Le roi Misuzulu des Zoulous va épouser prochainement la princesse Sihle Mdluli. La jeune femme sera sa quatrième épouse. Cette annonce intervient alors que le souverain traverse une période particulièrement délicate, marquée par plusieurs polémiques. Récemment, une vidéo filmée à l’insu du Roi le montre chez lui, en train de menacer sa troisième épouse.
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Un quatrième mariage et une énième polémique autour du roi Misuzulu
En mai 2021, Misuzulu est devenu le roi des Zoulous, choisi pour succéder à son père, le roi Goodwill Zwelithini, décédé en mars de cette même année. Dès les premiers jours de son règne, une faction de la famille a refusé de le reconnaître en tant que Roi. Dans les années suivantes, d’autres litiges sont apparus, notamment après avoir reçu une reconnaissance légale de la part du président d’Afrique du Sud. Plusieurs tribunaux se sont penchés sur l’affaire, certains validant, d’autres invalidant la reconnaissance légale.

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Cette semaine, l’entourage du roi Misuzulu a officialisé la nouvelle qui n’était qu’une rumeur : le roi des Zoulous va épouser prochainement une quatrième épouse. Samedi dernier, le roi Misuzulu, 51 ans, a rencontré la princesse Sihle Mdluli, 26 ans, fille aînée du chef de lignée traditionnel Mawewe, pour lui demander sa main dans le respect des coutumes locales. Cette cérémonie, appelée le lobola, est l’équivalent de fiançailles et est considérée comme l’une des étapes du mariage traditionnel. Le roi a offert 70 têtes de bétail à la famille de sa promise. La date de la cérémonie du mariage sera communiquée ultérieurement.
Le roi Misuzulu a déjà trois épouses : les reines Ntokozo kaMayisela, Nozizwe kaMulela et Nomzamo kaMyeni. L’Afrique du Sud doit composer avec les coutumes et la loi. La polygamie est profondément ancrée dans la culture de plusieurs ethnies. Une personne ne peut être mariée civilement qu’à une seule autre personne mais les autres mariages sont tolérés par une loi qui reconnaît les mariages coutumiers (Recognition of Customary Marriages Act de 1998). Cela engendre de nombreux problèmes lorsqu’il est question d’héritage et dans le cas où une autre épouse s’oppose à un remariage de son époux.
En raison de la position sociale élevée du père de cette future quatrième épouse, certains évoquent déjà qu’elle pourrait être celle qui engendrera l’héritier du roi. Les règles successorales zouloues reposent sur un ensemble complexe de traditions coutumières qui permettent de déterminer quelle reine sera l’épouse principale et quel fils succédera à son père. Le père de Misuzulu, le roi Goodwill Zwelithini, a lui-même eu six épouses et une quarantaine d’enfants. Le roi Misuzulu a succédé à son père dans un contexte de tensions familiales mais il a été légitimé par le statut de sa mère, la reine Mantfombi, qui était la fille d’un roi et la sœur du roi Mswati III, l’actuel roi d’Eswatini. Son oncle maternel est donc le roi Mswati III, chef d’État d’Eswatini, et il règne sur l’une des trois dernières monarchies d’Afrique.

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Une demande en mariage après une vidéo polémique
En janvier 2025, la première épouse du roi Misuzulu avait tenté d’empêcher le troisième mariage de son mari. La reine Ntokozo kaMayisela avait déposé plainte contre le roi pour polygamie. La justice locale est habituée à de telles situations et le juge avait donné raison au roi, rappelant que la première épouse avait préalablement consenti que son époux ait plusieurs épouses. Le roi et sa première épouse sont séparés dans les faits et la demande de divorce, rendue publique en 2025, ne semble pas encore actée.
Une autre polémique entache depuis peu l’image du roi Misuzulu. Il y a quelques semaines, une vidéo a été filmée au palais royal avec un téléphone portable à son insu. On y voit le roi Misuzulu en état d’ivresse. Il insulte et menace sa troisième épouse. « Tu es dehors sans ma permission. Quand on est une épouse, on demande la permission. Au moins, préviens ton mari », peut-on l’entendre dire dans cette vidéo qui est devenue virale sur les réseaux sociaux. À la fin de l’enregistrement, on distingue la troisième épouse dire : « Voilà la vie que je vis, jour et nuit ». Suite à cette polémique, la Maison royale a réagi et le roi lui-même a publié un communiqué pour présenter ses excuses et préciser que l’enregistrement datait et « ne reflétait pas la situation actuelle au sein de la Maison royale ».

Le roi des Zoulous n’est pas un chef d’État mais son statut de roi est reconnu légalement de plusieurs façons. Le président sud-africain a reconnu officiellement Misuzulu en tant que roi des Zoulous, et lui a délivré un certificat en mars 2022, malgré les tentatives ultérieures de l’annuler par la voie de la justice. L’Afrique du Sud est une république mais l’article 212 de la constitution sud-africaine reconnaît un certain nombre de royaumes traditionnels, dans lesquels les monarques jouent un réel rôle de médiateur au niveau local et un rôle symbolique, en tant que garants de la préservation culturelle de leur tribu ou ethnie. Le roi Misuzulu Zulu est le souverain du peuple zoulou, anciennement regroupé dans le Zoulouland, qui aujourd’hui fait partie de la province sud-africaine du KwaZulu-Natal. La fonction de roi des Zoulous s’accompagne de quelques actes officiels. C’est par exemple le roi qui est chargé d’ouvrir l’année parlementaire du parlement provincial du KwaZulu-Natal.

Le roi Misuzulu a été officiellement intronisé au cours de plusieurs cérémonies traditionnelles et officielles, en présence de présidents africains et d’autres leaders traditionnels, au stade de Durban. Le peuple zoulou est aujourd’hui l’ethnie majoritaire en Afrique du Sud avec plus de 10 millions de personnes. Les Zoulous sont principalement répartis dans l’est du pays, dans l’ancien Zoulouland qui fait aujourd’hui partie de la province du KwaZulu-Natal. Le roi des Zoulous y exerce un certain pouvoir et peut être amené à participer à des événements officiels.
Cette reconnaissance officielle permet aussi à la Maison royale d’être financée par l’État. Cette année, la monarchie zouloue a reçu une allocation d’environ 4,3 millions d’euros pour financer ses activités. Le roi Misuzulu est aussi l’un des plus importants propriétaires terriens du pays. Le roi est à la tête de l’Ingonyama Trust, la fiducie qui gère l’ensemble des possessions acquises par ses prédécesseurs. Ces possessions sont principalement des terres exploitables et des terrains constructibles. L’Ingonyama Trust possède environ 3 millions d’hectares de terre, ce qui représente un tiers de la superficie de la province. Les revenus tirés de l’exploitation de ces terres, loyers et production agricole, enrichissent la fiducie et indirectement le roi.