Alors que l’Iran tire tous azimuts dans le Golfe, les souverains du Moyen-Orient multiplient les rencontres. Ces derniers jours, le roi Abdallah II a rencontré le président des Émirats arabes unis, le roi de Bahreïn et l’émir du Qatar pour maintenir des relations diplomates solides en cette période de grande insécurité pour toute la région.
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Le roi Abdallah II à Abou Dhabi auprès du président émirati
La Jordanie a toujours endossé le rôle de médiateur, entre le Moyen-Orient et l’Occident, considéré comme un pays modéré, partageant des valeurs aux croisées des cultures. Le roi Abdallah II incarne a lui seul ce mélange, étant le fils du roi Hussein et d’une mère britannique. Le 16 mars, le roi Abdallah II s’est rendu aux Émirats arabes unis pour rencontrer le président, le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan. Le président des Émirats arabes unis est l’émir d’Abou Dhabi. Étaient aussi présents lors de la rencontre, l’émir de Dubaï, qui est le vice-président et Premier ministre, et son fils, le prince héritier Hamdan, qui est le vice-Premier ministre.

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Les Émirats arabes unis font partie des cibles de l’Iran, depuis le début de la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis. De nombreux drones traversent le ciel émirati depuis le début du mois de mars et plusieurs ont atteint des cibles dans des grandes villes, détruisant notamment des immeubles de luxe à Abou Dhabi et à Dubaï. Lors de leur rencontre, les deux chefs d’État ont souligné que « les pays arabes n’ont pas participé à la guerre en cours et ne l’ont pas déclenchée, mais qu’ils ont œuvré pour contenir la crise et empêcher que la région ne sombre dans le conflit. »

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Le roi Abdallah à Doha auprès de l’émir du Qatar et à Manama chez le roi de Bahreïn
Le 17 mars, le roi Abdallah a pris la direction du Qatar. Il a été reçu par l’émir Tamim à Doha. Le Qatar est l’une des cibles du régime des mollahs iraniens, et en particulier ses sites gaziers. Le roi et l’émir ont eux aussi rappelé que « ce conflit ne les concerne pas ». Le roi Abdallah et l’émir Tamim disent « vouloir recourir au dialogue et aux voies diplomatiques pour résoudre les conflits ». Les deux monarques « ont appelé à intensifier les efforts régionaux et internationaux pour désamorcer les tensions et rétablir la stabilité dans la région. »


Après sa halte au Qatar, le roi Abdallah II de Jordanie a pris la direction de Bahreïn. Le royaume insulaire, qui fait face à la côte saoudienne, se retrouve lui aussi au centre du champ de tir. Le roi Hamad a accueilli le roi Abdallah à Manama, la capitale du pays.


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Les deux souverains ont déploré les attaques dont les pays du Golfe sont actuellement les victimes. Ces attaques « constituent une violation de la souveraineté des États et une menace pour la paix et la sécurité internationales ». Le roi de Bahreïn et le roi de Jordanie ont aussi « souligné l’importance de mettre fin aux menaces visant à perturber la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, un corridor international pour le transit et le commerce de l’énergie, ce qui contrevient au droit international et au droit de la mer. »

Après ces différentes visites dans le Golfe, le roi Abdallah est rentré en Jordanie. Ce mercredi, il s’est entretenu avec l’émir du Koweït par téléphone. Le roi Abdallah ne pouvait se déplacer jusqu’au Koweït alors il a tenu sa réunion avec l’émir Mishal Al Sabah à distance. La Jordanie, jusqu’ici épargnée, dit avoir intercepté des dizaines de missiles depuis le début des attaques. La Jordanie est coincée entre plusieurs belligérants, ayant une frontière avec Israël, la Syrie, l’Irak, l’Arabie saoudite et se trouve sous certains axes de tirs potentiels entre des pays comme l’Iran et le Liban.