Le prince Sisowath Tesso invite la cour de Versailles et des danseurs khmers pour les 22 ans de règne du roi du Cambodge

Pour célébrer le 22e anniversaire de règne du roi Norodom Sihamoni, le prince Sisowath Tesso a présenté un spectacle de l’École de danse Princesse Buppha Devi. Plusieurs membres de la famille royale du Cambodge ont assisté à ce spectacle, auquel participait aussi la talentueuse princesse Jenna Norodom. Le roi Norodom a voyagé, le temps d’une soirée, devant les ballets Apsara aux danses de la cour de Louis XIV, en pensant par des danses de salon sur des chansons d’Édith Piaf.

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Le prince Sisowath Tesso crée un spectacle pour les 22 ans de règne du roi Norodom Sihamoni

Le 14 octobre 2004, quelques jours après l’abdication du roi Norodom Sihanouk, le conseil du Trône confirmait le choix du prince Sihamoni pour succéder à son père sur le trône du Cambodge. Ce professeur de danse a quitté les studios parisiens pour embrasser son destin royal à Phnom Penh. Son couronnement fut célébré le 29 octobre, choisissant alors la simplicité et refusant de ceindre la précieuse couronne.

Le prince Sisowath Tesso a imaginé un spectacle à l’occasion du 22e anniversaire de règne du roi Norodom Sihamoni (Photo : Florent de Warren/Palais royal)
Le roi Norodom Sihamoni du Cambodge remercie son cousin pour le spectacle organisé en son honneur (Photo : Florent de Warren/Palais royal)

Ce 30 octobre 2026, à l’occasion du 22e anniversaire de règne de Norodom Sihamoni, un spectacle réunissant danses khmères et traditions françaises a été présenté au roi et à sa famille au théâtre Chaktomuk à Phnom Penh. La représentation, intitulée « La danse au fil du temps », réservait une part à la période classique khmère et occidentale, avec une danse du dieu Vishnou, une danse Apsara, rapporte Cambodge Mag. Les danses classiques étaient encadrées par les professeurs Duk Sytha et Florian Tilly, tandis que Miwako Fujiwara a assuré la direction musicale.

Des danses traditionnelles sont présentées dans la première partie du spectacle (Photo : Florent de Warren/Palais royal)
Une danse Apsara en ouverture du spectacle (Photo : Florent de Warren/Palais royal)

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La cour du Roi-Soleil s’invite au royaume des Khmers

Dans la deuxième partie du spectacle, le voyage imaginé par le prince Sisowath Tesso prend ensuite une dimension particulièrement originale lorsque la cour du Roi-Soleil s’invite au royaume des Khmers. Après avoir fait revivre les temples d’Angkor, la scène se transforme en un décor digne du château de Versailles. Perruques poudrées, masques vénitiens, robes d’apparat et costumes ornés de plumes font leur apparition, tandis qu’un danseur incarnant Louis XIV rappelle que le souverain français fut lui-même un passionné de danse. En 1653, à seulement 14 ans, le jeune Louis avait notamment participé au célèbre Ballet royal de la Nuit, avant de fonder, en 1661, l’Académie royale de danse. Un étonnant rapprochement entre deux cours royales, deux héritages chorégraphiques et deux histoires qui, à plusieurs siècles de distance, se rencontrent sur une même scène.

Le roi Louis XIV s’invite sur la scène (Photo : Florent de Warren/Palais royal)
Le roi du Cambodge assiste au spectacle, ce 30 octobre 2026 (Photo : Florent de Warren/Palais royal)
La cour de Versailles envahit la scène de ce théâtre de Phnom Penh (Photo : Florent de Warren/Palais royal)
La cour de Louis XIV s’incline devant le roi du Cambodge (Photo : Florent de Warren/Palais royal)

Au-delà de cette rencontre entre les fastes de Versailles et la grâce du ballet khmer, c’est tout un dialogue culturel entre la France et le Cambodge que le prince Tesso, cousin du roi, et directeur de l’École de danse Princesse Buppha Devi, a souhaité faire vivre. La seconde partie du spectacle traverse les époques et les frontières, faisant succéder aux danses traditionnelles les valses, les rythmes latins, le cha-cha-cha, le Madison, le rock’n’roll et les expressions chorégraphiques modernes. L’évocation du Phnom Penh des années 1960, avec ses silhouettes élégantes, ses cyclo-pousses et les airs d’Édith Piaf, témoigne notamment de l’empreinte durable de la culture française dans la capitale cambodgienne.

Place aux danses de salon sur un air d’Édith Piaf (Photo : Florent de Warren/Palais royal)
La princesse Jenna Norodom, petite-nièce du roi du Cambodge, interprète une chanson de Françoise Hardy (Photo : Florent de Warren/Palais royal)
Phnom Penh des années 1960 revit sur la scène du théâtre Chaktomuk (Photo : Florent de Warren/Palais royal)

L’École de danse Princesse Buppha Devi a été créée par la princesse pour promouvoir la culture khmère à l’étranger. Depuis la disparition de la princesse en 2019, le prince Sisowath Tesso en a repris la direction. Les cours y sont aujourd’hui dispensés gratuitement à des élèves venus de différents horizons. L’établissement souhaite permettre à ses meilleurs élèves d’interpréter le répertoire classique devant un public et de participer à la création de nouveaux spectacles.

Le roi Norodom Sihamoni applaudit et remercie la troupe et le public à la fin de la représentation (Photo : Florent de Warren/Palais royal)

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Une création dans le contexte du Sommet de la Francophonie

Sur la scène, s’est également produite la star de la famille royale du Cambodge, la princesse Jenna. L’adolescente, petite-nièce du roi, est une star de la chanson et elle a interprété une chanson de Françoise Hardy. Elle aussi a un lien avec la France, sa mère étant la princesse Norodom Bupphary, et son père étant un homme d’affaires français. Le prince Norodom Chakrapong, frère du roi et grand-père de la princesse Jenna, a assisté au spectacle avec sa sœur, la princesse Arunrasmy. Le prince Tesso était bien entendu présent pour présenter son spectacle, accompagné de sa cousine, la princesse Norodom Chansita, fille de la princesse Buppha Devi.

La famille royale du Cambodge photographiée avant le spectacle : le prince Sisowath Tesso, directeur de l’École de danse Princesse Buppha Devi, Kuy Sophal, vice-Premier ministre et ministre du Palais royal, le prince Norodom Chakrapong, le roi Norodom Sihamoni, la princesse Norodom Arunrasmy, la princesse Sisowath Pongneary Monipong et Phoeurng Sackona, ministre de la Culture et des Beaux-Arts (Photo : Florent de Warren/Palais royal)
Le prince Norodom Chakrapong, frère du roi, avec sa fille, la princesse Pongsorya et le roi Norodom Sihamoni. Le roi est entouré de la princesse Pongsorya et de son époux, Seav Chhuon Ing, PDG de PROVIDA Spring Water, qui est le sponsor principal de l’événement (Photo : Florent de Warren/Palais royal)

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De nombreux mécènes sociétés et privés qui ont permis le financement de cette production, ont assisté au spectacle. Certains ont aussi eu l’occasion de rencontrer le souverain cambodgien de 73 ans. Parmi eux, Stephane Ruffier Meray, qui a remis au roi du Cambodge une peinture de l’artiste Marina Plotnikova. La peintre, qui est l’épouse du comte Armand Louis de Malestroit, a réalisé un portrait du roi Norodom 1er, d’après une photographie officielle de John Thomson de 1966.

Stephane Ruffier Meray et le prince Tesso présentent au roi Norodom Sihamoni un portrait du roi Norodom 1er, réalisé par l’artiste Marina Plotnikova (Photo : Florent de Warren/Palais royal)
Nicola Berto, Isabella Muratori, le prince Norodom Narithipong, le prince Sisowath Tesso, Stephane Ruffier-Meray et le prince Norodom Buddhapong (Photo : Florent de Warren/Palais royal)

Le spectacle annonce aussi un autre événement important, le 20ᵉ Sommet de la Francophonie qui se tiendra au Cambodge du 14 au 16 novembre 2026. Le roi Norodom Sihamoni, francophone et francophile, a déclaré que le Cambodge souhaitait « réitérer son adhésion aux valeurs de la Francophonie » et espérait « pouvoir partager avec les autres mondes francophones les singularités de la Francophonie en Asie-Pacifique ». C’est la première fois que le sommet aura lieu au Cambodge.

La ministre de la Condition féminine, Ing Kantha Phavi, la princesse Jenna Norodom, Carolyne Pung, vice-présidente de Canadia Group et l’entrepreneur Thierry Tea (Photo : Florent de Warren/Palais royal)
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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est un journaliste spécialisé dans les familles royales et l'histoire des monarchies européennes et mondiales. Nicolas Fontaine a fondé Histoires Royales, le premier média en ligne dédié à l'actualité des têtes couronnées en 2019. nicolas@histoiresroyales.fr