« J’ai honte pour la France » : le prince Charles-Philippe d’Orléans dénonce une crise de l’autorité

Après les violences et les pillages du 17 octobre, le prince Charles-Philippe d’Orléans livre une tribune particulièrement critique sur l’état de la France. Il dénonce une crise de l’autorité, une rupture dans la transmission des valeurs et l’impuissance des institutions. Pour lui, la responsabilité de cette situation engage l’ensemble des Français et il défend une refonte du rôle de l’État autour de la justice, de la sécurité et des relations extérieures.

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« C’est une tragédie. Et j’ai honte »

Les images de vitrines brisées aux quatre coins de la France, de commerces pillés et de bâtiments publics incendiés ont marqué ces derniers jours avec pour apogée la journée du samedi 17 octobre 2026. C’est dans ce contexte que le prince Charles-Philippe d’Orléans, duc d’Anjou, prend la parole dans une tribune qu’il partage sur son site. « Après le week-end de violences qui a ravagé nos villes, il faut regarder la vérité en face : la responsabilité de notre déclin n’appartient pas à un homme, mais à nous tous », écrit-il en introduction. Avant d’ajouter que la France ne retrouvera son destin qu’en se donnant « un chef d’État fort qui ne serve que ses intérêts et ceux des Français ».

Le prince Charles-Philippe d’Orléans, duc d’Anjou, partage son avis sur les pillages et les violences du 17 octobre 2026 (Photo : David Nivière)

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Le prince Charles-Philippe, descendant du roi Louis-Philippe 1er, commence par condamner fermement les dégradations et les pillages. Il distingue les revendications exprimées par ceux qui manifestaient contre la vie chère des actes commis en marge des rassemblements, refusant que les unes puissent justifier les autres. « Je veux le dire sans détour : je condamne toutes ces violences, sans exception et sans circonstance atténuante. Les pillages, les vols, les menaces contre des commerçants qui ont mis une vie à bâtir leur affaire, les attaques contre les agents qui servent nos communes, les agressions contre nos policiers et nos gendarmes, quels qu’en soient les auteurs. »

« Celui qui pille une boutique ne revendique rien : il vole. Celui qui frappe un gendarme ne défend aucune cause : il frappe la France. C’est une tragédie. Et j’ai honte. Non pas honte de la France, mais honte pour elle. »

Ces violences ont frappé des commerçants déjà confrontés à des difficultés économiques. Pour le prince de 53 ans, les conséquences de ces actes dépassent ainsi les seuls dégâts matériels. Il y voit le symptôme d’un affaiblissement plus profond du respect de la loi et de l’autorité. Il reconnaît que certaines revendications concernant l’école peuvent être légitimes mais il estime que les difficultés rencontrées par les élèves ne sauraient justifier les actes de destruction.

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Le duc d’Anjou dénonce une crise de la transmission et des repères collectifs

Son analyse se concentre ensuite sur ce qu’il décrit comme une culture du ressentiment, dans laquelle les individus attribueraient systématiquement leurs difficultés à la société plutôt que de s’interroger sur leur propre responsabilité. « La philosophe Julia de Funès a mis un nom sur ce mal : “la grammaire du ressentiment”. Le mot est juste, et il est terrible », poursuit-il. Le prince développe cette idée en opposant la colère à l’effort, la revendication à la responsabilité et le rejet de l’autorité à l’apprentissage des règles communes. Il écrit notamment : « Voilà pourquoi la vitrine brisée n’est pas un cri : c’est un aveu. L’aveu d’une génération à qui l’on a appris à exiger avant d’apprendre à donner, à s’indigner avant d’apprendre à agir, à réclamer des droits avant de connaître ses devoirs. »

Son propos s’étend ensuite aux générations précédentes, auxquelles il reproche d’avoir insuffisamment transmis l’histoire, le sens de l’effort, le respect de l’autorité et l’attachement au pays. « On ne peut pas reprocher aux enfants de ne pas porter un héritage qu’on a refusé de leur confier », résume-t-il. Pour le prince Charles-Philippe, la crise de l’autorité ne relève pas uniquement de la réponse policière ou judiciaire. Elle s’inscrit également dans une crise de la transmission et des repères collectifs.

Le prince Charles-Philippe d’Orléans refuse ensuite de faire du président de la République l’unique responsable de la situation. À ses yeux, une telle lecture serait trop réductrice, car elle ferait abstraction du rôle des citoyens dans le fonctionnement des institutions démocratiques. « Le président de la République n’est pas responsable de tous les maux de la France. Les responsables des maux de la France, ce sont les Français », affirme-t-il.

Il rappelle que les dirigeants sont choisis par les électeurs et que la souveraineté populaire implique une responsabilité collective. Dans cette perspective, le vote ne peut être dissocié des conséquences des choix politiques. « La souveraineté n’est pas un droit sans contrepartie. Elle est une responsabilité », écrit-il encore. Cette position s’inscrit dans une réflexion plus large sur la défiance envers les institutions et la difficulté des gouvernants à répondre aux attentes de la population. Les manifestations du 17 octobre ont en effet réuni des participants aux motivations diverses, autour de la vie chère, des conditions d’enseignement et de la dégradation des services publics. Le prince propose, pour sa part, une interprétation centrée sur la responsabilité civique et la nécessité de restaurer un cadre commun.

Dans un passage particulièrement marqué par la défense de l’héritage national, le prince Charles-Philippe d’Orléans décrit une France divisée entre deux visions de la société. D’un côté, il place la France des traditions, du travail, de la famille, de l’école et du respect des règles. De l’autre, il dénonce une culture de la rupture, du ressentiment et de la violence. Il précise toutefois que cette séparation ne repose pas, selon lui, sur l’origine des personnes, mais sur leur rapport au pays et à ses valeurs.

« Cette ligne de partage n’est pas une affaire d’origine. Elle est une affaire d’adhésion. Est français, de cœur et d’âme, celui qui aime ce pays, respecte ses lois et veut le transmettre plus beau qu’il ne l’a reçu », écrit-il. Le prince met également en garde contre le risque d’une fracture plus profonde : « La guerre civile n’est jamais une fatalité. Mais il serait criminel de ne pas voir le chemin qui y mène. » Ces formules traduisent son inquiétude face à la polarisation de la société française.

Le prince Charles-Philippe termine en soulignant un paradoxe. Selon lui, on posséderait un appareil administratif important, mais une capacité insuffisante à assurer certaines de ses missions essentielles. « Voilà le paradoxe français : un État qui prétend tout régenter, de nos thermostats à nos assiettes, mais qui recule devant le pillard. Un État obèse là où il devrait être léger, et chétif là où il devrait être fort. À force de s’occuper de tout, il ne protège plus rien », écrit-il.

Il plaide pour un État plus concentré sur ses fonctions régaliennes, en particulier la justice, la sécurité et les relations extérieures. Le chef de l’État devrait, selon lui, être en mesure de garantir l’application rapide des décisions judiciaires, de protéger les citoyens et de défendre les intérêts français à l’étranger. « Ce qui manque à la France, ce n’est pas un État plus gros. C’est un État plus fort. Et un État fort commence par un chef d’État fort. » Dans cette conception, la restauration de l’autorité ne serait pas seulement une réponse aux désordres publics. Elle constituerait également une condition du redressement économique. Un environnement juridique stable et une sécurité mieux assurée favoriseraient, selon son raisonnement, l’investissement, l’embauche et l’initiative privée.

Au terme de sa tribune, le prince Charles-Philippe d’Orléans dessine les contours d’un redressement national fondé sur le travail, la transmission et la stabilité des institutions. « Alors pourra naître une autre France. Une France qui produit au lieu de redistribuer la pénurie. Une France qui crée au lieu de réglementer. Une France qui ose, qui bâtit, qui exporte, qui innove. Une France d’avenir, de progrès et de travail récompensé », écrit-il.

Son texte se conclut par un appel à retrouver des repères historiques et une ambition collective : « C’est dans les racines de notre histoire que naissent les plus belles promesses de l’avenir. Notre pays a besoin de repères, de hauteur et d’espérance. Il est temps que les Français, qui détiennent le pouvoir, s’en souviennent. »

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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est un journaliste spécialisé dans les familles royales et l'histoire des monarchies européennes et mondiales. Nicolas Fontaine a fondé Histoires Royales, le premier média en ligne dédié à l'actualité des têtes couronnées en 2019. nicolas@histoiresroyales.fr