L’émir de Dubaï a autorisé le piratage des téléphones de son ex-épouse pour l’espionner durant leur procédure de divorce

La Haute Cour de Londres a publié un certain nombres de décisions de justice dans l’affaire en cours entre le cheikh Mohammed ben Rashid Al Maktoum et sa sixième épouse, la princesse Haya de Jordanie. L’une des révélations est l’utilisation du logiciel espion Pegasus sur les téléphones de la princesse et de son équipe juridique. La justice britannique avait déjà reconnu l’émir de Dubaï coupable de kidnapping, de harcèlement et de menace lors de cette bataille qui s’articule autour de la garde de leurs deux enfants, Al Jalila, 13 ans, et Zayed, 9 ans.

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Le logiciel Pegasus utilisé sur les téléphones de la sixième épouse de l’émir de Dubaï

Le souverain de Dubaï a autorisé le piratage des téléphones de son ex-femme et de ses avocats avec des logiciels espions dans le cadre de la procédure de divorce en cours à Londres. L’émir de Dubaï, le cheikh Mohammed ben Rashid Al Maktoum et sa sixième épouse, la princesse Haya de Jordanie, se disputent la garde de leurs enfants, qui pour le moment bénéficient d’une protection au Royaume-Uni.

Le juge McFarlane avait reconnu coupable en mars 2020, l’émir de Dubaï de tentative de kidnapping de la princesse Haya par hélicoptère, de dépôt d’armes illégal, d’harcèlement de son épouse à propos d’une relation extra conjugal, d’une tentative de divorce unilatéral, de menace de lui retirer ses enfants ou encore de la harceler par des messages sur les réseaux sociaux.

À présent, le tribunal britannique vient de reconnaitre que l’émir de Dubaï, 72 ans, a donné son «autorité expresse ou implicite» pour que le téléphone de la princesse Haya Bint Al Hussein, 47 ans, soit infiltré par le logiciel espion Pegasus. L’émir de Dubaï est aussi le vice-président et le Premier ministre des Émirats arabes unis (EAU). Il aurait également autorisé l’utilisation du logiciel espion sur les téléphones de l’assistant personnel et les avocats de la princesse Haya, ainsi que sur les téléphones de deux membres de son service de sécurité.

La princesse Haya, l’émir de Dubaï et leurs deux enfants (Photo : Steve Parsons/PA Wire/Abacapress)

Le cheikh Al-Maktoum espionnait son ex-femme lors de leur bataille pour la garde de leurs enfants

L’utilisation de Pegasus, qui est fabriqué par le groupe NSO et vendu exclusivement aux autorités étatiques, est apparue en août 2020 lorsque Cherie Blair, épouse de l’ancien Premier ministre Tony Blair et alors conseillère du groupe NSO, a contacté l’avocate de la princesse Haya pour lui faire part de ses doutes concernant une utilisation illicite du logiciel.

NSO a déclaré au tribunal qu’il ne pouvait pas révéler qui étaient ses clients, mais a confirmé que le contrat d’un client anonyme avait été résilié dans les semaines suivant la découverte.

L’année dernière, le juge des familles Sir McFarlane a déclaré le souverain dubaïote coupable d’avoir «ordonné et orchestré» l’enlèvement et le retour forcé à Dubaï de deux de ses filles adultes, la princesse Chamsa, 40 ans, en août 2000 et la princesse Latifa, 35 ans, en 2002 et à nouveau en 2018. La princesse Latifa vient d’être libérée après des années en captivité.

Lors de l’audience au tribunal, des experts ont expliqué comment le logiciel Pegasus peut suivre l’emplacement d’une personne, lire des textes et des e-mails, écouter des appels téléphoniques, enregistrer une activité en direct, ainsi qu’accéder à des applications, des photos et utiliser l’appareil photo et le microphone.

La princesse Haya de Jordanie et le cheikh Al-Maktoum (Photo : David Davies/PA Wire/Abacapress)

Le juge a découvert «qu’au moins 265 mégaoctets “très substantiels” de données avaient été extraits du téléphone de la princesse Haya, ce qui équivaut à environ 24 heures d’enregistrement vocal ou 500 photographies», explique l’agence PA. Les conclusions sont niées par la partie de l’accusé. La défense aurait même suggéré qu’un autre pays puisse être responsable de la fuite des informations. Selon eux, la Jordanie aurait pu installer le logiciel espion dans le but de faire croire qu’il s’agissait de Dubaï. La princesse Haya est la demi-sœur du roi Abdallah II de Jordanie, qui lui offre sa protection.

Pour rappel, la princesse Haya s’est tournée vers la justice britannique, où elle a pris la fuite avant l’été 2019, pour demander le divorce ainsi que pour obtenir des mesures d’éloignement à l’encontre de l’émir. Elle craignait que sa fille soit mariée de force afin de la faire rapatrier aux Émirats arabes unis. Le jugement rendu public en mars 2020 a permis de découvrir que l’émir de Dubaï tentait de marier de force Jalila, 13 ans, au prince hériter d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salman Al-Saoud, 34 ans. La princesse Haya avait alors fui Dubaï en mai 2019 et avait trouvé refuge à Londres, avec ses deux enfants, profitant que son époux était notamment occupé à marier trois de ses fils en même temps. Elle était aussi au courant du traitement qu’il avait réservé à deux de ses filles, Chamsa et Latifa.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr