Le comte de Paris veut récupérer un château du domaine de Chantilly

Des membres de la famille du comte de Paris apportent leur soutien à l’enquête du parquet national financier, qui pourrait aboutir à l’annulation du legs de leur aïeul à l’Institut de France. Les descendants indirects du duc d’Aumale, à savoir Eudes et Jean d’Orléans, parlent d’une rupture de contrat par rapport aux conditions du don du domaine de Chantilly à l’Institut de France. Le litige porterait sur la gestion du château d’Enghien, situé sur le domaine.

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Annuler un legs de 1886 du duc d’Aumale à l’Institut de France

En 1830, à la mort de Louis VI Henri de Bourbon-Condé, 9e duc d’Enghien, ce dernier légua une grande partie de ses biens à son petit-neveu et filleul, Henri d’Orléans, duc d’Aumale. Le fils du duc d’Enghien avait été fusillé sur ordre de Napoléon. Le duc d’Aumale était le dernier fils de Louis-Philippe d’Orléans, qui venait d’accéder au trône comme roi des Français. Outre la fortune colossale dont il hérita à 8 ans, le duc d’Aumale reçut aussi de nombreux terrains de son grand-oncle ainsi que le domaine de Chantilly.

Vue du domaine de Chantilly, ayant appartenu au duc d’Aumale (Photo : Wikimedia Commons)

Le 25 octobre 1886, le duc d’Aumale lègue de son vivant le domaine de Chantilly à l’Institut de France, dont il est membre depuis 1871. La donation a lieu sous certaines conditions, notamment la préservation des lieux en l’état ainsi que les œuvres d’art qui s’y trouvent. Le domaine peut alors se visiter et devient le musée Condé. Le duc d’Aumale meurt en 1897.

Selon une information du Canard enchaîné, confirmée jeudi par les avocats de la famille du comte de Paris, les lointains héritiers du duc d’Aumale souhaitent annuler le legs à l’Institut de France pour non respect de l’accord testamentaire. Le litige ne concernerait pas le château de Chantilly mais le château d’Enghien, une bâtisse rectangulaire située sur le domaine, qui servait à loger les visiteurs du prince.

Le château d’Enghien est un bâtiment situé sur le domaine de Chantilly (Photo : Wikimedia Commons)

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L’appel d’offres pour la transformation du château d’Enghien fait l’objet d’une enquête du parquet national financier

Le domaine de Chantilly fait l’objet depuis août d’une enquête préliminaire du parquet national financier (PNF) pour « entente et favoritisme », comme le rapportait Le Parisien. Le PNF s’interroge sur la régularité d’un appel d’offres visant à transformer le château d’Enghien en hôtel de luxe. Les frères Eudes et Jean d’Orléans voit en cette transformation une «entorse» au legs initial. Selon le comte de Paris et son frère, la nullité du legs ne fait aucun doute puisque l’accord reposait sur «des règles très strictes, interdisant de prêter, vendre ou faire voyager les milliers d’objets et tableaux, de modifier l’accrochage des tableaux ou encore de procéder à un quelconque changement dans l’architecture extérieure ou intérieure», comme l’écrit La Voix du Nord.

Le Figaro précise que dans un courrier adressé en novembre au PNF, le prince Eudes et le prince Jean d’Orléans ont fait part de leur «inquiétude grandissante», évoquant par ailleurs des «suspicions de disparition d’œuvres». Par conséquent, ils ont demandé à être considérés comme des «victimes directes» d’infractions.

Me Olivier Baratelli, qui représente la famille royale de France, explique à l’AFP que «si les faits sont avérés, il est prévu que la famille récupère l’ensemble du domaine. Restera ensuite à déterminer à qui confier sa gestion : la Famille de France est ouverte à trouver une administration ou une institution française, digne de confiance et capable de mieux offrir à la visite du plus grand nombre ce bijou historique».

Comme l’écrivait Oise Hebdo un peu plus tôt dans l’année, la gestion du domaine de Chantilly a posé bien des problèmes cette année. L’ancien ministre Xavier Darcos, à la tête de l’Institut de France, avait lancé cet appel d’offres en avril, puis il a été abandonné ensuite. La Cour des Comptes s’est intéressée aux finances de l’Institut, un budget plombé notamment par des travaux de rénovation sur le domaine de Chantilly.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr