Le prince héritier des Tonga lance un plan de réintégration les déportés de retour au pays

Le prince héritier Tupoutoʻa ʻUlukalala, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, a lancé un programme de réintégration pour aider les Tongiens expulsés d’un pays étranger à retrouver une place dans la société tongienne.

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Le prince héritier Tupoutoʻa ʻUlukalala lance un plan pour aider les rapatriés tongiens à s’intégrer dans la société

Le royaume des Tonga, composé de plus de 170 îles et îlots répartis en trois archipels en Polynésie, veut aider ses ressortissants à se réintégrer dans le pays après avoir été expulsés d’un pays étranger. Les Tonga comptent environ 105 000 habitants mais il y aurait plus de 200 000 personnes dans le monde possédant la nationalité tongienne. Celle-ci peut s’acquérir en naissant sur le sol tongien, par le sang dès lors qu’un parent est Tongien et par naturalisation après avoir vécu dans le pays.

Depuis les années 90, selon la police tongienne, plus de 1 400 citoyens des Tonga auraient été déportés, soit expulsés du pays dans lequel il vivait. Le retour aux Tonga est particulièrement difficile pour eux, certains n’ayant presque jamais vécu ou n’ayant jamais vécu dans le pays. Outre la barrière de la langue et de la culture, les profils de ces déportés sont aussi problématiques. Leur expulsion du pays a souvent un lien avec des condamnations, dont certaines en raison d’activités criminelles. Ces déportés souffrent ensuite de stigmatisation une fois de retour aux Tonga.

Le prince Siaosi Tukuʻaho, prince héritier Tupoutoʻa ʻUlukalala et ministre des Affaires étrangères, lors de l’événement organisé au Likuʻalofa Resort pour lancer le plan de réinsertion des rapatriés tongiens (Photo : Facebook/New Zealand High Commission, Nukua’lofa)

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Le prince Siaosi Tukuʻaho, titré Tupoutoʻa ʻUlukalala, 40 ans, a souhaité agir pour mettre fin au cercle vicieux dans lequel tombent ces déportés. En janvier 2025, le roi Tupou VI avait procédé à un remaniement ministériel radical en supprimant des portefeuilles et en formant des nouveaux cabinets placés sous sa tutelle. C’est le cas du ministère des Affaires étrangères, qui a été supprimé et remplacé par un ministère relativement semblable mais inclus au sein du Service diplomatique de Sa Majesté. Le nouveau ministre en charge n’est autre que son fils aîné, le prince héritier et futur Roi.

Il y a quelques jours, le prince héritier Tupoutoʻa ʻUlukalala a lancé officiellement la « Politique nationale de réintégration des rapatriés et le Plan d’action stratégique 2026-2030 », au cours d’un événement organisé au Likuʻalofa Resort. Ce programme propose un plan concret pour aider à réintégrer les déportés. « Le manque de ressources aux Tonga rend la réintégration difficile. Mais j’exhorte nos communautés à accueillir les rapatriés avec compassion et à reconnaître les compétences précieuses et la résilience qu’ils peuvent apporter à notre nation », a déclaré le fils du Roi, comme le rapporte PMN. Le plan définit huit domaines prioritaires, notamment la réinsertion sociale et économique, la santé et le bien-être, le soutien communautaire et religieux, l’aide au logement, les droits de l’homme, la sécurité publique, la bonne gouvernance et le renforcement des partenariats régionaux. Le plan exhorte aussi la population à changer son vocabulaire, en remplaçant le terme déporté par rapatrié, et « à regarder au-delà du passé d’une personne ».

L’association Dare to Dream, qui a été consultée lors de l’écriture du plan gouvernemental, est l’un des seuls organismes dans le pays à venir en aide à ces rapatriés, qui pour la plupart descendent de l’avion et n’ont personne pour les accueillir à l’aéroport. Sans ressources et sans aucun contact, ils poursuivent leur vie dans la délinquance. Cette population est aussi plus encline à sombrer dans l’alcoolisme et dans la drogue. Selon une récente étude du Lowy Institute, entre 2004 et 2020, plus de 3 400 citoyens d’un pays du Pacifique auraient été renvoyés dans leur pays. La plupart de ces déportés vivaient aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Les raisons des expulsions sont souvent « l’expiration du visa, des condamnations pour conduite en état d’ivresse, agression, coups et blessures graves, trafic de stupéfiants ou autres crimes », rapporte ABC Australia.

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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est un journaliste spécialisé dans les familles royales et l'histoire des monarchies européennes et mondiales. Nicolas Fontaine a fondé Histoires Royales, le premier média en ligne dédié à l'actualité des têtes couronnées en 2019. nicolas@histoiresroyales.fr