Le roi Philippe et la reine Mathilde ont conclu la première journée de leur visite d’État en Norvège, en participant au banquet d’État offert par le roi Harald V et la reine Sonja. Menu, discours, diadèmes, voici tout ce qu’il faut retenir de cette soirée exceptionnelle mettant à l’honneur la Belgique ainsi que les liens familiaux entre les deux chefs d’État.
Le roi Philippe et la reine Mathilde concluent leur première journée en Norvège
Le roi Philippe de Belgique, 65 ans, et la reine Mathilde, 53 ans, sont arrivés à Oslo en matinée. Après un accueil par le prince héritier Haakon, 52 ans, à l’aéroport, le couple royal belge a pris la direction du palais royal, où le roi Harald V, 89 ans, et la reine Sonja, 88 ans, les attendaient pour les accueillir au cours d’une cérémonie protocolaire avec les honneurs militaires.

Lire aussi : Le roi Philippe et la reine Mathilde rencontrent le président du Storting
Lors de cette première journée en Norvège, le roi Philippe et la reine Mathilde se sont recueillis au Monument national, puis ils ont visité le Parlement norvégien avec le président du Storting. Le roi et la reine des Belges ont aussi admiré l’église médiévale de Gol. En soirée, comme le veut la tradition diplomatique de toute visite d’État, le chef d’État hôte avait organisé un banquet d’État en l’honneur de ses invités.

Un banquet d’État pour sceller l’amitié belgo-norvégienne
Le roi Philippe, qui portait son uniforme d’apparat de Général de l’armée de terre, et la reine Mathilde, qui portait une robe dorée, ont rejoint le roi Harald et la reine Sonja dans le salon jaune du palais pour prendre la photo officielle de la soirée. Les deux couples royaux ont ensuite salué un à un les 184 convives qui ont partagé ce banquet à leurs côtés. Il s’agissait principalement de représentants des autorités norvégiennes, ainsi que des personnalités du monde des affaires, de la culture et de la société norvégienne et belge.

Lire aussi : Le roi Philippe et la reine Mathilde se recueillent à Oslo
La reine Mathilde portait une robe dorée signée Armani Privé, qu’elle avait portée en 2019 lorsqu’elle avait assisté au gala d’intronisation de l’empereur Naruhito du Japon. La reine portait aussi le prestigieux diadème des Neuf Provinces, un diadème habituellement porté par les reines. Ce diadème fête son centenaire cette année, ayant été offert en 1926 à l’occasion du mariage de la princesse Astrid de Suède avec le futur roi Léopold III de Belgique. Astrid était la tante maternelle du roi Harald V. Le roi Philippe et la reine Mathilde portaient le ruban rouge de grand-croix de l’ordre de Saint-Olav. Le roi Harald et la reine Sonja portaient le ruban amarante de grand cordon de l’ordre de Léopold. La reine Sonja avait choisi le diadème à perles de la reine Maud pour cette occasion spéciale. Le prince héritier Haakon, dont l’épouse était absente pour raison de santé, portait le ruban écarlate de grand-croix de l’ordre de la Couronne.

Menu et discours des chefs d’État
Au menu, une mise en bouche d’asperges blanches et vertes à la truffe avec du fromage Gullsporen. L’entrée était composée de truite de montagne légèrement fumée avec œufs de corégone et galettes de pommes de terre. En plat principal, étaient proposés de l’agneau avec du potiron aux morilles et à la crème d’oignons avec sauce au romarin et à l’ail noir. Le dessert était un gâteau roulé avec cassis et cacao.

Comme le veut la tradition, le chef d’État hôte a ouvert la soirée en portant un premier toast. « C’est un grand plaisir d’accueillir ma famille, car nous n’avons pas l’occasion de nous voir aussi souvent que nous le souhaiterions », a déclaré le roi Harald en introduction de son discours. Le roi Harald V et le roi Albert II de Belgique sont cousins germains, tous deux petits-fils du roi Carl de Suède et de la princesse Ingeborg de Danemark.

« Les liens entre la Belgique et la Norvège sont anciens et chaleureux. Bien que séparés par la mer du Nord, nous sommes unis par des valeurs partagées et des aspirations communes », a poursuivi le roi de Norvège. « La Belgique, au cœur de l’Europe, a joué un rôle important dans l’histoire norvégienne ». Le roi Harald a parlé du port d’Anvers, de la culture belge et notamment de la bande dessinée, mentionnant les Schtroumpfs et Tintin. « Tintin a sillonné les sept mers, mais nous pouvons assurer à Vos Majestés que les eaux norvégiennes offrent généralement moins de pirates et moins de péripéties que celles auxquelles notre ami belge, éternellement jeune, doit faire face. » Enfin, le roi Harald a abordé la question de la défense, en cette période d’instabilité internationale, et de l’attachement qu’ont la Belgique et la Norvège à l’OTAN.
« Nous sommes de petits pays attachés au multilatéralisme et au droit international. Nous restons déterminés à assurer la transition énergétique vers une énergie propre et la sécurité énergétique en Europe, et nous contribuons tous deux de manière significative à renforcer la sûreté et la sécurité de notre région du monde », a rappelé le roi Harald.
De son côté, le roi Philippe a lui aussi rappelé leurs liens de famille, puis il a fait l’éloge du souverain de 89 ans. « Je tiens à exprimer, Votre Majesté, mon immense admiration pour vous, en tant que personne et en tant que monarque. Vous êtes un véritable père pour votre peuple. Par votre exemple, la Norvège rayonne à travers le monde », a déclaré le roi Philippe en s’adressant à son cousin Harald. « Même si je vis loin, je me sens très proche de votre famille et je tiens à vous dire que nous sommes avec vous dans les bons comme dans les mauvais moments ».

Dans le pays qui octroie le Prix Nobel de la Paix, le roi Philippe a consacré une grande partie de son discours à la défense et aux conflits en cours. « La Belgique et la Norvège ont toutes deux terriblement souffert pendant la Seconde Guerre mondiale. Cela a renforcé notre détermination commune à croire que seul un partenariat défensif solide peut garantir notre sécurité. Nous avons tous deux joué un rôle déterminant dans le succès de l’OTAN. Notre coopération militaire est forte et va encore s’intensifier. »
« Alors que la guerre fait rage depuis plus de quatre ans dans le sud-est de notre continent, notre solidarité avec l’Ukraine et son courageux peuple doit demeurer inébranlable, tant en paroles qu’en actes. Le modèle de civilisation européenne auquel nous croyons tous deux est en jeu. Au Moyen-Orient comme ailleurs dans le monde, la violence fait rage, avec des répercussions directes sur nos pays et sur la stabilité mondiale. Naviguer dans ce contexte est un défi pour des pays comme la Belgique et la Norvège, ainsi que pour nos proches partenaires. »
« Dans un tel monde, je crois fermement que l’Europe doit avant tout rester maîtresse de son destin. Tout au long de notre histoire, nous avons combattu pour nos idéaux et sommes fiers de nos réalisations. Aujourd’hui, il est de notre responsabilité de les chérir et de les protéger comme notre bien commun le plus précieux. »