Le grand-duc Guillaume frappe les premières pièces en euro à son effigie

Ce mardi 7 juillet, neuf mois après son accession au trône grand-ducal, Guillaume de Luxembourg a officialisé le lancement de la frappe des nouvelles pièces luxembourgeoises à son effigie. Les pièces luxembourgeoises sont frappées près de Bordeaux, où le chef de l’État luxembourgeois s’est déplacé pour découvrir le processus de création des pièces de monnaie.

Lire aussi : Le grand-duc Guillaume accueilli à Bordeaux avant de vivre une dernière étape symbolique de son accession au trône

Le grand-duc de Luxembourg à l’usine de la Monnaie de Paris à Pessac

Le portrait de profil du grand-duc Guillaume sera bientôt visible sur toutes les nouvelles pièces qui rejoindront les portefeuilles des consommateurs luxembourgeois, puis elles se répandront progressivement partout en Europe. Neuf mois après l’abdication du grand-duc Henri et l’accession au trône de son fils, il est temps pour Guillaume de figurer sur les pièces en euro de son pays. Les nouvelles pièces à son effigie seront mises en circulation dès le 13 juillet 2026. Comme toujours, l’ensemble des pièces émises depuis 2002 conservent leur cours légal.

Le grand-duc Guillaume de Luxembourg est accueilli à l’usine de Pessac par le président-directeur général de la Monnaie de Paris, Marc Schwartz (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)
Le souverain luxembourgeois visite l’atelier de Pessac, en Gironde (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

Lire aussi : Le grand-duc Guillaume et la grande-duchesse Stéphanie reçus pour la première fois à l’Élysée par Emmanuel Macron

Certains pays de la zone euro ont plusieurs ateliers pour frapper leurs pièces et d’autres, plus petits, comme le Luxembourg, font appel à des ateliers à l’étranger pour frapper des pièces pour le compte de l’État luxembourgeois. C’est à Pessac, près de Bordeaux, que le grand-duc Guillaume s’est rendu ce 7 juillet 2026 pour assister à la frappe inaugurale des premières pièces de monnaie à son effigie. L’atelier de Pessac de la Monnaie de Paris a remporté l’appel d’offres de l’État luxembourgeois. Plus de 12 millions de pièces de cette émission 2026 ont été commandées.

L’atelier de Pessac est la principale usine de production de masse de la Monnaie de Paris (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

Lire aussi : La première garden-party du grand-duc Guillaume et de la grande-duchesse Stéphanie au château de Berg

Le portrait du nouveau grand-duc de Luxembourg frappé sur les nouvelles pièces luxembourgeoises

C’est la première fois que Guillaume apparaît sur des pièces ordinaires en tant que Grand-Duc. Le visage de Guillaume est déjà apparu plusieurs fois sur des pièces commémoratives à cours légal, notamment pour ses 25 ans en 2006, son mariage avec Stéphanie en 2012, leur 10e anniversaire de mariage en 2022 ou encore la naissance de leur fils Charles en 2020.

Le chef de l’État luxembourgeois apprend les différentes phases de fabrication d’une pièce de monnaie (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)
Les responsables de l’usine présentent les capacités de production du site (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

Lire aussi : Le grand-duc Guillaume et la grande-duchesse Stéphanie assistent au Te Deum de leur première fête nationale en tant que souverains

Guillaume de Luxembourg lance la frappe des nouvelles pièces de monnaie

Lors de sa visite à l’atelier de frappe de Pessac, le grand-duc Guillaume était accompagné du ministre luxembourgeois des Finances, Gilles Roth, du président de la Banque centrale du Luxembourg (BCL), Gaston Reinesch, des deux directeurs de la BCL, Roland Weyland et Nicolas Weber, du président-directeur général de la Monnaie de Paris, Marc Schwartz, du maire de Pessac, Franck Raynal et de l’artiste qui a réalisé le graphisme des pièces, Chiara Principe.

Présentation des outillages, notamment les différents poinçons, la matrice de reproduction et le coin (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

Lire aussi : Guillaume et Stéphanie de Luxembourg baptisent la nouvelle rose du couple grand-ducal

L’usine de Pessac est la principale usine de production de masse de la Monnaie de Paris. Le grand-duc Guillaume a visité ce site, où il a pu découvrir les différentes étapes de la fabrication, allant de la gravure à la frappe, en passant par l’atelier d’outillage et le monnayage. Dès 1958, Charles de Gaulle eut la volonté de décentraliser la production des pièces de monnaie en dehors de la région parisienne. Le processus a pris du temps et Valéry Giscard d’Estaing, qui était alors ministre des Finances, donna son accord en 1965 pour installer l’usine à Pessac. Cette usine, conçue par le cabinet Salier-Courtois-Lajus, fut inaugurée en 1973. Aujourd’hui, outre les euros français et luxembourgeois, le site est aussi en charge de frapper les pièces de Malte, Chypre, Monaco et Andorre.

D’une création en plâtre, au scan 3D puis à la fabrication d’un gabarit en laiton, jusqu’au poinçonnage (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)
Entouré du ministre des Finances, Gilles Roth, et de l’artiste Chiara Principe, le grand-duc Guillaume se renseigne sur la fabrication des pièces à son effigie (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

Lire aussi : Le grand-duc Guillaume accueille pour la première fois un chef d’État étranger depuis le début de son règne

Trois dessins différents pour les huit pièces

La face nationale des pièces de 1 et 2 représente, sur le côté droit, l’effigie du Grand-Duc Guillaume regardant vers la gauche. En face de l’effigie figure l’inscription du pays émetteur « LËTZEBUERG » en lecture verticale. Une représentation stylisée et partielle du Lion luxembourgeois est représentée à gauche de la partie intérieure de la pièce. L’année d’émission apparaît dans le tiers inférieur, entre le mot « LËTZEBUERG » et l’effigie.

Le grand-duc Guillaume tient le plâtre d’une pièce à son effigie (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)
Les huit pièces de l’émission 2026 à l’effigie du grand-duc Guillaume de Luxembourg

Le portrait du Grand-Duc est représenté en entier et de profil. Une version moderne du Lion luxembourgeois a été créée spécifiquement par l’artiste. Il vient compléter le graphisme des deux dénominations les plus élevées. Pour rappel, le Lion luxembourgeois a figuré par le passé sur des pièces de circulation comme par exemple celles émises à partir de 1854 sous le règne de Guillaume III sur lesquelles le Lion luxembourgeois est représenté dans l’écusson luxembourgeois. Une émission plus récente, à savoir la pièce commémorative de 2 euros de 2010, comportait déjà les armoiries du Grand-Duché et le Lion luxembourgeois.

Guillaume de Luxembourg lance la fabrication des premières pièces luxembourgeoises de son règne (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)
Les premières pièces de 50 centimes sont créées (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

Comme le veut la tradition, le profil des souverains alterne d’un règne à l’autre. Le grand-duc Jean, qui a abdiqué en 2000, soit avant la mise en circulation de l’euro, regardait vers la gauche sur les pièces en francs luxembourgeois. Son fils, le grand-duc Henri, regardait vers la droite sur les premières pièces en euro. À présent, le grand-duc Guillaume regarde à nouveau vers la gauche. Le grand-duc Henri avait trois portraits différents. Sur les petites pièces rouges, son portrait était plus réaliste, tandis que sur les pièces jaunes et celles de 1 et 2 euros, son portrait était plus stylisé. Dans le cas de guillaume, les portraits sont relativement identiques. Les ajustements des éléments symboliques diffèrent entre les trois catégories de pièces.

Les pièces rouges de 1, 2 et 5 centimes émises pour l’État luxembourgeois
Les pièces jaunes de 10, 20 et 50 centimes à l’effigie du grand-duc Guillaume

Sur les pièces de 1, 2 et 5 centimes, le portrait du souverain est coupé à l’arrière par la mention LËTZEBUERG inscrite à la verticale. Des hachures à l’arrière de la tête évoquent les trois couleurs du drapeau luxembourgeois. Les hachures respectent le code des émaux héraldiques traditionnels, soit des lignes horizontales pour l’azur (bleu) et des lignes verticales pour du gueules (rouge). Sur les pièces de 10, 20 et 50 centimes, le nom du pays est inscrit de façon semi-circulaire. L’espace entre le visage et l’inscription LËTZEBUERG est aussi hachuré en trois bandes pour évoquer le drapeau du pays. Sur les pièces de 1 et 2 euros, le drapeau est remplacé par le Lion luxembourgeois. Le Lion luxembourgeois est un emblème monarchique que l’on a vu apparaître sur des pièces luxembourgeoises dès 1854. Sur l’ensemble des huit pièces on retrouve les douze étoiles du drapeau européen qui encerclent le pourtour.

Le chef de l’État luxembourgeois et le ministre luxembourgeois des Finances observent les premières pièces de 50 centimes (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)
Les pièces de 1 et 2 euros à l’effigie du grand-duc Guillaume, comprenant le Lion luxembourgeois

L’artiste Chiara Principe a réalisé son dessin sur base de photos fournies par la Maison du Grand-Duc. « L’artiste, marquée par l’expression bienveillante, sereine et rayonnante du Grand-Duc Guillaume semblant légèrement sourire, a voulu reproduire à travers les pièces l’optimisme et la confiance qui se dégagent du regard du nouveau Souverain », explique la BCL. La BCL indique que le projet de création des nouvelles pièces a débuté dès que le grand-duc Henri avait fait l’annonce publique de son intention d’abdiquer, dans son discours du 24 décembre 2024.

L’artiste Chiara Principe présente la pièce de 2 euros à l’effigie du grand-duc Guillaume (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

En outre, la Monnaie de Paris est aussi en charge de frapper des pièces commémoratives dont la production a aussi été lancée lors de la visite du nouveau chef d’État luxembourgeois. L’État luxembourgeois a prévu deux pièces de deux euros. La première est une pièce commémorant l’accession au trône de Guillaume et en même temps ses 45 ans, qu’il a fêtés en 2026. La deuxième pièce commémorative est dédiée au 40e anniversaire de l’attribution du prix Charlemagne au peuple luxembourgeois. Ces deux pièces, bien que frappées en nombre limité, ont un cours légal ordinaire. Tandis qu’une troisième pièce, de collection celle-ci, sera aussi émise cette année. Celle-ci représente le grand-duc Guillaume et la planète Saturne. La pièce, d’une valeur de 25 euros, n’a pas cours légal et est conçue par la Monnaie d’Autriche.

Avatar photo
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est un journaliste spécialisé dans les familles royales et l'histoire des monarchies européennes et mondiales. Nicolas Fontaine a fondé Histoires Royales, le premier média en ligne dédié à l'actualité des têtes couronnées en 2019. nicolas@histoiresroyales.fr