Le comte d’Atarés a tué sa compagne et une amie : la police découvre chez lui un arsenal et une fascination fasciste

Fernando González de Castejón, comte d’Atarés et marquis de Perijá, a mis fin à ses jours ce lundi, après avoir tué sa compagne et une autre personne. Le comte possédait un arsenal d’armes non déclarées. Le noble était connu pour des faits de violence et son mauvais caractère.

Lire aussi : Le marquis de Cirella a tué sa femme avant de se suicider

Le comte d’Atarés aurait tué deux personnes avant de se suicider

En 2012, après le décès de José Miguel López y Díaz de Tuesta, le ministère de la Justice, qui est en charge de régler la succession des titres de noblesse, avait accordé la transmission des titres du défunt à son petit-neveu, Fernando González de Castejón y Jordán de Urríes. Fernando était dès lors connu comme le 16e comte d’Atarés et le 9e marquis de Perijá. Le titre de comte d’Atarés s’accompagne de surcroît de la qualité de Grand d’Espagne. La Grandesse d’Espagne est la plus haute qualité accordée à un noble, juste avant celle d’infant ou d’infante accordée aux membres de la famille royale.

Fernando González de Castejón, comte d’Atarés et marquis de Perijá, serait l’auteur d’un double meurtre (Photo : capture d’écran vidéo 13tv)

Les qualités nobiliaires accordées à Fernando González de Castejón, 53 ans, ne s’accompagnaient malheureusement pas de la noblesse de cœur. Selon El Español, le comte entretenait de très mauvais rapports avec ses voisins. El Mundo explique que Fernando avait déjà fait l’objet d’une plainte pour mauvais traitement envers sa mère et sa sœur en 2009 mais la plainte avait été retirée.

Lire aussi : Les confidences de la reine Máxima à propos du suicide de sa sœur Inés

La police a découvert de nombreuses armes non déclarées

Vers 10 heures du matin ce lundi 20 juin, un riverain de la Calle Serrano à Madrid a appelé la police après avoir aperçu ce qu’il pensait être un cadavre gisant au sol. Après avoir défoncé la porte, les agents de la Police nationale ont découvert trois corps : celui du meurtrier présumé, de sa compagne et d’une autre femme. El Español ajoute qu’il est probable que les deux victimes soient décédées le dimanche et que l’auteur des faits se soit suicidé le lundi. L’histoire rappelle celle du marquis de Cirella qui a tué son épouse l’année dernière.

La police a trouvé une arme près des deux cadavres, qui serait l’arme présumée utilisée pour tuer Gemma Jimenez, 44 ans, et son amie, 70 ans. La relation entre la septuagénaire et le couple n’est pas encore certaine. Il pourrait s’agir de leur femme de ménage. Vraisemblablement, le comte aurait d’abord tué les deux femmes et plus tard, il aurait retourné un fusil de chasse pour mettre fin à sa vie. Gemma qui se trouvait dans la cuisine, alors que les deux autres corps ont été retrouvés dans le salon, « est morte d’un coup de feu qui lui a défiguré le visage. Les agents ont mis un certain temps à l’identifier, alors ils ont d’abord cru qu’elle était une personne du service domestique et que la femme décédée dans la pièce pouvait être la mère du comte en raison de son âge ».

La presse locale explique que depuis le confinement, le comte avait pris l’habitude de sortir sur son balcon pour agiter des drapeaux franquistes. La police aurait retrouvé chez lui un certain nombre d’objets et des documents concernant Franco et Hitler. « Il y avait aussi un tableau avec une croix militaire avec une croix gammée au centre », écrit El Mundo. C’est surtout l’impressionnant arsenal d’armes qui a inquiété la police. « Dans son appartement de 200 mètres carrés, il y avait aussi un arsenal avec des arcs, des flèches, des fusils de chasse, des silencieux, des couteaux de combat, des munitions et un uniforme militaire ». La fille de 10 ans du couple était en vacances à Paris au moment des faits et est prise en charge dans la famille.

Selon les voisins, les policiers avaient déjà dû intervenir après plusieurs plaintes de voisinage concernant des tirs dans la cour de l’immeuble. La relation avec les voisins s’était dégradée depuis juin 2015, quand le comte était rentré tard le soir sans ses clés, après une rencontre avec le roi Felipe VI. Ce jour-là, il avait assisté à une rencontre à l’occasion du bicentenaire de la Députation des Grands d’Espagne. Ne retrouvant plus ses clés, il avait alors fait du chahut auprès de ses voisins.

En 2015, le roi Felipe VI avait reçu au Palais royal du Pardo, à Madrid, les Grands d’Espagne, dont le comte d’Atarés, à l’occasion du bicentenaire de la Députation de la Grandesse d’Espagne (Photo : Casa Real de SM el Rey)

Vanitatis explique que son grand-oncle était à la tête d’une immense fortune lorsqu’il est décédé sans enfants. Fernando faisait partie des héritiers. La famille possédait le Palais Galiano, près de la Plaza de Colón, qui a été revendu après en avoir hérité. Ce bâtiment néoclassique abrite aujourd’hui le musée et la fondation María Cristina Masaveu.

Le titre de comte d’Atarés a été créé en 1625 par le roi Philippe IV en faveur de Juan Sanz de Latrás y Cavero, qui possédait les baronnies d’Atarés, Liguerres et Latrás. C’est en 1725 que le roi Philippe V a accordé la Grandesse d’Espagne au 5e comte d’Atarés. Le titre de marquis de Perijá a été créé en 1776 par le roi Charles III pour José García de la Peña, sergent-major du régiment de cavalerie . La 6e marquise de Perijá, María Isabel de Nieulant y Villanueva, a épousé le 13e comte d’Atarés. Leur fils José sera donc 14e comte d’Atarés et 7e marquis de Perijá.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr