L’exclusion d’Andrew de l’ordre succession est-elle en train de se préparer ?

Ce lundi, Andrew Mountbatten-Windsor a reçu une visite à son nouveau domicile dans le Norfolk. Le lord-chambellan de la Maison royale s’est déplacé à Wood Farm pour rencontrer le frère déchu du roi Charles III. Cette visite pourrait signifier que des négociations sont en cours concernant l’exclusion de l’ancien prince de l’ordre de succession au trône britannique.

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La visite du lord-chambellan de la Maison royale à Wood Farm pourrait signifier que des négociations sont en cours

L’ancien prince Andrew est né deuxième dans l’ordre de succession au trône britannique, huit ans après l’accession au trône de sa mère, la reine Elizabeth II. Andrew Mountbatten-Windsor, destitué de tous ses titres et honneurs par son frère Charles à l’automne dernier, occupe actuellement la 8e place dans l’ordre de succession au trône. En raison de son implication dans l’affaire Epstein et suite à sa garde à vue le mois dernier, des voix s’élèvent pour demander son exclusion de l’ordre de succession au trône.

L’ancien prince Andrew a reçu la visite du baron Benyon, lord-chambellan de la Maison royale, ce qui semble être une première rencontre de négociations concernant sa place dans l’ordre de succession (Photo : Zak Hussein/Splash News/ABACAPRESS.COM)

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Depuis son arrestation le jour de son 66e anniversaire, le 19 février 2026, l’ancien duc d’York est terré chez lui, à Wood Farm, une demeure située sur le domaine privé de la famille royale à Sandringham, dans la campagne du Norfolk. Andrew a été expulsé du Royal Lodge, la demeure de Windsor qu’il occupait du temps où il exerçait des fonctions officielles et dans laquelle il avait continué à vivre jusqu’à son récent déménagement, malgré son retrait de la vie publique en 2019.

Ce lundi 2 mars 2026, Andrew Mountbatten-Windsor a reçu une visite inattendue. Le baron Benyon a été aperçu à Sandringham. Certains paparazzis campent en permanence devant la résidence afin de capturer les allées et venus en voiture. Selon la presse locale, dont The Mirror, Richard Benyon serait resté à Wood Farm environ deux heures. Cette visite pourrait avoir un lien avec la demande d’exclure Andrew de l’ordre de succession. Le roi Charles III loge depuis vendredi dernier à Sandringham House mais il ne semble pas avoir eu un contact avec son frère déchu. Bien que Wood Farm se trouve sur le même domaine, les deux logements sont séparés de plusieurs kilomètres.

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Les descendants de l’ancien duc d’York seront-ils également exclus de l’ordre de succession au trône ?

Le baron Benyon est le lord-chambellan de la Maison royale depuis novembre 2024. Le lord-chambellan est considéré comme le chef de la Maison royale et dirige les 1 200 employés du Palais. Richard Benyon, 65 ans, est un ancien homme politique chevronné, ayant été député, sous-secrétaire d’État et même ministre. Traditionnellement, le lord-chambellan agit aussi en tant que représentant ou porte-parole de la Maison royale (ou directement du souverain) auprès du parlement.

Andrew Mountbatten-Windsor occupe la 8e position de l’ordre de succession (Image : Histoires Royales)

L’ordre de succession au trône britannique est régi par l’Acte de succession à la Couronne de 2013, entré en vigueur en 2015. Pour modifier l’ordre de succession, il faudrait donc voter une nouvelle loi ou voter un amendement à celle-ci. Après l’arrestation d’Andrew, Darren Jones, secrétaire général du Premier ministre Keir Starmer avait déclaré aux parlementaires : « Le gouvernement est clair : nous n’excluons aucune mesure concernant l’ordre de succession à ce stade, et nous examinerons en temps voulu si d’autres mesures sont nécessaires ». Dans la foulée, plusieurs députés ou représentants de partis politiques en Australie et en Nouvelle-Zélande ont déclaré publiquement qu’ils suivraient le parlement britannique s’il prenait la décision de l’exclure.

Le prince William occupe la première place dans l’ordre de succession, en tant qu’héritier direct du trône. Ses trois enfants, George, Charlotte et Louis, occupent les 2e, 3e et 4e places. Le prince Harry, deuxième fils du roi Charles III, est 5e dans l’ordre de succession et il est suivi par ses deux enfants, le prince Archie, 6e, et la princesse Lilibet, 7e. Le prince Andrew est 8e dans l’ordre de succession, bien que la princesse Anne soit son aînée. À l’époque de leur naissance, les garçons avaient la priorité sur les filles au sein d’une même fratrie, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui depuis la révision de 2013. Cependant, cette révision ne s’applique pas de manière rétroactive.

L’étendue de cette exclusion dépendra du texte qui sera adopté par le parlement. La descendance d’Andrew sera-t-elle aussi visée ? La dernière exclusion concernait l’ancien roi Édouard VIII qui, suite à son abdication en 1936 a été radié de l’ordre de succession ainsi que son éventuelle descendance. Les autres exclusions de l’ordre de succession se sont faites de façon naturelle, c’est-à-dire que des membres ont quitté l’ordre de succession en ne respectant plus les critères pour y figurer, à savoir ne pas être catholique. Il ne s’agissait pas d’exclusions décidées par une modification de la loi.

Andrew et Sarah Ferguson ont eu deux filles, les princesses Beatrice et Eugenie, qui elles-mêmes ont chacune deux enfants. Les deux filles et les quatre petits-enfants d’Andrew occupent donc les places allant de la 9e à la 14e position. En fonction du texte adopté, soit Andrew uniquement soit sept personnes pourraient être retirées de l’ordre de succession. Si toute la descendance d’Andrew est exclue, alors ce sera le prince Edward, duc d’Édimbourg, qui occupera la 8e place dans l’ordre de succession.

Le roi Charles III est le chef d’État du Royaume-Uni ainsi que de 14 autres pays indépendants dans le monde. Le nom du chef d’État dépend donc des décisions potentielles au Royaume-Uni. Pour se prémunir de toute décision unilatérale, l’Accord de Perth a été conclu entre le Royaume-Uni et les autres royaumes du Commonwealth. L’Acte de succession de 2013 est une transposition au droit britannique de modalités convenues dans l’Accord de Perth. Ce qui signifie qu’un accord doit être donné de la part des 14 autres royaumes du Commonwealth pour modifier l’Acte de succession.

Si Andrew a peu de chance de monter sur le trône, l’exclure de l’ordre de succession le priverait aussi d’une fonction dont il jouit aujourd’hui. Andrew Mountbatten-Windsor est aussi conseiller d’État, une fonction qui lui permettrait d’agir en tant que régent du Royaume, soit à la place du chef de l’État, en cas d’empêchement temporaire du souverain. Traditionnellement, cinq personnes occupent cette fonction. Il s’agit de l’épouse du souverain ainsi que les quatre premières personnes majeures figurant dans l’ordre de succession. Si on exclut les enfants mineurs de William et Harry, Andrew est le 3e adulte à figurer dans l’ordre de succession au trône.

Au début de son règne, Charles III a demandé au parlement la possibilité de voter une loi pour que son frère Edward et sa sœur Anne intègrent la liste des conseillers d’État. La demande concernait l’ajout de deux membres et non le retrait d’Andrew et Harry. Pourtant, ni l’un ni l’autre ne travaille pour la Couronne. La demande du Roi a été acceptée en décembre 2022, et on compte donc sept conseillers d’État aujourd’hui : la reine Camilla, le prince William, le prince Harry, Andrew, la princesse Beatrice, le prince Edward et la princesse Anne.

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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est un journaliste spécialisé dans les familles royales et l'histoire des monarchies européennes et mondiales. Nicolas Fontaine a fondé Histoires Royales, le premier média en ligne dédié à l'actualité des têtes couronnées en 2019. nicolas@histoiresroyales.fr