Une promenade à travers l’histoire à Versailles : Saint Louis, le prince Jean d’Orléans et l’allée des tilleuls de Marie-Antoinette

Ce 28 mai 2026, une messe en commémoration du 800e anniversaire du couronnement de Saint Louis fut célébrée à Versailles. Plusieurs personnalités étaient réunies autour du comte de Paris, chef de la famille royale de France, en mémoire du roi Louis IX, qui a régné sur la France entre 126 et 1270. Considéré comme un saint de son vivant après avoir accompli des miracles, il sera canonisé en 1290 par le pape Boniface VIII. Parmi les invités de cette célébration se trouvait la princesse Karina Andronikof (Bagration).

Dans cet éditorial, la princesse Karina Andronikof (Bagration) partage ses impressions à l’issue d’une cérémonie solennelle consacrée à la mémoire du seul roi de France canonisé. Son témoignage offre une perspective singulière : celle d’une femme contrainte de quitter une Ukraine déchirée par la guerre, mais qui a su, malgré les épreuves, les pertes douloureuses et les séquelles du traumatisme, préserver sa force intérieure et poursuivre son engagement au service des autres. 

Le 800e anniversaire du couronnement de Saint Louis à Versailles

Karina Andronikof (Bagration) – Certains événements restent gravés dans notre mémoire bien après qu’ils se sont déroulés. Pour moi, la commémoration du 800e anniversaire du couronnement de Saint Louis à Versailles a été l’un de ces jours rares et inoubliables.

Le 28 mai, j’ai eu l’honneur d’être invitée à assister à une messe solennelle dédiée à Saint Louis, roi de France. La cérémonie s’est déroulée dans la magnifique cathédrale Saint-Louis de Versailles et a réuni des invités unis par leur respect de l’histoire, de la tradition et du patrimoine spirituel français.

Le prince Jean d’Orléans, comte de Paris, et la princesse Karina Andronikof (Bagration) à Versailles le 28 mai 2026 (Photo : Karina Andonikof)

Parmi les personnes présentes se trouvait le prince Jean d’Orléans, comte de Paris et chef de la Maison royale de France, accompagné de son frère, le prince Eudes d’Orléans. La messe a été célébrée par Mgr Luc Crepy, évêque de Versailles, qui a évoqué la vie, la foi et l’héritage durable de Saint Louis, l’une des figures les plus admirées de l’histoire de France.

L’atmosphère à l’intérieur de la cathédrale était à la fois solennelle et inspirante. Entourée de plusieurs siècles d’histoire, il était impossible de ne pas réfléchir à la remarquable continuité de la culture et de la tradition françaises.

En tant que journaliste et princesse, j’ai eu le privilège de rencontrer de nombreuses personnalités éminentes, des membres de familles royales et des représentants des dynasties historiques d’Europe. Pourtant, parmi tous ceux qui incarnent et représentent aujourd’hui la tradition royale française, c’est le prince Jean d’Orléans qui m’a le plus impressionnée. Ce qui m’a frappée, ce n’est pas seulement son intelligence et sa profonde connaissance de l’histoire, mais aussi sa gentillesse, son charme naturel et sa capacité authentique à mettre les gens à l’aise. Dans un monde où les personnalités publiques sont souvent distantes, il possède une rare combinaison de dignité, d’accessibilité et d’humanité.

Un petit incident de cette journée me fait encore sourire. Avant l’événement, j’ai reçu un appel du photographe qui accompagne Son Altesse Royale dans divers projets depuis de nombreuses années. Il m’appelait pour m’informer qu’il arriverait en retard. Excitée et légèrement nerveuse, j’ai complètement oublié toutes les règles de l’étiquette. Sans réfléchir, je me suis adressée au prince en l’appelant « Monsieur le Roi ».

Il y eut un bref silence avant qu’il n’éclate d’un rire chaleureux et ne réponde qu’il se souviendrait probablement de cette petite confusion pour le reste de sa vie. Ma gêne s’est rapidement dissipée grâce à sa bonne humeur. Ce fut un moment simple, mais qui a révélé son caractère bien mieux que n’importe quel discours officiel n’aurait pu le faire.

La cérémonie elle-même fut profondément émouvante. Debout sous les voûtes de la cathédrale Saint-Louis, entourée de siècles de foi et d’histoire, j’ai ressenti cette atmosphère unique que seuls des lieux comme Versailles peuvent offrir. Pendant quelques heures, la distance entre le passé et le présent a semblé s’effacer.

À la fin de la journée, j’ai quitté la cathédrale et j’ai pris le chemin du retour en empruntant l’allée de tilleuls en fleurs autrefois fréquentée par Marie-Antoinette. Le doux parfum des fleurs embaumait l’air du soir, tandis que la lumière dorée du coucher de soleil baignait Versailles d’une lueur intemporelle. La beauté et la tranquillité de cette promenade ont offert la conclusion parfaite à une journée consacrée à la mémoire, à la tradition et à l’histoire.

Je suis rentrée chez moi avec de merveilleux souvenirs : l’hommage solennel rendu à Saint Louis, l’atmosphère intemporelle de la cathédrale et l’occasion de passer du temps en compagnie d’un homme dont l’intelligence, la dignité et l’humanité m’ont profondément marquée.

Pour moi, il ne s’agissait pas simplement d’une commémoration historique. C’était un rappel que l’histoire est toujours vivante, portée par des personnes qui respectent et préservent ses valeurs. Et tandis que je marchais sous les arbres en fleurs de l’allée de tilleuls de Marie-Antoinette, je ne pouvais m’empêcher de sentir que Versailles a une façon unique de faire doucement entrer le passé dans le présent.

Des journées comme celle-ci nous rappellent que l’histoire ne se limite pas aux livres, aux archives et aux monuments. Elle perdure à travers les lieux, les traditions et les gens. À Versailles, entre les échos de Saint-Louis, la mémoire de Marie-Antoinette et la présence de ceux qui continuent d’honorer le riche patrimoine de la France, le passé semblait remarquablement proche — non pas lointain et oublié, mais vivant et durable.

Aujourd’hui, la princesse Karina Andronikof (Bagration) est rectrice d’honneur de l’Institut suisse de diplomatie culturelle. Elle poursuit parallèlement ses activités de journaliste et d’enseignante, tout en accompagnant les réfugiés et émigrés ukrainiens dans l’apprentissage de la langue française et leur intégration au sein de la société française. Elle travaille actuellement à la rédaction d’un ouvrage autobiographique destiné à retracer son parcours et à soutenir les femmes confrontées aux défis de l’exil et de la reconstruction personnelle.

Née en Ukraine en 1978 sous le nom de Karina Kharysova, elle est issue d’une famille de la noblesse russe descendant de participants au Mouvement blanc, dont les racines familiales réunissent les traditions des cosaques du Don, du Terek et du Kouban. Par son père, elle est héritière de la famille noble polonaise Malczewski, apparentée à la famille de la reine Marie Leszczyńska, épouse du roi Louis XV de France. Elle compte également parmi ses ancêtres la famille noble russe Khanzhonkov, dont est issu Alexandre Khanzhonkov, figure majeure et pionnière du cinéma russe. Par sa mère, elle appartient à l'ancienne famille noble polonaise Mazur. La princesse Karina a été mariée au prince Dimitri Bagration-Moukhranski, membre de la maison royale géorgienne des Bagration-Moukhranski. À la suite de leur divorce, le prince Nugzar Bagration-Grouzinsky, alors chef de la Maison royale de Géorgie, lui confirma le droit de conserver le nom de Bagration ainsi que le titre de princesse géorgienne, droit dont la légitimité avait auparavant été reconnue par une expertise historique et généalogique indépendante. En 2023, la princesse Karina Andronikof (Bagration) a épousé le prince Alexis Andronikof, issu de la noblesse russe et géorgienne. Le prince Alexis est un descendant attesté des empereurs Byzantins de la dynastie des Comnènes et est apparenté à la dynastie impériale des Paléologues. Après son mariage avec le prince Alexis Andronikof, il lui fut également permis d’adjoindre le nom de son époux à son patronyme et à son titre.
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Karina Andronikof (Bagration)

La princesse Karina Andronikof (Bagration) est rectrice d’honneur de l’Institut suisse de diplomatie culturelle. La princesse Karina fut mariée au prince Dimitri Bagration-Moukhranski, membre de la famille royale géorgienne et est à présent mariée au prince Alexis Andronikof, descendant des empereurs Byzantins de la dynastie des Comnènes.