Le discours engagé de la princesse Noor Pahlavi à Oslo : « Nous ne nous battons pas pour un trône, nous nous battons pour la liberté d’un peuple »

La princesse Noor Pahlavi était invitée, ce mardi, à s’exprimer à la tribune du Forum pour la paix d’Oslo. La fille aînée du chef de la Maison impériale d’Iran a prononcé un discours engagé. La princesse Noor a soutenu l’ambition de son père de diriger temporairement le pays, jusqu’à la mise en place d’élections démocratique, assurant que son « père et sa coalition grandissante sont prêts pour la transition ».

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La princesse Noor Pahlavi invitée au Forum d’Oslo pour la paix

Le Forum d’Oslo pour la liberté (OFF) est un rassemblement international de défenseurs des droits humains, organisé par la Fondation pour les droits humains (HRF). Le forum se déroulait cette année du 31 mai au 2 juin, dans la capitale norvégienne. La Norvège est aussi le pays qui décerne les Prix Nobel de la paix. Durant trois jours, des personnalités, des hommes politiques, des dirigeants d’ONG et des journalistes faisaient partie des orateurs du forum.

La princesse Noor prononce un discours engagé au Forum d’Oslo pour la paix, ce 2 juin 2026

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La princesse Noor Pahlavi, 34 ans, était invitée à prendre la parole devant l’assemblée, lors du dernier jour de la conférence. La princesse Noor est la fille aînée du prince héritier Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran et chef de la famille impériale. La princesse Noor est une femme engagée, si bien qu’elle pourrait être l’héritière dynastique de son père. Depuis le début de la guerre en Iran, le monde entier a appris à connaître le prince héritier Reza, qui vit en exil aux États-Unis, et qui se présente officiellement comme candidat pour diriger temporairement le pays, si le régime des mollahs venait à tomber.

Au début de son discours, la princesse Noor a d’ailleurs voulu clarifier la position de son père et ses prétentions. « Je vais donc être très claire. L’objectif de mon père, et le nôtre en tant que famille, est unique », commence la jeune femme. Son père souhaite « une transition vers des élections libres et équitables au cours desquelles les Iraniens décideront de leur avenir. » La princesse Noor l’affirme : « Nous ne nous battons pas pour un trône, nous nous battons pour la liberté d’un peuple qui en est privé depuis 47 ans. »

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« J’ai grandi avec les récits de ma grand-mère sur l’Iran »

La princesse Noor n’a jamais mis un pied en Iran. Elle est née à Washington en 1992, soit 13 ans après la chute du chah. « Je n’ai jamais arpenté ses rues, touché son sol, ni regardé le soleil se lever sur les montagnes de l’endroit que ma famille considère toujours comme son foyer », explique Noor. « Ce n’a jamais été mon choix. L’exil est l’une des nombreuses punitions que ce régime a infligées non seulement à ma famille, mais aussi à des millions d’Iraniens dispersés à travers le monde. » La princesse Noor connaît l’Iran à travers les récits de sa grand-mère, l’impératrice Farah, dont elle est très proche.

La princesse Noor soutient le projet de son père pour l’Iran

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« J’ai grandi avec les récits de ma grand-mère sur l’Iran. Elle parlait d’une nation aux rues pleines de couleurs, animées par la musique, l’art, le débat, l’ambition et les possibilités. Un Iran qui était un pilier de paix, de prospérité et de stabilité pour la région, et un allié du monde occidental. Pendant de nombreuses années, ces histoires m’ont semblé presque mythiques, comme des fragments d’une civilisation perdue. Puis, lorsque les réseaux sociaux ont fait leur apparition, j’ai commencé à recevoir des messages, des centaines, puis des milliers. Une ligne directe s’est établie pour la première fois entre moi et le peuple. Chaque jour, ils me demandaient d’être leur porte-parole. C’est pourquoi je suis ici, car je me dois, envers le peuple iranien, de prendre la parole alors qu’il a été réduit au silence. »

La princesse Noor a été témoins de la popularité de son père, lorsqu’elle l’a accompagné au congrès de l’Unité nationale pour l’Iran, à Munich. Lors de ce congrès, des représentants de toutes les factions politiques, de toutes les confessions et de toutes les régions s’étaient rassemblés pour former la plus large coalition de forces d’opposition iraniennes jamais constituée. « Tout au long de cette journée, des mères et des pères dont les enfants avaient été tués par la République islamique se sont approchés de mon père », explique la princesse. « Ils l’ont regardé dans les yeux, l’ont embrassé et ont pleuré sur son épaule. À la fin de la soirée, sa veste était trempée de leurs larmes. J’ai repensé à cette veste à maintes reprises depuis. »

La princesse Noor esquisse aussi sa vision de l’Iran du futur. « Un Iran démocratique et laïc où le pouvoir appartient au peuple dont les larmes ont trempé cette veste. Car ce qui se nomme la République islamique d’Iran n’est pas un gouvernement. Les gouvernements gouvernent. Ils servent et protègent leurs citoyens. La République islamique est une force d’occupation qui exploite le sol iranien, les ressources iraniennes et les vies iraniennes pour consolider son propre pouvoir et exporter son idéologie. »

La princesse Noor Pahlavi dénonce la complicité internationale en décidant de ne pas agir

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« Mon père et sa coalition grandissante sont prêts pour la transition »

« Quel gouvernement transforme l’eau potable d’une nation en boue dans l’un des pays les plus riches en ressources de la planète ? Quel gouvernement fait passer le taux de change de 70 rials à 1,5 million pour un dollar en deux générations ? Quel gouvernement laisse la moitié d’une nation sous le seuil de pauvreté tout en finançant des milices de Gaza au Yémen ? Quel gouvernement construit des armées non pas pour protéger le peuple, mais pour l’opprimer ? » Noor Pahlavi a également parlé de Masha Amini, cette femme qui avait été battue à mort pour avoir laissé entrevoir une mèche de ses cheveux.
« Le monde, l’espace d’un instant, a prononcé son nom aux côtés des Iraniens. Mais ensuite, le monde est passé à autre chose », déplore Noor Pahlavi.

« La République islamique n’a aucun mandat, aucune légitimité, aucun droit de parler au nom de l’Iran ». La princesse a également dénoncé l’inaction internationale, y compris de la Norvège. « Bien qu’elle sache tout cela, la Norvège, le pays qui décerne le Prix Nobel de la paix, a envoyé son vice-ministre des Affaires étrangères s’asseoir face à leurs meurtriers à Téhéran, au 75e jour d’un black-out Internet national. Non pas pour lancer un ultimatum, ni pour exiger des comptes, mais pour offrir sa reconnaissance. Lorsque vous serrez la main de meurtriers alors que leurs victimes sont réduites au silence dans l’obscurité, vous ne vous contentez pas d’abandonner ces victimes. Vous devenez complice de leur effacement. »

« Je ne suis pas ici pour vous demander de vous soucier de la situation. Se soucier, c’est passif. Je suis ici pour vous demander de faire un choix. Il n’y a pas de poignée de main neutre. Soit vous vous tenez aux côtés des 92 millions d’Iraniens qui se battent pour la liberté, soit vous serrez les mains ensanglantées de ceux qui les assassinent. Beaucoup s’inquiètent de ce qui va suivre. Mais la voie de la révolution est claire. À l’appel du peuple, mon père et sa coalition grandissante sont prêts pour la transition. Le Projet de prospérité de l’Iran est une feuille de route transparente et accessible au public pour reconstruire l’Iran. Nous avons fait le travail. L’avenir de l’Iran n’est pas un espoir. C’est un plan. »

La princesse Noor conclut son discours plus philosophiquement. « L’ancienne tradition zoroastrienne enseigne que le monde est en proie à une lutte interne entre la lumière et les ténèbres. Et que chaque acte de courage, aussi petit soit-il, est une flamme allumée contre ces ténèbres. Chaque fois que vous prononcez leurs noms, vous allumez une flamme. Chaque fois que vous refusez de laisser le monde détourner le regard, vous allumez une flamme. Ce régime peut couper Internet. Il peut tirer sur la foule. Il peut faire disparaître des corps. Mais il ne peut pas éteindre 92 millions de flammes. Et il ne peut pas réduire au silence les personnes présentes dans cette salle. J’ai passé toute ma vie hors d’Iran, séparée de mes frères et sœurs restés là-bas par une révolution que nous n’avons pas choisie. Mais je ne laisserai pas notre peuple être coupé de la conscience du monde. »

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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est un journaliste spécialisé dans les familles royales et l'histoire des monarchies européennes et mondiales. Nicolas Fontaine a fondé Histoires Royales, le premier média en ligne dédié à l'actualité des têtes couronnées en 2019. nicolas@histoiresroyales.fr