Le prince William, futur gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre, a assisté à l’installation de dame Sarah Mullally en tant qu’archevêque de Canterbury, la plus haute fonction de cette Église fondée en 1534. Pour la première fois, ce poste est occupé par une femme.
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Le prince de Galles fait un pas de plus vers sa prochaine fonction de gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre
Depuis le 28 janvier 2026, l’Église d’Angleterre est officiellement dirigée par une femme. Ce 25 mars 2026, dame Sarah Mullally a été installée officiellement en tant qu’archevêque de Canterbury au cours d’une cérémonie religieuse. Environ deux mille personnes ont assisté à cette célébration importante pour tous les Anglicans, parmi lesquels se trouvaient le prince et la princesse de Galles.

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Par la force des choses, le prince William se rapproche chaque jour un peu plus du trône. On le constate aussi, le prince de Galles assure de plus en plus souvent des engagements symboliques importants, comme cette cérémonie à laquelle il a assisté ce mercredi à la cathédrale de Canterbury. Lorsqu’il montera sur le trône, William devient le roi du Royaume-Uni, le roi et chef d’État de 14 autres royaumes mais aussi le gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre. En cette qualité, il portera officiellement le titre de Défenseur de la foi. Ce titre figure dans sa titulature complète officielle au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande. Le titre a été retiré de la titulature au Canada, en 2024.

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L’installation de dame Sarah Mullally marque un véritable changement pour l’Église d’Angleterre. Elle devient la première femme à assurer la fonction d’archevêque de Canterbury depuis que le titre a été créé en l’an 597. À la fin du 6e siècle, un moine bénédictin prénommé Augustin, quitte Rome, envoyé par le pape Grégoire pour christianiser les îles anglo-saxones. Le roi Æthelberht de Kent lui octroie le droit s’installer à Canterbury et de prêcher dans tout le royaume de Kent en 597. Il devient le premier prélat chrétien dépendant de Rome et il établira des évêchés dans d’autres villes, notamment à Londres. Il a également baptisé le roi Æthelberht.


L’archevêque de Canterbury est donc le titre chrétien le plus ancien dans les îles britanniques. De sa création jusqu’au 16e siècle, il est en communion avec l’Église de Rome et les papes. En 1534, le roi Henri VIII rompt son lien avec Rome et fonde sa propre Église, faisant basculer l’ensemble des structures religieuses de son pays dans sa nouvelle Église. L’archevêque de Canterbury, de par son ancienneté, reste le premier membre de l’Église par ordre de préséance et d’importance, juste derrière le monarque. Symboliquement, en tant que gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre, le roi Charles III en est son chef, ainsi que de la Communion anglicane mondiale. L’archevêque de Canterbury vient après le Roi.

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Dame Sarah Mullally a été installée en tant qu’archevêque de Canterbury en présence du prince William et de la princesse Catherine
La présence du prince William à la cérémonie prouve son envie de resserrer ses liens personnels avec l’Église qu’il devra un jour diriger. Ces dernières années, certains doutes ont été émis concernant son implication vis-à-vis de l’Église. La reine Elizabeth II affichait publiquement sa foi. Le roi Charles III, que l’on sait très pratiquant en privé, a déjà amorcé un changement d’attitude en public. Dès le début de son règne, Charles avait déclaré qu’il serait le monarque de toutes les fois.

Dans son tout premier discours en tant que Roi, au lendemain de la mort de la reine Elizabeth II, le 9 septembre 2022, Charles avait expliqué que sa « propre foi est si profondément enracinée » dans l’Église dans laquelle il a été éduqué. Toutefois, son pays étant en pleine mutation culturelle et communautaire, il tient à mettre en valeur d’autres religions, notamment lorsqu’il a adapté une partie du rituel de son couronnement pour y inclure d’autres confessions.
Quelques heures avant l’installation de Same Mullally, le Sunday Times a publié un article consacré à la relation entre le prince William et la religion. Le prince de Galles a confirmé qu’il vivait une « foi discrète » et qu’il ne pratiquait pas tous les jours. Cependant, « son attachement à sa foi chrétienne est indéniable », assurait une source proche du prince de Galles. « Alors qu’il se projette dans les responsabilités qu’il assumera un jour… il souhaite tisser des liens solides et significatifs avec l’Église et ses dirigeants », poursuit cette source. On y apprend aussi que la princesse de Galles a une spiritualité plus profonde depuis sa bataille contre le cancer en 2024.

En octobre 2025, Sarah Mullally avait été nommée pour succéder à Justin Welby au poste d’archevêque de Canterbury. Sa nomination prenait effet officiellement le 6 janvier 2026 mais la cérémonie d’installation ne s’est déroulée que ce 25 mars. Sarah Mullally avait été distinguée dame commandeur de l’ordre de l’Empire britannique en 2005, par Elizabeth II, lui permettant ainsi d’utiliser l’appellation « dame », l’équivalent féminin de « sir ». Ancienne infirmière, ordonnée prêtre en 2002, Sarah Mullally a dirigé l’évêché de Londres durant sept ans, avant d’obtenir le plus haut poste possible au sein de l’Église d’Angleterre.
Le 4 février dernier, Sarah Mullally avait été conviée en audience par le roi Charles III au palais de Buckingham. Lors de cette rencontre, elle avait prêté allégeance au souverain et gouverneur suprême de l’Église. L’acte d’allégeance avait été prononcé en présence de l’évêque de Hereford, Richard Jackson, qui officie en tant que Clerk of the Closet (greffier ou aumônier privé du Roi en matière religieuse). Le lendemain, William et Kate s’étaient rendus au palais Lambeth, la résidence officielle de l’archevêque, afin de rencontrer Sarah Mullally et échanger à propos de leurs préoccupations communes.
Dame Sarah Mullally est connue pour ses positions progressistes en ce qui concerne les questions de société. Elle doit aussi effacer le souvenir de son prédécesseur, Justin Welby, qui a dû démissionner en novembre 2024, en raison de sa mauvaise gestion d’un scandale d’abus physiques et sexuels concernant 130 garçons et jeunes hommes. Sarah Mullally a 63 ans, ce qui signifie qu’elle peut maintenir son poste maximum sept ans. L’âge du départ à la retraite pour les évêques anglicans et de 70 ans.