans notre capacité à travailler ensemble. Et pourtant, je crois que c’est précisément là que nous devons commencer. »
« J’ai pris mes fonctions il y a moins d’un an. C’est donc un honneur particulier de me tenir aujourd’hui devant vous et de réaffirmer depuis cette tribune l’importance que le Luxembourg accorde aux Nations unies et à un ordre international fondé sur des règles et ancré dans l’État de droit. Mais ce moment m’amène également à réfléchir à ce que les Nations unies représentent du point de vue de ma propre génération. En tant que jeune homme qui a eu le privilège de parcourir le monde, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes issues de cultures, d’horizons et de traditions très différents. Ces expériences m’ont laissé une conviction simple et durable : Nous pouvons beaucoup apprendre les uns des autres. Et je reste convaincu que c’est uniquement en travaillant ensemble que nous pourrons surmonter les nombreux défis auxquels notre monde est confronté aujourd’hui.»
Le Grand-Duc poursuit : « Cette conviction n’est pas naïve. Je suis pleinement conscient des difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Mais précisément parce que le monde devient plus difficile, je crois que nous devons résister à la tentation d’abandonner la coopération. Jamais la communication entre les personnes vivant dans différentes parties du monde n’a été aussi facile. Des millions de jeunes ont des amis et des connaissances virtuels sur tous les continents grâce aux réseaux sociaux, aux jeux vidéo et à d’innombrables autres formes de connexion. Nous n’avons jamais été aussi connectés, et pourtant nous semblons être de moins en moins capables de nous faire confiance. Cela devrait nous amener à réfléchir. Est-il encore possible de construire un ordre mondial dans lequel le respect et la volonté de travailler à des objectifs communs puissent l’emporter sur la recherche de l’intérêt personnel et du pouvoir ? Je le crois. Mais cela exigera de la détermination, du dialogue et la volonté de regarder au-delà des intérêts immédiats. Et c’est précisément pour cela que les Nations unies sont importantes. »
Le grand-duc Guillaume a rappelé que les institutions multilatérales et le droit international permettent à chaque État de faire entendre sa voix et de participer à la recherche de solutions communes. Concernant le Luxembourg, celui-ci se présente comme une voix au service de la coopération internationale. Le chef de l’État a également réaffirmé la candidature du Luxembourg à un siège au Conseil de sécurité pour la période 2031-2032. Rappelant l’expérience du pays en tant que membre élu du Conseil de sécurité en 2013 et 2014, il a souligné le rôle que peuvent jouer les membres élus pour rapprocher les positions et contribuer à la recherche d’un terrain d’entente.
Le Grand-Duc a également eu un mot pour la nouvelle génération : « Nous parlons souvent des jeunes comme s’ils appartenaient à l’avenir. En réalité, ils façonnent déjà notre présent. Et nous devons nous demander si nous préparons un avenir qui soit digne de leur confiance. Mon expérience personnelle n’a fait que renforcer cette conviction. » Le souverain a parlé de son expérience personnelle avec le scoutisme et les mouvements de jeunesse, ayant repris la présidence du scoutisme mondial cette année.
Ces moments passés auprès des jeunes ont appris à Guillaume « une chose essentielle : faire confiance aux jeunes, c’est leur donner des responsabilités et leur permettre d’agir. Ils grandissent aujourd’hui dans un monde où les possibilités sont extraordinaires, mais où l’incertitude est également profonde. L’intelligence artificielle et les autres technologies émergentes transforment déjà notre manière de vivre et de travailler. L’enthousiasme qu’elles suscitent s’accompagne aussi d’inquiétudes réelles. Les débats actuels sur les risques les plus extrêmes de l’intelligence artificielle nous rappellent que le progrès technologique ne va pas sans responsabilités. Face à ces transformations, nous devons donner aux jeunes les moyens de développer leur esprit critique et leur créativité. C’est précisément le rôle de l’éducation : transmettre des connaissances et des compétences, mais aussi apprendre à questionner, à s’ouvrir aux autres et à prendre ses responsabilités. Dans un tel contexte, je crois qu’un principe doit nous guider : nous devons garder l’être humain au centre de nos décisions. »
Le nouveau souverain luxembourgeois a conclu son intervention par ces mots : « Je sais quel choix je veux faire. Car c’est le monde que je souhaite laisser à mes enfants : un monde où le dialogue est plus fort que la confrontation ; où le respect entre les nations permet aux différences de devenir une source de force plutôt que de division ; où le droit international protège les faibles comme les puissants. Si nous restaurons la confiance, si nous écoutons la prochaine génération et si nous avons le courage d’agir ensemble, les Nations unies pourront continuer à être davantage qu’un reflet du monde tel qu’il est. Elles pourront rester un instrument permettant de construire le monde que nous voulons laisser derrière nous. Un monde digne de la confiance de ceux qui en hériteront. Les jeunes n’attendent pas de nous que nous résolvions tous les problèmes. Mais ils attendent de nous que nous essayions. Ils attendent de nous que nous agissions de manière responsable. Et surtout, ils attendent de nous que nous ne perdions pas foi en notre capacité à construire un avenir meilleur. C’est la promesse que nous devrions faire à la prochaine génération. Je vous remercie. »