Réinhumation d’Hélène de Roumanie : arrivée de la dépouille de la reine mère et cortège funéraire à travers le pays

Ce 18 octobre est un grand jour pour la famille royale roumaine. La reine-mère Hélène de Roumanie, grand-mère de la princesse Margareta, actuelle gardienne de la Couronne de Roumanie, rejoindra enfin la crypte royale et reposera à côté de son fils. Décédée en 1982, elle reposait en Suisse, au cimetière du Bois-de-Vaux, à Lausanne. Pendant deux jours, différents événements sont programmés afin de rapatrier les restes de la reine-mère Hélène de Roumanie vers la crypte royale de la nouvelle cathédrale de Curtea de Argeș, une église épiscopale où sont enterrés les rois de Roumanie.

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Arrivée du cercueil en Roumanie

La journée du 18 octobre consiste à faire rapatrier la dépouille à l’aéroport de Bucharest et à faire traverser le cercueil à travers tout le pays. Une procession est programmée à travers plusieurs villes et villages, dans lesquels le corbillard roulera lentement afin que les Roumains puissent observer le cortège funéraire. Une fois arrivée à Curtea de Argeș, plusieurs célébrations et commémorations sont prévues. Les Roumains auront jusqu’au lendemain pour venir lui rendre hommage. Le 19 octobre, après un office religieux, le cercueil rejoindra la crypte royale.

Suivi en direct de la cérémonie d’inhumation de la reine Hélène de Roumanie

Le cercueil embarque à Genève

Ce matin, à 6 heures (heure française), le cercueil est arrivé sur la piste de l’aéroport de Genève. Accompagné par des militaires, le cercueil a été embarqué dans le Spartan, un avion de l’Armée de l’air roumaine.

Sur le tarmac suisse, les honneurs militaires ont été rendus à la reine mère dont le cercueil était recouvert d’un linceul aux insignes de Sa Majesté. Le pop Josef (Iosif), archevêque et métropolite orthodoxe roumain d’Europe occidentale et méridionale, était présent. Le secrétaire d’État roumain Victor Opaschi représentait les autorités roumaines et Constanța Iorga représentait la Maison royale roumaine.

Arrivée du cercueil à l’aéroport de Bucarest

La cérémonie a commencé dès l’arrivée de la dépouille à l’aéroport international de Bucarest Henri-Coandă, situé sur la localité d’Otopeni. Le Spartan qui transportait le cercueil, a atterri vers onze heures, heure roumaine (10 heures en France). La dépouille a été accompagnée sous le son des trompettes. Les militaires ont transporté le cercueil au pas, jusqu’à l’autel installé plus loin sur la piste.

Après l’accueil et l’hommage militaire, les représentants des différents cultes de Roumanie se sont recueillis, ont prié ou ont béni tour à tour le cercueil.

Après l’hommage des différents cultes, un office religieux orthodoxe a eu lieu, devant la famille royale de Roumanie.

Cérémonie militaire et religieuse au Palais Elisabeta

Une cérémonie militaire et religieuse est prévue au Palais Elisabeta, résidence de la famille royale, située au centre de Bucarest. L’aéroport de Bucarest se situe à Otopeni, à environ 12 km du palais. Le cercueil quitte l’aéroport pour rejoindre le Palais Elisabeta.

Cortège funéraire de Bucarest à Curtea de Argeș

Le cercueil est transporté de Bucarest jusqu’à Curtea de Argeș où se trouve la nécropole royale. Environ 160 km séparent les deux lieux. Le cortège passe à travers plusieurs villages et localités où le corbillard ralentit pour que les citoyens puissent observer le cortège funéraire.

Recueillement privé à Curtea de Argeș

15 h 00 : le cercueil est arrivé à la cathédrale. Les militaires ont pris le cercueil et l’ont emmené au centre de la cathédrale. Un office religieux orthodoxe d’une demi-heure a eu lieu, durant lequel les membres de la famille royale ont été conviés à allumer des cierges. À la surprise générale, Nicholas Medforth-Mills, le petit-fils de Michel 1e était présent. Désigné pendant des années comme son héritier, Michel 1e avait finalement destitué Nicholas et l’avait privé du statut de prince. Depuis lors, il était exclu de toute présence au sein de la famille.

Après cet office religieux, la presse est tenue à se retirer pendant quelques minutes afin de laisser la famille seule auprès de la dépouille.

Hommage du peuple roumain à la reine mère

À 17 heures, la cathédrale a ouvert ses portes au public pour que les Roumains puissent rendre un dernier hommage à leur reine.

Le Roumains sont invités à laisser des fleurs blanches devant l’église, tel que l’a demandée la famille. Les Roumains auront jusqu’au lendemain, le 19 octobre, entre 8 et 10 heures pour se recueillir.

Qui est Hélène de Roumanie ?

La reine Hélène est née princesse Hélène de Grèce et de Danemark, fille du roi Constantin 1er de Grèce et cousine germaine du prince Philip, duc d’Édimbourg. Elle a connu l’exil en Suisse lorsque la famille de Grèce a été jetée hors du royaume puis elle a vécu (peu de temps) en Roumanie, à partir de 1921, date de son mariage avec le prince héritier Carol de Roumanie. De ce malheureux mariage naîtra Michel, fils unique du couple. La vie dissolue du prince Carol pousse son père, le roi Ferdinand 1e à désigner son petit-fils, Michel comme successeur. Carol accepte de renoncer à son trône. Carol et Hélène ne vivent plus ensemble, celle-ci vivant en Italie, et quand Ferdinand 1e décède en 1927, c’est leur fils Michel, 5 ans, qui monte sur le trône. L’année suivante la dissolution du mariage entre Hélène et Carol est prononcée. En 1930, Carol finit par devenir roi à la place de son fils. Quand il fut une fois de plus forcé d’abdiquer en 1940, Michel 1e a retrouvé son trône et sa mère joua un rôle important à ses côtés. On lui accorda le titre de reine-mère de Roumanie et portait le prédicat de Majesté. En 1947, la monarchie est abolie dans le pays et la famille royale roumaine s’enfuit en Suisse. Elle y vivra pendant de longues années, principalement à Lausanne. Décédée en 1982, à 86 ans, elle y est enterrée. Elle reçut le titre de Juste parmi les nations d’Israël pour son rôle durant la Seconde Guerre mondiale.

Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef - Rédacteur sénior

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr