La principauté de Liechtenstein abolit sa loi salique : les futures princesses intégreront l’ordre de succession au trône

Dans son discours de fête nationale, le prince héréditaire Alois de Liechtenstein a fait une annonce qui modifiera l’avenir de la dynastie. La famille princière a voté pour la modification des règles de la Maison princière, permettant dorénavant aux femmes de prétendre au trône. Le Liechtenstein était la dernière monarchie d’Europe à maintenir la loi salique.

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Le prince héréditaire Alois annonce une révision importante des règles internes de la Maison princière

Le 15 août, jour de l’Assomption de Marie est aussi le jour de la fête nationale au Liechtenstein. Cette petite principauté alpine, enclavée entre la Suisse et l’Autriche, était la dernière monarchie en Europe à maintenir une règle de primogéniture agnatique pour déterminer la succession au trône. Le prince souverain Hans-Adam II règne sur la principauté depuis 1989 mais en 2004 il a désigné son fils Alois comme régent. Depuis lors, le prince héréditaire Alois gère le pays à la place de son père, qui reste officiellement le chef de l’État.

En ce jour de fête nationale, le prince héréditaire Alois a prononcé son discours annuel face à la population assemblée dans la prairie située au pied du château de Vaduz. L’élément le plus marquant de son discours est la réforme apportée aux règles de la Maison princière. « Je suis heureux de pouvoir vous informer aujourd’hui d’une décision très importante pour notre Maison, dont certains aspects faisaient l’objet de discussions au sein de la famille depuis plusieurs décennies », a déclaré Alois.

Le prince héréditaire Alois de Liechtenstein prononce son discours annuel de fête nationale face à la population réunie en plein air à Vaduz, ce 15 août 2026. Il annonce l’abolition de la loi salique (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

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« La capacité à concilier la continuité et le renouveau est également un principe que nous cultivons au sein de la Maison princière », a assuré le prince de 58 ans. « Au cours de notre histoire séculaire, nous avons toujours eu à cœur de prendre nos décisions dans une perspective à long terme et après mûre réflexion. » L’héritier du trône a annoncé que ce mercredi les membres de la famille princière qui détiennent un droit de vote au sein du conseil de famille avaient voté à la majorité des deux tiers en faveur de l’abolition de la loi salique. Cette révision était discutée depuis la fin de l’année dernière.

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Fin de la primogéniture masculine au Liechtenstein

« Avec ces changements, nous souhaitons garantir qu’à l’avenir, la responsabilité de la Maison et du pays incombe à la personne qui dispose de la meilleure préparation pour assumer les tâches qui y sont liées. Il s’agit généralement des enfants du prince régnant ou de la princesse régnante, qui ont grandi ici et ont été familiarisés dès leur plus jeune âge avec les particularités du pays et de la Maison princière. » Le prince héréditaire précise que « toutes les descendantes de la Maison princière les mêmes droits de participation que les hommes dans les questions relevant du droit de la Maison ».

Cela signifie qu’à l’avenir, le premier enfant, quel que soit son sexe, deviendra l’héritier ou l’héritière du trône, puis, à terme, le prince ou la princesse de Liechtenstein. Alois n’a pas donné de détails concernant l’ordre de succession actuel. Au vu des déclarations, il semblerait que cette modification n’est pas rétroactive et concernerait donc les futurs enfants. Le prince héréditaire Alois et son épouse, la princesse héréditaire Sophie, ont trois fils et une fille, la princesse Marie Caroline. Cette dernière était d’ailleurs la seule enfant du couple présente aux célébrations de la fête nationale, accompagnée de son époux, Leopoldo Maduro Vollmer.

De gauche à droite : Leopoldo Maduro Vollmer, la princesse Marie Caroline, le prince Georg, le prince Joseph Wenzel, la princesse héréditaire Sophie, le prince héréditaire Alois, le prince Philipp et le prince Nikolaus (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

Actuellement, le prince Joseph Wenzel, fils aîné d’Alois et Sophie, est l’héritier présomptif du trône. À 31 ans, le prince effectue très peu d’apparitions publiques. La modification de l’ordre de succession ne devrait pas avoir d’influence sur cette première génération d’héritiers. Joseph Wenzel est bien le premier enfant du couple héritier. La princesse Marie Caroline est la deuxième enfant, viennent ensuite les princes Georg et Nikolaus. Il faudra attendre la publication du nouveau texte pour comprendre précisément si les princesses actuelles intégreront l’ordre de succession ou s’il s’agit seulement des enfants à naître.

La Maison princière de Liechtenstein possède son propre droit familial depuis des siècles, et plus de 400 ans sous forme écrite. Ce droit familial autonome est édicté par la Maison princière elle-même et inscrit dans la Constitution. Sur les dix monarchies héréditaires d’Europe, le Liechtenstein était le dernier pays à maintenir une primogéniture agnatique. Toutes les monarchies ont aboli cette règle à tour de rôle, au cours des dernières décennies, passant parfois par une règle transitoire de primogéniture à préférence masculine. Cette règle signifie que les femmes peuvent monter sur le trône mais au sein d’une fratrie, les membres masculins auront une priorité sur leurs sœurs. Cette règle était d’application autrefois au Royaume-Uni et en Espagne, et elle est toujours d’application à Monaco. Lorsque ces pays ont modifié leurs règles de succession, certains ont choisi d’appliquer les nouvelles règles de façon rétroactive, d’autres ont préféré appliquer ces règles uniquement aux membres nés après l’introduction de ces règles.

Arbre généalogique simplifié de la famille princière mettant en avant les ancêtres de la famille de Liechtenstein, de la famille royale de Bavière et de la famille impériale d’Autriche (Image : Histoires Royales)

La famille de Liechtenstein tire son nom d’un château qu’elle a possédé dès le 12e siècle au sud de Vienne. Cette noble famille est devenue une grande propriétaire terrienne, principalement en Bohême et Moravie, sans pour autant être une famille souveraine. Les comtes et seigneurs de Liechtenstein ont obtenu le titre de princes du Saint-Empire en 1608, sans territoire souverain. En 1699, les princes de Liechtenstein achètent le comté de Schellenberg et en 1712 le comté de Vaduz. En 1719, les deux petits comtés fusionnent en une seule principauté et l’empereur Charles VI du Saint-Empire reconnaît la souveraineté de ce nouvel État auquel il donne le nom du nouveau souverain, Liechtenstein. Le prince Antoine-Florian de Liechtenstein est le premier souverain de la principauté de Liechtenstein. Il faudra attendre deux siècles pour que le souverain habite lui-même dans son pays, qui autrefois n’était habité que par quelques bergers. Dès le début de son règne, vers 1938, le prince François-Joseph II devint le premier souverain du Liechtenstein à y vivre. François-Joseph II était le père de Hans-Adam II.

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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est un journaliste spécialisé dans les familles royales et l'histoire des monarchies européennes et mondiales. Nicolas Fontaine a fondé Histoires Royales, le premier média en ligne dédié à l'actualité des têtes couronnées en 2019. nicolas@histoiresroyales.fr