Le roi Philippe s’adresse aux corps constitués dans la salle du Trône en présence de Mathilde, Laurent et Claire de Belgique

Le roi des Belges a prononcé son traditionnel discours de Nouvel An aux autorités du pays, ce mercredi. Le discours du roi Philippe s’adresse directement aux dirigeants politiques du pays. Cette année, le roi Philippe a abordé les importantes réformes sociales en cours dans le pays et l’absence de gouvernement dans la région bruxelloise.

Lire aussi : La sortie familiale du prince Laurent et de la princesse Claire avec leurs enfants pour poursuivre l’œuvre de la reine Paola

Discours aux autorités du pays dans la salle du Trône du palais royal de Bruxelles

Le roi Philippe, 65 ans, a réuni les plus hauts dirigeants du royaume de Belgique dans la salle du Trône du Palais royal de Bruxelles, ce 28 janvier 2026. La reine Mathilde, le prince Laurent et la princesse Claire étaient présents à ses côtés lorsqu’il a prononcé son discours annuel aux autorités du pays.

Le roi Philippe, la reine Mathilde, le prince Laurent et la princesse Claire rejoignent leurs invités, ce 28 janvier 2026 (Photo : Palais royal/Koninklijk Paleis – Loan Silvestre)
Le roi et la reine des Belges saluent les représentants des corps constitués invités au palais royal de Bruxelles ce 28 janvier 2026 (Photo : ABACAPRESS.COM)

Le discours aux représentants des corps constitués est traditionnellement le dernier grand événement qui se tient à la fin du mois de janvier, qui conclut les célébrations organisées à l’occasion de la nouvelle année. Le monarque se doit de maintenir une neutralité politique mais son discours, qui s’adresse aux représentants politiques et non à la population, est souvent l’occasion pour le Roi de teinter son discours, tout en gardant sa neutralité.

Le prince Laurent et la princesse Claire sont présents aux côtés des souverains ce 28 janvier 2026 (Photo : ABACAPRESS.COM)
Le prince Laurent en discussion avec le ministre des Finances Jan Jambon (Photo : Palais royal/Koninklijk Paleis – Loan Silvestre)

Lire aussi : La princesse Elisabeth rencontre pour la première fois les dirigeants de l’OTAN avec le roi Philippe

Le roi Philippe émet des constats sur la situation politique internationale, alors qu’il a pu s’entretenir avec Donald Trump, il y a quelques jours à Davos. Le roi Philippe a aussi abordé la question des réformes sociales, alors que le gouvernement mené par le nouveau Premier ministre Bart De Wever, en poste depuis un an, commence à appliquer son programme. Enfin, le roi Philippe s’est montré critique vis-à-vis de la situation politique qui s’enlise à Bruxelles. Depuis les élections en juin 2024, la région n’est toujours parvenue à former un gouvernement, en raison de désaccords entre les partis souhaitant former une coalition.

La reine Mathilde lors de la réception avec les autorités du pays (Photo : Palais royal/Koninklijk Paleis – Loan Silvestre)
La princesse Claire participe à la réception (Photo : Palais royal/Koninklijk Paleis – Loan Silvestre)

Après le discours du Roi, la tradition veut que le Premier ministre prononce à son tour son discours de politique générale. Il s’agissait du premier discours que Bart De Wever prononçait dans la salle du Trône. Une réception était ensuite donnée après les discours.

Discours du roi Philippe face aux corps constitués (Photo : Palais royal/Koninklijk Paleis – Loan Silvestre)

« Je me réjouis de ce rendez-vous annuel avec l’ensemble des autorités du pays », a déclaré le roi Philippe face aux représentants des autorités du pays. « Il m’offre l’occasion de vous remercier pour votre engagement au service de nos concitoyens. Il me permet aussi de partager avec vous mes réflexions quant à nos perspectives d’avenir, dans un monde face à un changement de paradigme inquiétant. »

En ces temps où les Empires sont de retour, l’Europe doit prendre pleinement sa place. Elle a opéré les bons diagnostics avec les rapports Letta et Draghi. Elle doit maintenant mettre en œuvre leurs recommandations. Je suis convaincu qu’elle y parviendra, tout en préservant son identité, construite sur les droits humains, l’état de droit, la démocratie, et le respect du droit international.

Le roi Philippe s’adresse aux représentants des plus hautes autorités du pays (Photo : BENOIT DOPPAGNE/BELGA/SIPA)

Pour être un phare dans la tempête, l’Europe doit rester fidèle à ses valeurs fondamentales. On peut être forts sans céder à la tentation de l’autoritarisme. C’est la seule voie durable. Seulement ainsi pourrons-nous être un rempart contre les forces impérialistes et autoritaires.

Je vois deux défis prioritaires à relever pour y réussir. D’abord, le devoir de protéger notre modèle de société et nos concitoyens. Des moyens très importants sont mobilisés en Belgique pour renforcer notre défense et participer ainsi pleinement à notre sécurité collective. Je sens que notre population adhère largement à l’effort entrepris. Je mesure également les défis que cela représente pour nos forces armées. Mais je suis confiant en leur capacité à le relever.

Le chef de l’État belge s’adresse aux plus hautes autorités du pays (Photo : Palais royal/Koninklijk Paleis – Loan Silvestre)

Une deuxième condition pour préserver notre modèle de société consiste à stimuler l’activité économique pour créer davantage de prospérité et permettre à nos concitoyens de s’épanouir individuellement et en société. Nous disposons pour ce faire de nombreux atouts, en particulier notre culture politique, axée sur la solidarité, la proximité et la prise en compte des spécificités locales.

Des choix importants ont été posés par l’ensemble de nos exécutifs pour renforcer notre compétitivité dans un contexte international agressif et hyper concurrentiel. Il est important que ces efforts bénéficient à tous. Dans ce contexte, je voudrais vous faire part ici de mon appui aux zones aujourd’hui plus précarisées dans notre pays. J’ai ainsi pu mesurer, lors de mes nombreux déplacements sur le terrain, les difficultés de la région du Centre, au cœur de la Province du Hainaut. Cette région aspire à retrouver la prospérité qu’elle a longtemps connue. J’y ai vu des jeunes très motivés mais qui se heurtent au manque de débouchés et à une activité économique limitée. Pourtant, j’y perçois des opportunités locales d’investissement, en particulier dans l’économie circulaire. Mais le redressement de la région passera aussi par la mobilisation d’acteurs économiques de tout le pays.

C’est d’ailleurs afin de promouvoir un maximum de collaborations économiques transrégionales que je me déplacerai au mois d’avril dans différentes régions, avec des entrepreneurs du Nord et du Sud du pays. Au-delà de nos frontières, la Reine et moi continuerons à défendre les intérêts économiques de la Belgique, partout où nous nous rendrons, notamment lors de nos prochaines visites d’Etat en Norvège et au Kazakhstan. Je tiens ici à remercier mon épouse qui a accepté de présider les missions économiques belges, après le travail fructueux réalisé par la Princesse Astrid.

Mesdames et Messieurs, Nos gouvernements s’activent à répondre à nos fragilités structurelles par des réformes. Il est important, dans ce contexte, de continuer à nous appuyer sur notre capital humain.

En ce début d’année, plusieurs milliers de chômeurs arrivent en fin de droits. Ceci nous oblige à tout faire pour permettre à un maximum d’entre eux de retrouver un emploi et d’éviter ainsi un basculement dans la précarité. Il faudra que toutes les instances compétentes accompagnent ces personnes activement, qu’elles soient à leur écoute, qu’elles leur permettent de développer leurs talents pour s’insérer sur le marché de travail.

C’est pourquoi je soutiens les initiatives récemment lancées afin de favoriser une plus grande mobilité des travailleurs entre régions et pôles d’emploi. Continuons par ailleurs à stimuler l’apprentissage de nos langues nationales.

Mesdames et Messieurs, je voudrais revenir ici sur plusieurs maux qu’il faut résolument combattre si l’on veut protéger notre modèle de société – et in fine nos concitoyens.

Tout d’abord, un mal universel et inquiétant auquel notre pays n’échappe malheureusement pas : celui de la hausse de criminalité organisée, qui gangrène notre vivre-ensemble. Cette criminalité – souvent liée au narcotrafic – nourrit la violence dans nos rues et entraîne des dérives telles que la corruption ou l’exploitation de jeunes livrés à eux-mêmes. Je salue le travail infatigable du pouvoir judiciaire qui lutte courageusement, parfois même sous la menace, contre tous ces maux.

Une autre valeur fondamentale à protéger est le respect des minorités. Les actes racistes ou xénophobes n’ont pas leur place en Belgique. Je suis, à cet égard, interpellé par la montée des actes antisémites, un peu partout dans le monde, mais aussi chez nous. Nous ne pouvons accepter que des personnes soient maltraitées en raison de leurs convictions religieuses ou de leur appartenance à une communauté. À tous les actes motivés par le racisme, la xénophobie ou l’antisémitisme, il ne peut y avoir qu’une seule réponse : la tolérance zéro.

Tous ces sujets relèvent du respect de nos règles de droit et de nos valeurs. Cela vaut aussi pour les détenus. La dignité humaine et la protection due aux citoyens ne peuvent s’arrêter aux murs de nos prisons. Je sais que le gouvernement en est conscient. J’invite donc les autorités politiques et judiciaires à prendre à bras-le-corps le problème de la surpopulation carcérale.

Mesdames et Messieurs, je me vois malheureusement contraint de revenir sur la situation à Bruxelles, où la formation du gouvernement s’est enlisée dans une logique irresponsable. Je m’inquiète des graves conséquences de cet enlisement pour la Région, ses habitants et nos institutions. 

Mesdames et Messieurs, les préparatifs du Bicentenaire de la Belgique ont bien démarré. Ce rendez-vous est important pour notre pays. Il s’inscrit dans une volonté de faire mieux connaître nos atouts. Espérons qu’à cette occasion, nous pourrons mettre en avant avec fierté notre capitale, Bruxelles, comme exemple d’un fédéralisme harmonieux. En rassemblant toutes nos forces, nous y parviendrons. La Reine et moi, ainsi que toute notre famille, vous adressons nos vœux les meilleurs pour une année 2026 réussie et une confiance renouvelée dans l’avenir. »

Avatar photo
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine a été concepteur-rédacteur et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français. Spécialiste de l'actualité des familles royales, Nicolas a fondé le site Histoires royales dont il est le rédacteur en chef. nicolas@histoiresroyales.fr