Des milliers de fidèles à la procession en mémoire du tsar Nicolas II malgré l’interdiction des autorités

La traditionnelle procession religieuse en mémoire de Nicolas II et de sa famille ne devait pas avoir lieu cette année. Il y a quelques jours, les autorités d’Ekaterinbourg avaient interdit la procession, en raison d’un rebond dans le taux de contamination au coronavirus dans la région. Les milliers d’orthodoxes attachés à la famille impériale ont respecté la tradition, quitte à se retrouver dans l’illégalité.

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La procession de l’église de Tous-les-Saints vers Ganina Iama a bien eu lieu en 2021

Ievgueni Kouïvachev, gouverneur de l’oblast de Sverdlovsk, avait annoncé sur Instagram il y a une dizaine de jours, que la traditionnelle procession de la croix du tsar, qui a lieu chaque année à Ekaterinbourg à l’occasion de l’anniversaire de la mort de l’empereur Nicolas II et de sa famille, était annulée en raison d’une augmentation significative du nombre de cas de contamination à la covid-19 dans la région.

(Photo : Donat Sorokin/Tass/ABACAPRESS.COM)

Le gouverneur a rappelé que l’année dernière les fidèles n’avaient respecté aucune mesure sanitaire, ne portaient pas de masque et ne gardaient pas les distances entre eux. Par conséquent, selon lui, la procession a déclaré un foyer de contamination. Pour ne pas que cela se reproduise, la commémoration religieuse avait été officiellement interdite.

Dans la nuit du 16 au 17 juillet, nuit qui fut celle de l’assassinat de toute la famille impériale russe il y a 103 ans, des milliers de fidèles de l’Église orthodoxe russe ont tout de même respecté la tradition, et ont participé à la procession.

Le métropolite local,Eugène d’Ekaterinbourg et de Verkhotourié, avait prévenu sur la plateforme Telegram qu’il ignorerait l’interdiction des autorités et que les fidèles étaient libres de se rendre là où «leur cœur leur dit» d’aller, rapporte Svoboda. Le responsable religieux avait indiqué qu’il s’agissait bien plus qu’un simple événement mais d’un moment «sacré» pour certains.

«Dans la situation épidémique actuelle, il ne peut y avoir de solutions parfaites. Chacun trouve indépendamment un équilibre entre courage et peur, responsabilité et bravoure, prudence et audace. J’irai certainement !», avait conclu le métropolite, qui dit tout de même comprendre la décision des autorités et qu’il «exhorte chacun à prendre le maximum de mesures pour protéger sa propre vie et celle de ceux qui l’entourent.»

L’église de Tous-les-Saints construites à l’emplacement de la villa Ipatiev (Photo : Wikimedia Commons)

La procession se déroule dans la ville de Iekaterinbourg depuis le début des années 1990. La procession démarre vers 2 heures du matin, de l’église de Tous-les-Saints, une église consacrée en 2003, construite à l’emplacement exacte où se trouvait la villa Ipatiev, là où ont été assassinés l’empereur Nicolas II, l’impératrice Alexandra, la grande-duchesse Olga, la grande-duchesse Tatiana, la grande-duchesse Maria, la grande-duchesse Anastasia et le grand-duc héritier Alexis.

Les fidèles arrivent à Ganina Iama aux aurores (Photo : Donat Sorokin/Tass/ABACAPRESS.COM)

La procession est longue d’environ 25 kilomètres et rejoint le site du monastère de Ganina Iama, près du village de Koptyaki. C’est ici, aux petites heures du matin du 17 juillet 1918 que les corps de Nicolas II et de sa famille ont été enterrés dans la forêt. Des bâtiments religieux et des lieux de recueillement ont été construits ces dernières années sur le site pour que les fidèles puissent s’y recueillir. Des fleurs poussent à l’endroit exact où se trouvait la fosse dans laquelle avaient été déchargés les corps. Il s’agit en réalité du lieu officiel où ont été enterrés les corps. Il existe plusieurs théories, et une version soutenue par l’Église orthodoxe. Il existe également un autre lieu de recueillement à Porosenkov Log.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr