Généalogie complète de la famille impériale du Brésil depuis la fin de la monarchie : Querelle des Vassouras et des Petrópolis

Le 15 novembre 1889, un coup d’État renverse l’empereur Pierre II du Brésil. La république est proclamée dès le lendemain. Les Brésiliens ne se sont jamais montrés antimonarchiques, mais le coup d’État a sonné le glas de la dynastie des Orléans de Bragance, à la tête du pays. Quelques années avant cet événement, l’empereur lui-même avait fait savoir qu’il avait des doutes quant à la possibilité que sa fille, Isabelle devienne impératrice. La Constitution permettait pourtant qu’une femme monte sur le trône. L’empereur avait vu dans la mort jeune de ses deux fils, un mauvais présage…

Les 130 ans de la fin de la monarchie au Brésil

Aujourd’hui, les Brésiliens fêtent la fin de la monarchie. Pourtant, la famille impériale brésilienne est bien présente et continue toujours ses activités, comme si de rien n’était. À peu de choses près… Deux branches se disputent le titre de prétendant au trône impérial. La branche de Vassouras et la branche Petropolis. Les nombreuses renonciations au trône, les querelles familiales, les mariages morganatiques et les nombreux enfants de certains héritiers compliquent la compréhension des non-initiés.

Pourquoi y a-t-il deux prétendants au trône au Brésil ?

Le 17 novembre 1889, deux jours après la fin de la monarchie, l’empereur Pierre II part en exile. À la mort de Pierre II, mort en exile à Paris en 1891, c’est sa fille aînée, Isabelle qui devient la prétendante au trône. Elle installe sa famille dans le château d’Eu, en Normandie. En 1920, le président brésilien Pessoa met fin à l’exile de la famille, mais la princesse Isabelle n’a pas le temps de retourner au Brésil. Elle meurt au château d’Eu en 1921. Deux de ses quatre enfants sont morts de maladies. À sa mort, il lui reste deux enfants, le prince Pedro de Alcântara et le prince Luis. C’est ici que deux branches de la famille impériale se forment. La branche de Petropolis est composée des descendants de Pedro. La branche Vassouras est descendante de Luis.

Dom Luis de Orleans e Bragança, actuel prétendant au trône impérial du Brésil, de la branche Vassouras

Comprendre la querelle des Vassouras et des Petropolis

Isabelle avait désigné comme héritier son deuxième fils, le prince Luis. En effet, le prince Pedro avait renoncé à ses droits, ainsi qu’à ceux de ses descendants, en choisissant d’épouser la comtesse tchèque Élisabeth Dobrzensky de Dobrzenicz. En 1908, il renonce à ses droits, sa mère refusant de valider un mariage avec une comtesse, considéré comme un mariage morganatique.

À la mort d’Isabelle, en 1921, c’est donc son deuxième fils, Luis qui lui succède. C’est alors que le fils aîné de Pedro, Pedro Gastão, a commencé à revendiquer ses droits, affirmant que la renonciation de son père était nulle. En effet, selon lui, la constitution brésilienne n’a jamais imposé qu’un membre de la famille royale soit obligé d’épouser une autre personne de sang royal. Selon Pedro Gastão, sa grand-mère Isabelle aurait outrepassé ses droits en choisissant de rendre son fils aîné non-dynaste à cause de son mariage.

Aujourd’hui, la querelle des Vassouras et des Petropolis ne fait presque plus rage. Depuis 2007, à la mort de Pedro Gastão, son fils aîné, Pedro Carlos, ne montre pas de prétention virulente. Le discret prince Pedro Carlos a néanmoins hérité du titre de prétendant au trône de son père pour la branche Petropolis. Son héritier présomptif est son fils aîné, Pedro Tiago, lui aussi né en 1979 d’un mariage morganatique.

Pour les Vassouras, leurs cousins Petropolis n’on droit qu’au prédicat d’Altesse royale, celui qui appartient à la famille d’Orléans. Le titre d’Altesse impériale est porté par la branche Vassouras, qui est habituellement considérée comme la branche légitime lorsque la famille impériale brésilienne est conviée à des commémorations. À la mort du prince Luis, c’est son fils ainé, le prince Pedro Henrique qui lui a succédé à l’âge de 13 ans.

Pedro Henrique eut 12 enfants, ce qui eut pour effet d’agrandir considérablement la généalogie de la famille. De nombreux enfants n’eurent aucune envie de prolonger la dynastie et renoncèrent à leurs droits. La façon la plus simple d’y arriver, fut de contracter un mariage morganatique ou de se marier sans l’autorisation de Pedro Henrique. Ainsi, parmi ses 12 enfants, 7 ont renoncé volontairement ou involontairement à leurs droits dynastes pour eux et leurs descendants.

Quel futur pour la famille impériale du Brésil ?

Le fils aîné de Pedro Henrique, le prince Luiz, né en 1938, a hérité du titre de chef de famille à la mort de son père, en 1981. Le prince Luiz n’a pas d’enfants. Ainsi, à sa mort, c’est l’un de ses frères ou sœurs qui héritera du titre de chef de famille. Son frère puiné, le prince Eudes a renoncé à ses droits. C’est donc son deuxième frère dans l’ordre d’ainesse, le prince Bertrand qui lui succèdera. Le prince Bertrand n’a pas d’enfants lui non plus. Après Bertrand vient Fernando, qui a renoncé à ses droits, puis Antonio. Antonio, bien qu’ayant épousé Christine de Ligne, qui n’est pas de sang royal, se considère effectivement comme deuxième dans l’ordre de succession. Le prince Antonio a déjà désigné son fils Rafael, comme étant son successeur, puisque sa fille aînée Amélia a fait savoir qu’elle renonçait au trône et que son fils aîné, le prince Pedro Luiz est mort brutalement dans un accident d’avion.

Rafael de Orleans e Bragance avec sa sœur cadette Maria Gabriela et Amélia Maria, sa sœur ainée qui a renoncé à ses droits en sa faveur

Ci-dessous, l’arbre généalogique de la famille d’Orléans-Bragance depuis Pierre II. Pour voir l’arbre de Orleans e Bragança en haute définition, cliquez ici !

L’arbre généalogique des Orleans e Bragança :

Le pouce en bas signifie que la personne a renoncé à ses droits dynastes ou en a été privée. Les descendants de cette personne sont donc « effacés », ceux-ci étant également privés de leurs droits. Les prétendants au trône impérial de la branche Petropolis sont encadrés en bleu et leurs héritiers présomptifs en pointillés. Les prétendants au trône de la branche Vassouras sont encadrés en violet et leurs héritiers présomptifs en pointillés.

Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr

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