Alors qu’il est en vacances, le roi Felipe VI ne met pas de côté ses responsabilités en tant que chef de l’État. Ce jeudi soir, le roi Felipe a convié en audience le président de la ville autonome de Ceuta, suite à la crise migratoire qui a eu lieu il y a une semaine. L’afflux de plus de 70 000 migrants dans la ville avait fait le tour du monde.
Le président de la ville autonome de Ceuta rencontre le chef d’État espagnol à Majorque
Jeudi 1er août, plusieurs dizaines de milliers de migrants venus d’Afrique, principalement du Maroc, sont arrivés à Ceuta, sur le territoire espagnol. Plus de 70 migrants ont perdu la vie dans la traversée, principalement par noyade. Selon les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur espagnol, 72 000 personnes seraient entrées illégalement dans cette enclave espagnole. Rapidement, ceux-ci ont fait demi-tour et sont rentrés chez eux. Environ 2 000 d’entre eux seraient encore présents à Ceuta, en attente de leur sort.

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Le roi Felipe VI, qui a eu des vacances entrecoupées d’engagements officiels, continue à assurer un certain nombre de devoirs. Alors qu’il venait d’entamer la partie plus privée de ses vacances en famille, il souhaitait avoir un aperçu clair de la situation ce jeudi 6 août 2026. Le chef de l’État a convié en audience Juan Jesús Vivas, président de la ville autonome de Ceuta. La rencontre a eu lieu au palais de Marivent, la résidence qu’utilise la famille royale lorsqu’elle séjourne à Palma de Majorque. Le roi Felipe doit ensuite quitter le pays durant une journée, le temps de faire un aller-retour en Colombie, où il doit assister à l’investiture du nouveau président Abelardo de la Espriella.


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Ceuta est une ville de 18 kilomètres carrés où vivent près de 87 000 habitants. Sa frontière avec le Maroc est l’unique frontière terrestre entre l’Union européenne et l’Afrique, en faisant un endroit stratégique dans le passage de migrants. Gibraltar, enclave britannique sur la péninsule ibérique, et Ceuta, enclave espagnole sur le continent africain, sont les deux villes qui se font face de part et d’autre du détroit de Gibraltar.

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Le roi Felipe VI n’a jamais mis les pieds à Ceuta en tant que chef d’État. La dernière visite royale remonte à 2007, lorsque le roi Juan Carlos et la reine Sofia avaient visité Ceuta et Melilla. Il s’agissait de la seule visite de Juan Carlos à Ceuta depuis son accession au trône en 1975. Ces derniers jours, la Maison royale a fait savoir que le roi Felipe avait suivi de près l’évolution dans la ville et qu’il avait eu des conversations téléphoniques avec Juan Jesús Vivas et aussi avec Juan José Imbroda, le président de Melilla, qui a aussi connu une pression migratoire. L’opinion publique espagnole a été fortement divisée ces derniers jours à ce sujet et l’implication du Roi a également été mentionnée. L’avant-veille, le roi Felipe VI avait envoyé ses félicitations au roi Mohammed VI à l’occasion de la Fête du Trône. Les autorités ont expliqué qu’en réalité ces félicitations étaient des formalités diplomatiques préparées par le ministère des Affaires étrangères et que le roi y avait simplement apposé sa signature longuement à l’avance. La reconnaissance du statut du Sahara occidental et des frontières à Ceuta et Melilla est un point de friction récurrent entre l’Espagne et le Maroc, rendant les relations diplomatiques plus aux moins tendues, en fonction des positions fluctuantes des deux pays.


La Constitution espagnole de 1978 a accordé à Ceuta le droit de se constituer en communauté autonome, ce qui est l’équivalent d’une région, mais dans les faits, elle restera toujours sous l’administration de la province de Cadix. En 1995 est adoptée une loi qui accorde le statut de villes autonomes à Ceuta et Melilla, autre ville espagnole située sur la côte marocaine. Ce statut de ville autonome lui permet d’avoir son propre parlement, appelé Assemblée, qui est composée de 25 députés. Elle a également son propre gouvernement. Le président de Ceuta, qui est élu par l’assemblée et nommé par le Roi, est à la fois le chef du gouvernement, le président de l’assemblée et le maire de Ceuta. Juan Jesús Vivas occupe cette fonction de président depuis plus de 25 ans. Il est le quatrième président depuis que Ceuta a le statut de ville autonome mais les trois premiers présidents ont eu des mandats courts, d’un à trois ans.
Ceuta a été conquise par les Romains, Carthage, les Vandales et Byzance et elle est passée sous domination musulmane en 709. En 1415, le Portugal prend possession de Ceuta. En 1580, le roi Philippe II d’Espagne s’empare du Portugal et de ses possessions, dont Ceuta. Quand le Portugal retrouve son indépendance en 1640, Ceuta restera espagnole en raison du grand nombre d’Espagnols qui s’y étaient installés. En 1702, les Anglais attaquent les deux villes du détroit et parviennent à s’emparer de Gibraltar en 1704 mais Ceuta restera espagnol.