La princesse Sirivannavari de Thaïlande, fille du roi Maha Vajiralongkorn, a donné une conférence sur le patrimoine textile et artisanal thaïlandais, dans le cadre de l’exposition consacrée au Chud Thai, à La Haye. Le Chud Thai comprend huit tenues développées par la reine Sirikit, grand-mère de la princesse Sirivannavari.
La fille du roi Rama X à l’Hôtel des Indes de La Haye pour promouvoir l’art du textile thaïlandais
Dans les années 60, le roi Bhumibol Adulyadej et la reine Sirikit de Thaïlande ont effectué une visite d’État aux États-Unis, un voyage qui fit comprendre à la reine l’importance d’avoir une belle garde-robe. Les voyages diplomatiques, destinés aussi à promouvoir leur pays, sont l’occasion de mettre en lumière la culture et le savoir-faire de la Thaïlande. La reine Sirikit a donc eu l’idée de créer une série de tenues, qui reflètent l’histoire de la mode thaïlandaises tout en étant adaptées à des cérémonies modernes. C’est ainsi qu’est né le Chud Thai.

Ce 9 avril 2026, la princesse Sirivannavari de Thaïlande, 39 ans, s’est rendue à La Haye, à l’occasion de l’ouverture de l’exposition consacrée à la promotion et à la diffusion du costume thaïlandais, le Chud Thai. L’exposition se tient à l’Hôtel des Indes, un célèbre établissement 5 étoiles situés le long du très chic Lange Voorhout.

Une exposition consacrée au Chud Thai, les tenues thaïlandaises déterminées par la reine Sirikit
La princesse Sirivannavari, l’une des filles du roi Maha Vajiralongkorn (Rama X), est connue pour son goût pour la mode, elle-même créatrice de mode. Ses apparitions en Europe, et surtout à Paris, ne sont pas rares. La princesse est souvent assise au premier rang des défilés lors des Fashion Weeks. La princesse Sirivannavari est aussi attachée à la culture et au patrimoine thaïlandais, d’autant plus lorsqu’il est directement lié à sa famille.

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Le Chud Thai mis au point par sa grand-mère, la reine mère Sirikit, décédée à l’automne dernier, est en réalité une garde-robe composée de huit styles de tenues différentes pour femmes et de trois modèles de chemises royales pour hommes. Les huit tenues permettent aux femmes thaïlandaises de choisir le degré de formalité et d’adapter leurs vêtements aux différentes situations, tout en restant cohérentes et en respectant le style traditionnel. En 2024, la Thaïlande a officiellement entrepris les démarches auprès de l’UNESCO pour faire inscrire sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité le Chud Thai et le savoir-faire artisanal liés à la fabrication du costume national. L’examen est en cours et l’UNESCO devrait donner sa réponse à la fin de cette année.
Les huit tenues sont inspirées par des éléments architecturaux des palais royaux, d’autres portent un nom en hommage à des salles ou à des résidences royales. La première tenue, la plus informelle est le Ruean Ton, inspirée par les toits en teck du palais Dusit. Vient ensuite le Chitralada, un peu moins décontracté, avec sa veste en soie à manches longues. La troisième tenue est l’Amarin, qui est la version de soirée du Chitralada. Le Boromphiman est une robe longue d’une seule pièce faite de soie et de brocart métallique, avec col montant et manches longues, qui est inspirée des robes portées à la cour au 19e siècle. Le Dusit est la version thaïlandaise de la robe de bal occidentale, comprenant brocart doré et un corsage brodé. Le Chakri, en référence au nom de la dynastie royale, est la robe traditionnelle la plus emblématique, portée lors des cérémonies royales. Elle se compose d’une jupe plissée et elle se distingue par son écharpe traditionnelle portée sur l’épaule. La septième tenue est le Siwalai, une version royale et encore plus formelle du Chakri. La dernière tenue est le Chakkraphat, soit la tenue la plus formelle, portée lors des banquets d’État. Elle se compose d’un bustier, de deux écharpes brodées superposées et d’une jupe en brocart.
La reine Sirikit a développé ces tenues avec l’aide de conseillers et suite à des recherches approfondies sur la mode thaïlandaise au fil des siècles. Cette passion pour l’artisanat textile est telle que la reine Sirikit a ouvert un musée consacré à la mode et à l’art du textile, dans un des bâtiments du palais royal de Bangkok.

Cette exposition est organisée par le département de la promotion culturelle du ministère de la Culture thaïlandais, qui peut compter sur la présence de la princesse Sirivannavari pour soutenir ce projet. La princesse a participé à la conférence intitulée « L’évolution du vêtement et des textiles thaïlandais », ainsi qu’à un défilé de mode mettant en vedette les huit styles de Chud Thai royal et trois types de chemises royales pour hommes. Le journal Khaosod explique que lors de cet événement, les invités ont aussi pu assister à des démonstrations d’artisanat traditionnel thaïlandais, telles que le tissage complexe Yan Lipao et la broderie d’or et d’argent, présentées par le Centre international de soutien aux arts et à l’artisanat de Thaïlande (SACIT).