Selon ses dernières volontés, Henryane de Chaponay, descendante du roi Louis-Philippe 1er, souhaitait être inhumée dans la Chapelle royale Saint-Louis de Dreux, auprès des membres de sa famille maternelle. Le prince Jean d’Orléans, comte de Paris, chef de la famille royale de France, s’était opposé aux volontés de sa cousine. Après deux défaites en première instance puis en appel, la Cour de cassation vient d’annuler les décisions précédentes.
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Les exécuteurs testamentaires d’Henryane de Chaponay se battent devant les tribunaux
Le 9 octobre 2019, Henryane de Chaponay décédait dans sa 95e année. Henryane était la fille d’Antoine de Chaponay, marquis de Chaponay-Morancé, et de la princesse Geneviève d’Orléans. Sa mère était la fille du prince Emmanuel d’Orléans, duc de Vendôme, et de la princesse Henriette de Belgique, sœur du roi Albert 1er et nièce du roi Léopold II. Selon les dernières volontés d’Henryane de Chaponay, elle désirait être inhumée dans la nécropole de la famille d’Orléans, la chapelle royale Saint-Louis de Dreux, où reposent notamment ses grands-parents, le duc et la duchesse de Vendôme. Une volonté à laquelle s’oppose son cousin, le comte de Paris, président de la Fondation Saint-Louis qui possède le domaine royal de Dreux.

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Le prince Jean d’Orléans, comte de Paris, en sa qualité de chef de la famille royale de France est en charge de décider qui a le droit d’obtenir sa place dans la nécropole familiale. Le comte de Paris se basait sur le préambule de l’ordonnance du 23 juin 1843 du roi Louis-Philippe 1er : « Notre chapelle royale de Dreux est consacrée à la sépulture des princes et princesses de notre famille… ». Cette mention indiquerait que le roi des Français envisageait la possession d’un titre de prince ou princesse comme condition sine qua non pour avoir l’accès à la chapelle. La fin de la phrase vient toutefois nuancer cette affirmation. L’ordonnance ajoute que la chapelle est consacrée aux princes et princesses « ainsi qu’à celle de nos successeurs, descendants et héritiers. »
Les exécuteurs testamentaires se sont défendus devant les tribunaux. Ils ont été déboutés par le tribunal de Paris en 2023, puis en appel en 2024. L’affaire est remontée jusqu’à la Cour de cassation. Selon l’AFP, qui a consulté l’arrêt du 15 avril 2026, la plus haute autorité judiciaire du pays le refus de laisser Henryane de Chaponay reposer auprès de sa famille dans la nécropole royale des Orléans n’avait pas à être validé par la justice. La Cour de cassation vient casser les deux refus précédents.
Selon Sud-Ouest, la Cour de cassation a considéré que la juridiction avait « dénaturé les termes clairs et précis » de la volonté de Louis-Philippe, « c’est-à-dire que la sépulture soit ouverte à tous ses descendants, sans restriction de titre ». Suite à la cassation, la Cour devra se prononcer à nouveau sur le fond de l’affaire. « En droit, on ne peut pas changer les volontés du fondateur de la sépulture », s’est réjoui Me Jean-Jacques Neuer.
Henryane de Chaponay, engagée dans la Résistance à 19 ans, était surnommée « la comtesse rouge », connue pour son militantisme altermondialiste. Tout au long de sa vie, elle fut engagée dans de nombreuses causes, notamment auprès de CCFD-Terre solidaire, anciennement connu comme le Comité catholique contre la faim et pour le développement. Jusqu’à son décès, elle présidait la Fondation Beija Flor, qu’elle avait créée en 2001 sous l’égide de la Fondation de France. Cette fondation agit ainsi dans le champ du développement durable, notamment dans les pays du Maghreb et d’Amérique Latine, principalement au Maroc et au Brésil.
