Un groupe de manifestants s’est constitué à Tripoli, capitale de la Libye, en ce début d’année, suivant l’appel du prince Mohammed El Senussi, exprimé dans son discours annuel prononcé à l’occasion du Jour de l’indépendance. Lors de cette marche, les manifestants ont appelé à la mise en œuvre d’une constitution qui instaurerait la monarchie dans le pays.
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La jeunesse libyenne répond à l’appel du prince Mohammed El Senussi
En 1951, la Libye prend son indépendance et unifie trois émirats, la Cyrénaïque, la Tripolitaine et le Fezzan. Idris, de l’ordre des Senussi et émir de Cyrénaïque, devient le premier roi du royaume de Libye. Il sera évincé par un coup d’État en 1969. Le roi Idris 1er est mort en Égypte en 1983. L’histoire du régime de Kadhafi, celle du Printemps arabe, ou encore celle de l’intervention militaire internationale, de la guerre civile et des tentatives de processus d’unification sont bien connues et soulignent l’instabilité politique du pays. Parmi tous les acteurs qui œuvrent à instaurer la démocratie dans le pays, il y a le prince Mohammed El Senussi, petit-neveu du roi Idris et chef de la famille royale.

Chaque année, le prince Mohammed, fils du dernier prince héritier de Libye, prononce un grand discours à l’occasion du Jour de l’indépendance, le 23 décembre. Cette année, le prince a notamment encouragé les jeunes Libyens à s’engager de manière constructive et pacifique dans la construction de l’avenir du pays et à exprimer leurs aspirations par une participation citoyenne fondée sur le dialogue et la cohésion nationale.

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Le retour à la monarchie pour une Libye stable et unie
Ce 3 janvier 2026, un groupe de jeunes, constitués d’individus de la société civile et de membres d’associations se sont rendus dans la rue à Tripoli, pour suivre la demande du prince de se rassembler. Le groupe s’est rassemblé sur la place de l’Algérie et traversé la capitale en direction du palais Al-Khald, aujourd’hui transformé en musée. The Libya Observer explique que les manifestants ont marché avec des pancartes affichant le slogan : « Le royaume libyen… Notre chemin vers l’avenir ». Les participants exprimaient leur adhésion à la Constitution de l’indépendance de 1951. Ils ont la ferme conviction que la monarchie constitutionnelle est le cadre nécessaire pour retrouver l’unité en Libye.

Les organisateurs de la marche considéraient la revendication d’une légitimité constitutionnelle « non pas comme une simple prise de position politique passagère, mais comme un choix national conscient, tirant sa légitimité des sacrifices des pères et des grands-pères, et tourné vers un avenir sûr et stable, sous l’égide de l’État de droit et des institutions ». The Egyptian Gazette souligne aussi la diversité des manifestants, principalement des étudiants et aussi bien des hommes que des femmes.

La Libye possède l’une des populations les plus jeunes de la région, avec plus de la moitié de ses citoyens âgés de moins de 30 ans, rappelle The Egyptian Gazette. « Le chômage des jeunes, le manque de perspectives économiques et les difficultés rencontrées par les services publics demeurent des problèmes majeurs. Dans ce contexte, les initiatives récentes menées par des jeunes sont largement perçues comme le reflet d’une volonté croissante chez les jeunes Libyens de participer activement à la vie publique et de s’engager autour de principes nationaux partagés ».
Le roi Idris a eu six enfants mais aucun n’a vécu jusqu’à l’âge adulte. Son frère, le prince Mohammed El-Reda fut l’héritier du trône jusqu’à son décès en 1956. À cette date, c’est le fils de Mohammed El-Reda et neveu du roi, le prince Hassan, qui devint le prince héritier. Peu de temps avant le coup d’État qui mit fin à la monarchie, le roi Idris était en train de préparer son abdication, en faveur de son neveu. Le prince Hassan est mort à Londres en 1992 et son fils, le prince Mohammed, est aujourd’hui le chef de la famille royale en exil.