Le prince Albert II et la princesse Charlène avec le grand-duc Guillaume auprès du pape Léon XIV à Metz

Au quatrième jour de son voyage apostolique en France, le pape Léon XIV a posé les pieds à Metz. Le grand-duc Guillaume de Luxembourg, en proche voisin, a rejoint la ville lorraine pour assister au discours prononcé par le souverain pontife sur le thème des racines de l’Europe. Le prince Albert II de Monaco, en tant que chef d’un État européen catholique, était présent avec la princesse Charlène. Les deux co-princes d’Andorre étaient aussi présents.

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Les souverains monégasques retrouvent le pape Léon XIV à Metz

Le pape Léon XIV termine le cinquième voyage apostolique de son pontificat en rejoignant Metz. Après Paris et Lourdes, le Saint-Père passe la journée du lundi 28 septembre 2026 dans la capitale de l’ancienne Lorraine, une terre marquée par les guerres mais aussi par la réconciliation franco-allemande. La première partie de son programme était axée sur l’Europe, un événement plus institutionnel auquel le président Emmanuel Macron a souhaité assister. Le président français s’est chargé d’accueillir le souverain pontife vendredi puis il a laissé le pape assurer seul chacune de ses apparitions. Le couple présidentiel français était de retour auprès du pape ce lundi en Moselle.

Le président français et le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, applaudissent le pape Léon XIV (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)
Le pape Léon XIV est chaleureusement applaudi à Metz (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

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Le prince Albert II et la princesse Charlène de Monaco ainsi que le grand-duc Guillaume de Luxembourg ont été accueillis au Centre des Congrès de Metz par Emmanuel et Brigitte Macron. Le souverain cette visite en tant que voisin. Metz n’est située qu’à cinquante kilomètres de la frontière luxembourgeoise et à quarante kilomètres de la frontière allemande. Sa position, au carrefour de l’Europe, lui confère une importance particulière pour débattre de la construction européenne. Quant au prince Albert II, il s’agit de retrouvailles. Le pape Léon XIV avait effectué le deuxième voyage apostolique de son pontificat à Monaco, en mars 2026.

Le grand-duc Guillaume échange dans la bonne humeur avec le couple princier monégasque avant la conférence (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

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La famille grand-ducale, dont la ferveur catholique n’est plus à préciser, entretient un lien fort avec la papauté. Le pape François avait organisé une visite d’État exceptionnelle au grand-duché en septembre 2024, moins d’un an avant son décès et un mois avant l’abdication du grand-duc Henri. En janvier 2026, le grand-duc Guillaume et la grande-duchesse Stéphanie s’étaient rendus au Vatican et avaient été reçus par le pape Léon XIV au palais apostolique avec leurs deux enfants. La grande-duchesse Charlotte, arrière-grand-mère du grand-duc Guillaume, est aussi la dernière récipiendaire de la Rose d’or, l’ultime distinction remise par les papes depuis 1096. La grande-duchesse Charlotte est, encore aujourd’hui, la dernière personne ayant reçu la Rose d’or. Après elle, seuls des édifices religieux ont obtenu une Rose d’or. La récompense est dorénavant remise uniquement à des sanctuaires mariaux.

Le grand-duc Guillaume est assis entre Anke Rehlinger, ministre-présidente de la Sarre, et la princesse Charlène de Monaco (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)
Échange entre le président de la République française et le chef d’État de la Cité du Vatican sur la scène (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

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Le pape Léon XIV s’exprime sur les racines de l’Europe au carrefour de trois nations

Lors de cet événement auprès du pape, la princesse Charlène portait une tenue blanche, un privilège réservé à quelques souveraines catholiques dont les grandes-duchesses de Luxembourg et les princesses de Monaco. La princesse Charlène, convertie au catholicisme à l’occasion de son mariage avec le prince Albert II, accorde également une grande importance à sa foi. De plus, la principauté de Monaco et la principauté de Liechtenstein sont les deux seuls pays du continent à maintenir le catholicisme comme religion d’État. Même la principauté Andorre, qui est dirigée par deux princes, dont l’un est pourtant l’évêque d’Urgell et l’autre est le président français, n’a pas le catholicisme comme religion d’État. L’évêque d’Urgell, Mgr Josep-Lluís Serrano Pentinat, était présent à la conférence. Cet événement exceptionnel a donc permis aux deux co-princes d’Andorre, Josep-Lluís Serrano Pentinat et Emmanuel Macron, d’être réunis.

Le pape Léon XIV s’adresse à l’assemblée au dernier jour de son voyage apostolique en France (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)
Anke Rehlinger, le grand-duc Guillaume, la princesse et le prince de Monaco et Brigitte Macron à Metz (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

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Le pape Léon a prononcé un discours dans le cadre de la rencontre intitulée « Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité ». Cet événement était aussi l’occasion de rendre hommage à la mémoire de Robert Schuman, l’un des pères fondateurs de la construction européenne. Robert Schuman est né en 1886 à Luxembourg avec la nationalité allemande et a obtenu la nationalité française en 1919. Il fut ministre des Finances, des Affaires étrangères et de la Justice en France. Il a participé à la création de la CECA en 1951 et il fut le premier président du Parlement européen. À la fin de son mandat en 1960, le Parlement européen lui a décerné le titre de Père de l’Europe.

Le 267e chef de l’Église catholique prend la parole pour évoquer les racines de l’Europe (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

« Je suis très heureux de me trouver ici, dans cette ville historique, carrefour au cœur du continent, pour une rencontre au titre évocateur », a déclaré le pape en introduction de son discours. « Il est toujours difficile de donner une définition de l’Europe, tant pour le présent que pour le passé », poursuit le chef d’État de la Cité du Vatican. « L’Europe se comprend donc comme une réalité culturelle et historique avant même d’être une réalité géographique. Mais pour comprendre cette longue histoire, on ne peut passer sous silence un autre Père de l’Europe : saint Benoît, que le saint Pape Paul VI a proclamé son Patron en 1964. »

Le Premier ministre luxembourgeois, Luc Frieden, assiste à la conférence, assis à côté du coprince d’Andorre, l’évêque Josep-Lluís Serrano Pentinat (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

« On ne peut donc pas parler de l’Europe sans évoquer le christianisme. Robert Schuman en était lui-même conscient. » Le pape poursuit : « Dans le contexte multiculturel d’aujourd’hui, l’affirmation de l’universalité de ces valeurs, essentielle pour sa survie, passe à la foi par une redécouverte de ses racines et par l’ouverture au dialogue avec l’autre. Il s’agit d’une nécessité sociale et politique pour redécouvrir la place centrale de la personne humaine et donner une consistance réelle à des mots tels que liberté, démocratie, paix et unité. »

Le couple princier applaudit le Saint-Père après son discours (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

« Robert Schuman, qui a connu des frontières en constante évolution, a contribué à jeter les bases d’une Europe consciente de l’urgence d’abattre les murs qui la déchiraient », souligne le Saint-Père. « Sa formation chrétienne lui a inculqué la valeur de l’égalité, sans distinction de race ou de classe sociale, et lui a enseigné la dignité du travail. La succession de différentes souverainetés nationales lui a inculqué l’importance du droit international et la valeur de la parole donnée. Ayant grandi dans un contexte où l’orgueil et l’esprit de revanche semblaient prévaloir, Schuman s’est engagé en faveur de la paix et de la fraternité entre les peuples qui, après s’être longtemps affrontés, reconnaissaient enfin qu’ils avaient besoin les uns des autres. »

Emmanuel Macron applaudit le pape Léon XIV après son discours (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)
Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, remercie le pape pour son discours (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)

« En vous livrant ces réflexions, je pense avant tout aux jeunes, appelés à construire l’Europe d’aujourd’hui et de demain. (…) Aux jeunes, je dis : ayez le courage de vivre de manière responsable la mission de construire la paix, dans votre cœur, dans vos relations, au sein de votre famille, dans les écoles et les universités, dans la vie de vos villes, de vos pays et de toute l’Europe. Ne vous soumettez pas à la logique de la violence et de l’oppression. Aimez la vie à chaque instant, et n’ayez pas peur de l’avenir ! N’ayez pas peur de fonder une famille, de mettre des enfants au monde, de défendre la dignité de toute personne, du premier instant dans le ventre de sa mère jusqu’à son dernier souffle », a conclu le pape dans son discours.

Le pape salue une dernière fois son auditoire avant de poursuivre son programme à Metz (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)
En marge de la conférence, le chef d’État français a organisé une rencontre avec le chef d’État de la Cité du Vatican, le chef d’État luxembourgeois et le chef d’État monégasque. Jean-Claude Juncker, Luc Frieden, l’évêque Josep-Lluís Serrano Pentinat et Anke Rehlinger étaient également présents (Photo : Simone Risoluti/ Vatican Media/ ABACAPRESS.COM)

Avant ce discours, le pape et les principaux responsables des cultes ont participé à une rencontre interreligieuse. Chacun à leur tour, les responsables religieux ont lu un passage de l’appel interreligieux qu’ils ont collectivement rédigé au préalable. Cet « appel de Metz », signé ce 28 septembre est une déclaration interreligieuse appelant à la paix et rappelant que le projet européen ne doit pas céder au nationalisme, dans l’esprit des pères fondateurs comme Robert Schuman.

Jean-Claude Juncker, ancien Premier ministre luxembourgeois et ancien président de la Commission européenne, salue l’évêque d’Urgell, coprince d’Andorre (Photo : Jean-Claude Ernst/LUXPRESS)
Le pape Léon XIV assis entre le président de la Fédération protestante de France, Christian Krieger, le métropolite de France, de l’Église orthodoxe, Dimitrios Ploumis, le grand rabbin de France Haïm Korsia, le cardinal et archevêque de Marseille Jean-Marc Aveline, et le recteur de la grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Mohamed Hafiz (Photo : Aurelien Morissard/AP/SIPA)

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La journée n’est pas encore terminée, ni pour les souverains monégasques et le grand-duc Guillaume ni pour le pape. Dans l’après-midi, ils prendront place dans la cathédrale Saint-Étienne, où le pape Léon XIV célébrera son dernier office de ce voyage, avant de rentrer au Vatican.

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Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est un journaliste spécialisé dans les familles royales et l'histoire des monarchies européennes et mondiales. Nicolas Fontaine a fondé Histoires Royales, le premier média en ligne dédié à l'actualité des têtes couronnées en 2019. nicolas@histoiresroyales.fr