Dans un souci de transparence, le roi Charles III a fait la demande expresse de rendre publique sa contribution aux impôts. Le monarque britannique a payé environ 35 millions d’euros depuis le début de son règne en septembre 2022. Les impôts personnels du prince William ont aussi été rendus publics.
Le roi Charles III a payé plus de 35 millions d’euros d’impôts depuis son accession au trône
Le roi Charles III du Royaume-Uni, 77 ans, œuvre à rendre le système monarchique plus transparent. Ces derniers mois, la famille royale a été mise à mal par différents scandales personnels, y compris des polémiques autour des résidences royales. Le roi Charles prend peu à peu des décisions qui permettront aux Britanniques d’avoir une vue plus claire sur les finances personnelles de la famille royale. Ce jeudi 25 juin, les informations concernant la déclaration d’impôts du souverain ont été rendues publiques, à la « demande expresse du roi » dans un souci « de moderniser » l’institution.
Selon les chiffres repris dans le bilan comptable annuel du Duché de Lancaster, on découvre que le roi Charles III a payé plus de 30 millions de livres (35 millions d’euros) d’impôts sur ses revenus privés depuis son accession au trône en septembre 2022. L’année fiscale commence en avril et se termine en mars au Royaume-Uni, ce qui complique le calcul pour l’année 2022-2023, étant donné que Charles est monté sur le trône en septembre 2022. Pour l’année fiscale 2023-2024, le montant est de 11,7 millions de livres (environ 13,6 millions d’euros) et pour l’année fiscale 2024-2025 le montant des impôts est de 12,9 millions de livres (environ 15 millions d’euros). Les impôts pour l’année 2025-2026 seront disponibles l’année prochaine puisqu’ils font l’objet du calcul en cours. Selon la BBC, avec 15 millions d’euros d’impôt cette année, le roi Charles III fait partie des 100 plus gros contribuables britanniques.

Le roi Charles III paie ses impôts comme n’importe quel autre contribuable, alors qu’il en est dispensé, selon la loi. C’est la reine Elizabeth II qui a décidé en 1993 de s’acquitter volontairement de ses impôts comme le reste de ses sujets. Depuis lors, la reine Elizabeth II et le roi Charles III ont toujours payé leurs impôts. Le dernier rapport indique que William paie lui aussi ses impôts malgré sa dispense.
Les impôts sont calculés sur les gains personnels et n’ont aucun lien avec le « Sovereign Grant », soit la dotation ou liste civile, qui est octroyée par l’État pour faire fonctionner la monarchie. Le souverain et l’héritier du trône sont les deux membres de la famille royale à gagner de l’argent via le Duché de Lancaster (pour le Roi) et via le Duché de Cornouailles (pour le prince de Galles). Les deux duchés ne sont pas des territoires mais bien des entités fiduciaires appartenant au Roi et à l’héritier. Ces deux fiducies permettent aux deux principales figures de la monarchie de gagner de l’argent et d’en disposer comme bon leur semble. Les deux fiducies possèdent un nombre conséquent d’actifs, dont la gestion et la location leur permettent d’en tirer un bénéfice considérable. Après l’imposition appliquée à ces deux entités, l’argent est redistribué aux deux propriétaires qui, à leur tour, paient un impôt personnel.
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Le prince William renonce à plus de 2 millions d’euros de revenus
Le roi Charles III a perçu 25,2 millions de livres (plus de 29 millions d’euros) grâce au Duché de Lancaster sur l’exercice fiscal 2025-2026. Le prince William, quant à lui, a gagné environ 21,6 millions de livres (soit plus de 25 millions d’euros) grâce au Duché de Cornouailles sur l’exercice fiscal 2025-2026. Il a donc payé 7,76 millions de livres sterling (environ 9 millions d’euros) d’impôts cette année, comme il a été révélé dans le bilan publié, en même temps que la fiche d’imposition de son père. Le bilan révèle aussi une volonté de William de restructurer son Duché. Il pourrait revendre jusqu’à 20% de ses biens pour se concentrer sur le développement de certaines régions. Le rapport indique aussi que le prince William a décidé de renoncer à 1,9 million de livres (eviron 2,2 millions d’euros) générés par les revenus locatifs de l’ancienne prison de Dartmoor, qu’il aurait dû continuer à percevoir malgré l’abandon de la prison. L’argent a été reversé à des projets de développement pour les communautés locales.
Le Sovereign Grant, qui est la liste civile versée par le gouvernement, sert à faire fonctionner la monarchie et n’est pas versé directement au Roi. Cette liste civile, qui s’élevait à 132,1 millions de livres pour ce dernier exercice comptable 2025-2026, est elle-même calculée en fonction du bénéfice obtenu par le Crown Estate. Le Sovereign Grant prévu pour 2026-2027 atteindra les 137,9 millions de livres.
Le Crown Estate est l’ensemble du patrimoine lié à monarchie, qui depuis 1760 n’appartient plus personnellement au Roi mais a été donné à l’État. Ce patrimoine comprend des biens comme des palais, des parcs et des domaines, dont l’exploitation permet de tirer un bénéfice, notamment grâce aux visiteurs. Parmi les biens qui rapportent le plus, il y a les fonds marins proches des côtes, où sont construits des parcs éoliens. Les entreprises qui exploitent les parcs éoliens offshores reversent une partie de leurs bénéfices au Crown Estate, qui est propriétaire de tout le littoral du pays, à l’exception du littoral écossais. Lors de l’année fiscale 2025-2026, le profit du Crown Estate a permis de générer 1,2 milliard de livres sterling. En échange, l’État s’engage à reverser le Sovereign Grant à la monarchie, soit un pourcentage des bénéfices générés par l’exploitation des biens du Crown Estate.
Le Sovereign Grant sert uniquement à financer la monarchie, soit principalement payer le personnel et la restauration des palais. Depuis quelques années, le pourcentage reversé a été augmenté temporairement afin de financer la restauration du palais de Buckingham. Dans ce même rapport comptable, il est annoncé que le roi Charles III a pris la décision de ne pas retourner vivre à Buckingham une fois les travaux terminés. Sa résidence, lorsqu’il est à Londres, restera Clarence House, qu’il occupe depuis toujours. Le palais de Buckingham restera le siège officiel de la monarchie et continuera de servir de palais cérémoniel et d’apparat. La reine Elizabeth II avait délaissé Buckingham en 2020, en pleine pandémie de coronavirus. Elle s’était réfugiée à Windsor, alors que le personnel faisait défaut et qu’il était compliqué d’assurer sa sécurité à Londres. Depuis cette date, elle n’a jamais retrouvé ses appartements à Buckingham. Entretemps, les travaux de rénovation ont compliqué les choses et depuis un an, les grandes cérémonies se font aussi à Windsor car certaines salles d’apparat sont fermées.