Ce 22 mars 2026, le roi Philippe et la reine Mathilde de Belgique ont assisté à trois cérémonies officielles qui marquaient les 10 ans des attentats de Bruxelles. Les plus hauts dignitaires du royaume étaient réunis auprès de victimes, ce dimanche, sur les lieux du drame : à l’aéroport de Zaventem, à la station de métro Maelbeek et dans le quartier européen.
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Le couple royal belge de retour à l’aéroport de Zaventem dix ans après les attentats de Bruxelles
Le 21 mars 2016 à 7 heures 58, deux explosions ont retenti dans le hall de l’aéroport international de Bruxelles, situé à Zaventem. À 9 heures 11, un autre dispositif explose à la station de métro Maelbeek, située près du centre de la capitale, aux portes du quartier européen. Ce 21 mars 2026, trois cérémonies officielles étaient organisées par le gouvernement fédéral belge, l’aéroport de Bruxelles et la STIB, la société de transports publics bruxellois.

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Le chef d’État belge était présent aux cérémonies organisées en ce jour de recueillement, sur les lieux de ces attentats revendiqués par l’État islamique. Le roi Philippe et la reine Mathilde étaient présents à l’aéroport, aux petites heures, pour assister au premier hommage rendu à l’heure exacte à laquelle les deux explosions ont retenti il y a dix ans. Les attentats de l’aéroport ont fait 18 victimes mortelles, en plus des deux terroristes.



L’émotion était forte ce dimanche matin dans le terminal du plus grand aéroport de Belgique lorsque les souverains sont arrivés au son d’une chorale composée de 54 victimes touchées par les attentats. Face aux survivants, dont certains porteront à vie les séquelles des explosions, le CEO de l’aéroport, Arnaud Feist, a prononcé le discours inaugural de la cérémonie, annonçant notamment une victime supplémentaire reconnue. Cette Suédoise a mis fin à ses jours il y a quelques jours, en raison de ses souffrances. Une plaque aux noms des personnes ayant perdu la vie à l’aéroport a été dévoilée. Le moment le plus poignant fut la prise de parole des victimes et de leurs proches. Ainsi, Edmond Pinczowski, père d’Alexandre et Sacha, deux victimes décédées lors des attentats, Beatrice de Lavalette et Myriam Vermandel-Gueuning ont pris la parole.


Le roi Philippe, les larmes aux yeux, a déposé une couronne de fleurs au pied de la nouvelle plaque commémorative qui liste le nom des victimes. Après le dépôt de la gerbe, les noms des victimes ont été lus. Une minute de silence a été observée à 7h58, à l’heure exacte des explosions. Les attentats de Bruxelles ont fait plus de 340 blessés, sur les deux sites.




Recueillement dans la station de métro Maelbeek en mémoire des victimes des attentats
Le moment de recueillement s’est poursuivi à la station Maelbeek. Cette station de métro est située entre le centre-ville et le quartier où siègent de nombreuses institutions européennes. Une bombe avait explosé dans une rame de ce métro très fréquentée aux heures où des milliers de personnes l’empruntent pour se rendre au travail. Une minute de silence y a été observée à 9h11, en hommage aux victimes. Dix-sept personnes ainsi qu’un terroriste ont péri dans cette explosion.


En tout, 39 personnes, dont 3 terroristes, ont perdu la vie suite aux deux attentats. Le décompte officiel était de 38 mais une victime de plus a été reconnue, comme l’a annoncé le CEO de l’aéroport lors des cérémonies de commémorations. Certaines victimes sont décédées dans les jours suivant les explosions. Jusqu’en 2022, plusieurs personnes ont été ajoutées au décompte officiel et reconnues comme victimes de l’attentat, après avoir mis fin à leurs jours ou ont été euthanasiées.






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Le roi et la reine Mathilde au monument dédié aux victimes des actes terroristes
La dernière partie des commémorations s’est déroulée en plein cœur du quartier européen, où se trouve le monument dédié aux victimes des actes terroristes. Le monument occupe une partie de la rue qui sépare le parc du Cinquantenaire au rond-point Schuman, au bord duquel se trouve notamment le bâtiment Berlaymont qui abrite la Commission européenne.

Le 22 mars 2017, à l’occasion du premier anniversaire des attentats, le roi Philippe avait inauguré ce mémorial, officiellement intitulé « Blessés mais toujours debout face à l’inconcevable ». Le mémorial est une œuvre de l’artiste Jean-Henri Compère, qui a été conçue par le bureau d’architecture Samyn. Le monument est composé de deux plaques d’acier de 20 mètres, séparées l’une de l’autre et entaillées. Le monument rend hommage aux victimes des attentats de 2016 et s’étend à l’ensemble des victimes de tous les actes terroristes en Belgique et à l’étranger.

Pour la première fois de la journée, le roi Philippe a prononcé un discours. « Dix ans ont passé depuis, mais pour beaucoup d’entre vous, le temps n’a pas adouci la douleur. Il l’a simplement rendue plus silencieuse, plus intime, parfois plus lourde encore », a déclaré le souverain, qui a consacré une grande partie de son discours au courage des victimes. « Je crois en la résilience de notre peuple, en la vigueur de nos institutions et en l’avenir serein et lumineux que nous ne pourrons écrire que toutes et tous ensemble ».

« Pour ceux qui ont perdu un proche, ou dont le corps ou l’esprit porte encore les cicatrices de ce jour funeste, le 22 mars 2016 est un jour sans fin. Je veux rendre hommage aux survivants. À leur combat quotidien, visible ou invisible. À leur corps meurtri. À leur force, leur dignité. À leur ténacité, malgré tout, malgré l’indicible. Les terroristes croyaient pouvoir semer durablement la peur, diviser notre société et saper nos valeurs. Leur projet a échoué. Ce qui devait nous désunir nous a soudés ».
« Je suis fier que, même dans la sidération, nous ayons gardé notre calme et continué à suivre notre cap. C’est une leçon pour toutes les démocraties, parfois tentées par l’autoritarisme. Nous devons aussi affronter une réalité complexe : la plupart des auteurs des attentats de 2016 étaient des jeunes nés et élevés chez nous. Ce constat nous oblige à nous regarder en face. Comment des jeunes de chez nous ont-ils pu se laisser séduire par des discours de haine, de mort et de destruction ? Comment la violence, la radicalisation, le sentiment d’exclusion ont-ils pu trouver un terrain fertile parmi nous ? »
« La police et la justice peuvent protéger, juger, sanctionner. Mais ils ne peuvent pas, seuls, apaiser la société. La sécurité se construit aussi dans les écoles, et dans les quartiers. Elle naît des échanges, du dialogue, de la culture, du travail social. La véritable sécurité, c’est une société où chacun se sent reconnu. Où personne n’est condamné à se sentir rejeté, exclu, en marge. Où la dignité humaine n’est pas négociable. »
Le roi Philippe a rappelé le premier discours qu’il avait prononcé lors de la cérémonie du premier anniversaire des attentats. Le roi avait alors exhorté la population d’«oser la tendresse ». Dix ans plus tard, il réitère ce souhait d’« oser la tendresse » mais il conclut son discours avec un peu d’espoir.
« Je forme aujourd’hui le vœu que nous soyons davantage à l’écoute et attentifs les uns pour les autres. Gardons nos cœurs confiants et ouverts. Je crois en la résilience de notre peuple, en la vigueur de nos institutions, et en l’avenir serein et lumineux que nous ne pouvons écrire que tous ensemble. »
La cérémonie comprenait une minute de silence, un dépôt de gerbes, des discours, des témoignages et une prestation musicale. Le roi Philippe et la reine Mathilde ont également rencontré des victimes au bâtiment Europa qui abrite le Conseil européen et le Conseil de l’Union européenne.