La princesse Firyal au tribunal face à sa gouvernante accusée d’avoir volé ses bijoux

La princesse Firyal de Jordanie, ex-belle-sœur du roi Hussein de Jordanie, témoigne actuellement devant les tribunaux londoniens contre son ancienne gouvernante. La princesse accuse Maria Virgelina Taborda Henao d’avoir volé ses bijoux en saphirs et diamants dans sa résidence londonienne, puis d’en avoir vendu une partie lors de ventes aux enchères.

Lire aussi : Le collier de diamants de la reine Nazli volé dans un musée à Vienne

La princesse Firyal trahie par une employée qui travaillait pour elle depuis onze ans

La princesse Firyal Irshaid, 81 ans, est une philanthrope et une grande mécène, connue pour avoir été l’ex-épouse du prince Muhammad ben Talal, le frère cadet du défunt roi Hussein et donc l’oncle du roi Abdallah II de Jordanie. La princesse assiste et participe actuellement au procès de Maria Virgelina Taborda Henao, 71 ans, qui s’est ouvert ce 5 octobre 2026 devant la Southwark Crown Court, à Londres.

La princesse Firyal photographiée ce 7 octobre 2026 à son arrivée à la Southwark Crown Court, à Londres (Photo : Aaron Chown/PA Wire/ABACAPRESS)

Lire aussi : Le diamant Florentin n’a jamais été volé : le prince Lorenz révèle la vérité sur un secret de famille

En mars 2020, la princesse Firyal quitte précipitamment sa demeure londonienne, située dans le quartier huppé de Belgravia, contrainte de rentrer en Jordanie alors que des mesures sanitaires de confinement sont prises partout dans le monde, en raison de la pandémie de Covid-19. La princesse confie la garde de sa résidence à sa gouvernante, Maria Virgelina Taborda Henao. Cela faisait onze ans que cette dernière travaillait pour la princesse.

Quelques mois plus tard, le 20 novembre 2020, alors qu’elle se trouve encore en Jordanie, la princesse reçoit un coup de téléphone de la maison de joaillerie JAR, qui l’a alertée sur la mise en vente de deux bijoux lors d’une enchère organisée en Angleterre par Canterbury Auction Galleries. The Times rapporte que parmi ses bijoux, se trouvait une bague sertie de saphirs et de diamants, conçue spécialement pour la princesse par JAR à l’occasion de ses fiançailles. D’autres objets appartenant à la princesse ont également été repérés dans les catalogues de vente.

La princesse Firyal photographiée à New York en novembre 2019, quelques mois avant le vol de ses bijoux (Photo : Robin Platzer/TwinImages/SipaUSA/SIPA)

Cette semaine, à la barre, la princesse a raconté comment s’étaient déroulés les faits. Après avoir eu au téléphone Pierre Jeannet, associé de la maison JAR, la princesse a appelé la maison de ventes pour tirer au clair cette affaire. « Je leur ai dit qui j’étais, je leur ai dit que ces pièces m’appartenaient », explique la princesse aux juges. En feuilletant les catalogues de ventes précédentes, elle a reconnu d’autres bijoux, objets de valeur et œuvres d’art lui ayant appartenu. La princesse a alors contacté la police.

Lire aussi : Le clin d’œil royaliste de la grande-duchesse Stéphanie avec sa tenue Elie Saab et ses bijoux en citrine en Espagne

Environ 106 000 euros gagnés par les ventes aux enchères

Maria Virgelina Taborda Henao a été rapidement arrêtée et son domicile a fait l’objet d’une perquisition. Les enquêteurs y ont notamment découvert une alliance de la princesse Firyal dans un manteau, un collier en métal orné de pierres dans un placard de la cuisine ainsi qu’une enveloppe contenant des boucles d’oreilles. La princesse pensait avoir égaré son ancienne alliance, qu’elle ne portait plus depuis un certain temps étant divorcée du prince Muhammad depuis 1978.

La princesse Firyal de Jordanie, ici photographiée à New York en 2010 avec Cecilia Attias, l’ex-épouse de Nicolas Sarkozy (Photo : Charles Guerin/ABACAPRESS.COM)

Rapidement, l’enquête a mené la police sur la piste de Julian Ramirez, le neveu de l’accusée. Selon le récit présenté par le procureur Oliver Wellings, celui-ci aurait servi d’intermédiaire pour écouler une partie des bijoux auprès de Canterbury Auction Galleries. Julian Ramirez se serait présenté une première fois à la maison de ventes en mars 2019, à l’occasion d’une journée d’expertise. Il y serait ensuite retourné en 2020 avec d’autres objets destinés à être vendus.

Les ventes auraient généré environ 90 000 livres sterling (environ 106 000 euros) de recettes pour le neveu. Entre le 23 juin 2019 et le 28 novembre 2020, celui-ci aurait par ailleurs transféré 17 835 livres sterling (environ 21 000 euros) à sa tante, selon les éléments communiqués à la cour. Arrêté le même jour que Maria Virgelina Taborda Henao, Julian Ramirez a été remis en liberté sous caution. Il aurait quitté le Royaume-Uni pour la Colombie en octobre 2023 et ne serait pas revenu depuis, selon les informations présentées au procès.

Lorsqu’elle est retournée dans son domicile londonien en mai 2021, la princesse Firyal aurait alors constaté la disparition d’une grande partie de sa collection, rapporte la BBC. Selon le procureur Oliver Wellings, les seuls bijoux encore présents dans la résidence étaient uniquement les pièces de fantaisie. Comme elle l’explique au tribunal, la princesse vit dans les palais et dans des résidences luxueuses, entourée de pièces de collection. « Je m’y connais en art, j’adore ça et je sais que je ferai de bons investissements », explique-t-elle. Dans toutes les pièces où je vis, il y a des bijoux partout, dans des placards ». Restée princesse après son mariage, la princesse Firyal est restée un membre apprécié de la famille royale. Firyal est la mère du prince Talal et du prince Ghazi, ce dernier est le plus proche conseiller du roi Abdallah, qui est d’ailleurs son cousin germain. Après son divorce, la princesse Firyal a fréquenté l’armateur grec Stavros Niarchos, puis elle a été longtemps en couple avec le richissime banquier américain Lionel Pincus jusqu’à son décès en 2009.

Pour étayer les accusations, la princesse a fourni différents éléments permettant d’établir qu’elle possédait les bijoux proposés aux enchères, notamment des factures d’achat et des photographies la montrant portant certaines de ces pièces. Parmi les objets identifiés figurait une paire de boucles d’oreilles en émail ornées de pierres précieuses, achetée chez Sotheby’s en 2011 pour 28 750 livres sterling. Cette paire aurait été revendue à Canterbury en 2020 pour seulement 400 livres.

Le procureur a aussi indiqué que les bijoux identifiés dans les catalogues de la maison de ventes ne constituaient qu’une partie de la collection volée. La princesse aurait remis aux enquêteurs un inventaire complet des pièces manquantes. Maria Virgelina Taborda Henao, résidant dans le quartier londonien de Hammersmith and Fulham, conteste les accusations portées contre elle. L’affaire se poursuit devant la Southwark Crown Court.

Avatar photo
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est un journaliste spécialisé dans les familles royales et l'histoire des monarchies européennes et mondiales. Nicolas Fontaine a fondé Histoires Royales, le premier média en ligne dédié à l'actualité des têtes couronnées en 2019. nicolas@histoiresroyales.fr