Le Parti royaliste israélien demande le retour à la monarchie : bientôt le royaume d’Israël ?

Durant une chaude nuit d’été, dans le quartier de Mekor Baruch à Jérusalem, s’est créé en toute discrétion le Parti royaliste israélien (המפלגה הרויאליסטית לישראל). Ce parti veut « rétablir une autorité morale sur l’État d’Israël » ce qui permettrait d’avoir une « harmonie entre les visions modernes et anciennes par lesquelles nos sociétés doivent se construire », peut-on lire sur le site du parti. En plus de vouloir rétablir la monarchie en Israël, le parti a un programme, qu’il détaille sous formes d’objectifs. Parmi les points dont on peut s’attendre le plus d’un parti, il y a la réforme des impôts, du système parlementaire, de la presse et des institutions religieuses. Mais il s’avère également que ce parti est mène une lutte contre la « propagande homosexuelle ».

Aucun roi n’a encore été désigné par le Parti

C’est le site anglophone spécialiste des têtes couronnées Royal Central qui a eu vent de la création de ce parti. Samuel Abucaya, représentant du jeune parti, a accordé une interview à l’un de leurs journalistes. Le président de ce parti affirme ne pas avoir encore choisi de roi, n’étant pas leur priorité. « L’État d’Israël est un accomplissement exceptionnel sur lequel on doit travailler à la consolidation des fondations fortes pour quelque chose de bien plus grand », a-t-il déclaré. « Il est encore trop tôt pour parler de la mutation d’un État en monarchie, surtout qu’une telle étape engendrerait certainement une réaction en chaine du retour des rois sur leurs trônes respectifs partout sur la planète ».

Les royalistes israéliens souhaitent le soutien des familles royales déchues

Le Parti royaliste israélien dit avoir connu un gain de popularité important et rapidement. Il aurait déjà pris des contacts auprès des autorités au pouvoir mais aussi auprès de différentes familles royales dans le monde et en particulier auprès des anciennes familles royales destituées. Il a pour objectif d’organiser une rencontre internationale à Jérusalem de toutes les familles royales déchues lors de la première Assemblée générale des rois. Le parti a déjà un logo et un symbole. Il utilise un sceptre surmonté de trois bourgeons de grenades. Le Parti royaliste s’est inspiré d’un symbole trouvé sur une pièce de monnaie frappée par des Judéens alors que le pays était sous la domination romaine, début de notre ère.

Préservation de l’identité juive et interdiction des discriminations

En plus de vouloir le retour d’un souverain et éventuellement de proclamer le pays royaume d’Israël, le Parti royaliste propose également un programme, comme tous les partis traditionnels. Les objectifs du Parti (résumés en titres) sont élaborés plus longuement dans la partie des statuts publiés sur leur site, qui existe en hébreu, en anglais et en français. Le Parti propose la création d’un Conseil des anciens d’Israël afin de préserver l’identité juive. Il s’agirait d’une sorte de Sénat (qui rappelle le fonctionnement du Sanhédrin) qui aurait un droit de véto permettant «  d’annuler les décisions mettant en danger ces valeurs ». Entre leur discours de « paix solide et durable » (article 1), la « régénération d’une conscience nationale »  (article 3) ou « l’égalité des droits « (article 6), il y a quelques points qui passent mal et qui sont en contradiction totale avec la soi-disant « égalité sans aucune discrimination ». En effet, l’article 8 parle de l’abolition « de toute propagande homosexuelle ».

Capture d’écran du site du Parti avant la suppression de l’article 8.

Un parti qui compare l’homosexualité à une « abomination » dont découle « la pédophilie »

« L’homosexualité est la forme la plus basique de rébellion contre la nature et l’essence même de la vie. C’est une des abominations les plus anciennes contre lesquelles le Peuple Israël fut constitué et le signe-même par lequel les pires ennemis d’Israël et du genre humain se sont toujours distingués », peut-on lire dans l’article 8 des statuts du Parti. Il continue : « L’homosexualité n’est en rien naturelle, c’est une des premières formes de désordre sexuel créée par l’homme afin de promouvoir sinueusement le désordre moral et par là-même de former des civilisations confuses aspirant à normaliser l’anormal, jusqu’à leur propre autodestruction. L’Homosexualité exposée en Terre d’Israël constitue une insulte a tout ce que représente Israël et l’un des plus graves dangers pour la stabilité morale de l’Humanité. » Le Parti se veut ouvert en proposant de l’aide aux « victimes de l’homosexualité et de toutes les autres abominations qui y en sont dérivées, comme la pédophilie. » Pour rendre les choses encore plus ambivalentes, le Parti prétend que « les relations homosexuelles secrètes entre adultes consentants ne sont pas considérées comme de la propagande. » Cela voudrait donc dire que les homosexuels pourraient avoir des relations entre eux, si cela est fait en secret.

Le Parti royaliste israélien, contacté par Histoires royales, a tenu a préciser « Je vous rappelle que notre cible est la PROPAGANDE homosexuelle, et non les homosexuels eux-mêmes que nous envisageons d’aider… ».

Le retour vers un royaume d’Israël ?

Israël fut un royaume pendant plusieurs siècles, connaissant différentes forment de monarchies, parfois sous la tutelle d’une autre puissance. Il y a bien entendu toute la liste des rois d’Israël que l’on retrouve dans la Bible et qui est remise en question par les historiens, comme les rois David, Salomon, Joram, Jéroboam, etc. Le royaume d’Israël fut indépendant jusqu’à la conquête romaine. Durant la période médiale, le royaume fut à nouveau bâti comme un royaume chrétien, portant le nom de royaume de Jérusalem. Godefroy de Bouillon fut le premier roi du royaume également appelé royaume franc de Jérusalem. Il fut instauré en 1099 lors de la première croisade et se termina en 1291, à la chute de Saint-Jean-d’Acre, pendant le règne d’Henri II de Chypre. Durant cette période une vraie noblesse féodale a été établie avec un territoire subdivisé en seigneuries, comtés, et même une principauté. Par exemple, pendant près de deux siècles, il y eut des princes de Galilée, des seigneurs de Nazareth, des comtes de Sidon ou des seigneurs de Naplouse.

Durant ces deux cents ans, le royaume de Jérusalem connut de nombreux rois comme Baudouin 1e, Henri de Champagne  ou Jean 1e, appartenant à des grandes maisons comme celle de Montferrat, de Lusignan, de Brienne ou de Blois. Mais le royaume connut aussi de plusieurs reines comme la reine Isabelle 1ère ou la reine Marie. Le dernier roi fut Conradin, également roi de Sicile, mort décapité, chef de la maison Hohenstaufen. Après lui, deux branches ont revendiqué le trône, comme Hugues II de Poitiers-Lusignan ou Charles d’Anjou.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr