Une pièce exceptionnelle par son style et exceptionnelle par son histoire passera prochainement sous le marteau à Genève. Le diadème collier Cartier ayant appartenu à la duchesse de Devonshire a été porté pour le couronnement de la reine Elizabeth II en 1953 et lors de l’avant-première du film Hurlevent en 2026. De style Art déco, ce bijou comprend six opales noires et des diamants de tailles variées. Il est estimé à un million d’euros.
Le diadème collier d’opales noires appartenant à la Maîtresse de la garde-robe de la reine Elizabeth II en vente chez Sotheby’s
Le 11 novembre 2026, la maison de ventes Sotheby’s passera sous le marteau un lot de bijoux aux origines nobles et royales. Il y a notamment un diadème Mellerio offert à la première comtesse de Paris qui pourrait intéresser les collectionneurs en raison de son histoire particulière. La pièce maîtresse de cette vente est un diadème collier de la duchesse de Devonshire. L’estimation actuelle varie entre 840 000 et 1 200 000 euros.

Comme beaucoup de bijoux de ce type, il est entièrement démontable. Les cinq opales principales peuvent ainsi se porter en broches séparées. La pièce centrale se porte en bijou de corsage, et grâce à sa structure modulable, l’ensemble se transforme en collier ou en diadème. De style Art déco, il est serti de diamants aux tailles variées, dont des tailles baguettes et un diamant en forme de poire suspendu au centre du collier. Sa singularité tient aussi au choix de l’opale noire. Il réunit cinq opales ovales, auxquelles s’ajoute une sixième opale au fermoir.

Le bijou a été créé par Cartier à la fin des années 1930 pour Mary Gascoyne-Cecil, deuxième fille du vicomte Cranborne. Elle devint lady quand son père devint le marquis de Salisbury en 1903. En 1917, elle épousa Edward Cavendish, marquis de Hartington. Ce dernier hérita du titre de duc de Devonshire de son père en 1938. Il décéda en 1950, potentielle victime du serial killer John Bodkin Adams. Mary fut alors connue en tant que duchesse douairière jusqu’à sa mort en 1988.

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Sotheby’s suppose que le bijou a été commandé par Mary à l’occasion du couronnement du roi George VI en 1937. La famille était éminemment proche de la famille royale. Mary était elle-même la petite-fille de Robert Gascoyne-Cecil, 3e marquis de Salisbury, qui fut Premier ministre sous les règnes de la reine Victoria et de son fils, le roi Édouard VII. La mère de Mary fut aussi l’une des Dames de la Chambre de la reine Alexandra. Mary elle-même devint Maîtresse de la garde-robe en 1953, au couronnement de la reine Elizabeth II. Maîtresse de la garde-robe est le titre donné à la première dame de compagnie. La reine Elizabeth II n’a eu que deux Maîtresses de la garde-robe au cours de son règne de 70.

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Un diadème Cartier de la duchesse douairière de Devonshire évalué à 1 million d’euros porté en 2026 par Emerald Fennell
Sotheby’s explique que le couronnement de George VI fut une occasion exceptionnelle pour le joaillier français de réaliser de nombreuses commandes outre-Manche. Le couronnement a permis à la branche londonienne de Cartier « d’atteindre son apogée créative durant la période Art déco et d’expérimenter des matériaux et des formes inédites en haute joaillerie. » S’il n’existe pas de photos de la duchesse portant le bijou au couronnement de George VI, il existe bien des photos du bijou porté en collier au couronnement de la reine Elizabeth II en 1953.

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Le choix des opales rend aussi ce bijou particulier. À partir du 19e siècle, l’opale est tombée en désuétude, en raison des superstitions autour de cette pierre. La friabilité de la pierre, difficile à tailler, a également poussé les joailliers à dissuader leurs clients d’utiliser de l’opale dans leurs créations. Comme ce fut longtemps le cas lors de commandes, ce sont souvent des pierres appartenant à la famille qui sont utilisées lors de la création des bijoux. Dans ce cas, ces opales noires d’une qualité exceptionnelle appartenaient à Mary et Edward. Edward fut le président du Conseil des établissements d’outre-mer à partir de 1936. Il fut aussi sous-secrétaire d’État parlementaire pour l’Inde et la Birmanie (1940-1943) et pour les Colonies (1943-1945) dans le gouvernement de Churchill. Au décès de son père, lorsqu’il devint duc de Devonshire, il hérita de son siège à la Chambre des Lords. Lors d’un voyage officiel qu’il effectua dans les années 30 en Australie et en Nouvelle-Zélande, il reçut les opales en cadeau.

Mary Cavendish a porté ce collier a de nombreuses reprises, sous différentes formes. Sa participation aux événements royaux, aux premières loges à côté de la reine Elizabeth II, lui offert de nombreuses occasions de porter le collier. La malédiction des pierres d’opales s’est-elle abattue sur Mary ? Son fils aîné, William, qui avait épousé Kathleen Kennedy, la sœur du président américain John F. Kennedy, est mort au combat à 26 ans, en 1944. Quant à son époux, il est mort à 55 ans, potentiellement victime de médecin John Bodkin Adams, soupçonné d’être à l’origine du décès de 163 patients. Plus récemment, le bijou a été porté par la réalisatrice Emerald Fennell, lors de l’avant-première de son film Hurlevent à Londres. Le bjou appartenait jusqu’ici à la famille et aux descendants de Mary.