Chaque jour apporte son lot de révélations depuis le décès prématuré du roi Rukidi IV, connu le plus jeune roi du monde. Alors que la cérémonie d’intronisation de son successeur est prévue pour la semaine prochaine, la famille royale révèle que le défunt avait bien un jeune fils vivant au Texas et qu’il avait désigné comme son héritier dans un testament de 2022.
Le roi Oyo aurait bien laissé un fils vivant au Texas
Depuis le début de l’été, des rumeurs circulaient concernant l’état de santé du roi Rukidi IV du Toro, aussi appelé roi Oyo, qui était atteint d’un cancer. Le 27 août 2026, en fin de journée, le Premier ministre Calvin Armstrong Rwomiire Akiiki avait finalement annoncé que le roi Rukidi IV est décédé à 22 heures, aux États-Unis, à l’âge de 34 ans. Environ 8 millions de personnes sont considérées comme des sujets du roi du Toro, selon le site officiel de cette monarchie coutumière située au sud-ouest de l’Ouganda, un pays d’Afrique des Grands Lacs qui compte 46 millions d’habitants.

Le Premier ministre avait alors précisé : « Sa Majesté laisse un prince comme héritier, dont l’identité sera officiellement révélée en temps voulu, conformément aux traditions et coutumes du royaume de Toro. » Cette annonce avait semé la confusion parmi la population étant donné que le roi Rukidi IV n’avait aucun enfant connu.
Très rapidement, le footballeur George Desmond-Kamurasi, vivant en Angleterre, fut désigné pour succéder à Rukidi IV. En raison de ses activités professionnelles, le footballeur de 36 ans a décliné la proposition. Dans les heures suivantes, c’est Edward Rukidi Kijanangoma, un ancien présentateur de la télévision publique UBC qui fut désigné par 19 des 21 membres du conseil de famille pour monter sur le trône. Il est le fils du prince Christopher Paul Kijanangoma et le petit-fils de l’ancien roi de Toro, George David Rukidi III.
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Le couronnement de Nyabongo 1er aura-t-il lieu le 29 septembre malgré les tensions dans la famille royale ?
Alors que le président ougandaisYoweri Museveni accueillait la dépouille du roi Rukidi IV avec tous les honneurs dus à son rang sur le tarmac de l’aéroport, des tractations sur sa succession avaient lieu en coulisses. La reine mère Best Kemigisa et sa fille, la princesse Ruth Komuntale, refusent de reconnaître le nouveau roi. Elles affirment à présent que le roi Oyo avait bien un jeune fils, vivant au Texas. Sa famille aurait renoncé à le ramener au pays pour les funérailles de son père, craignant qu’il ne soit entraîné dans le conflit de succession qui s’intensifie au sein du royaume. Il était normalement prévu que l’enfant rentre en même temps que la dépouille de son père, au début du mois de septembre.

Selon la mère et la sœur du défunt roi, celui-ci avait laissé un testament aux États-Unis, signé en 2022, dans lequel il prévoyait que son fils lui succède. Le président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, a lui-même déclaré que la reine mère l’avait informé de l’existence de l’enfant, quelques jours après le décès de Rukidi IV. Edward Rukidi Kijanangoma, qui a déjà choisi le nom de règne de Nyabongo 1er, a été choisi par le clan Babiito « conformément aux règles de succession coutumières », précise pourtant l’entourage de la famille. Son couronnement devrait avoir lieu au cours d’une cérémonie spectaculaire, prévue le 29 septembre. La famille récolte en ce moment les fonds nécessaires, soit environ 925 millions de shillings ougandais, ce qui équivaut à près de 210 000 euros, pour organiser l’événement.
La BBC rapporte que la situation s’aggrave dans l’entourage de la famille royale. La reine mère Best Kemigisia serait sous surveillance, les gardes royaux du palais ayant été remplacés par des soldats. Le nouveau roi Nyabongo 1er a déjà accompli l’un des rituels symboliques, sur le site des tombes de Karambi. Selon le rituel coutumier, le nouveau monarque doit enterrer son prédécesseur. Un geste que Nyabongo 1er a effectué en jetant des grains de café dans la tombe, comme l’exige la coutume, le 12 septembre.

Le roi Rukidi IV, né en 1992, était le fils de Patrick David Matthew Kaboyo, connu sous le nom de règne d’Olimi III. Le 26 août 1995, le roi Olimi III est décédé soudainement à 49 ans, laissant pour successeur son fils de trois ans. Une semaine après le décès du roi, l’enfant de trois ans a été couronné suivant les rituels coutumiers, lui permettant même de faire son entrée officielle dans le Livre Guinness World des records comme le plus jeune monarque au monde. Plusieurs tuteurs ont agi en tant que régent jusqu’à sa majorité en 2010. Le journal ougandais Moniteur explique que la première régente fut sa mère, la reine mère Best Kemigisa, puis la princesse Elizabeth Bagaaya, le prince James Desmond Mugenyi et enfin, le président ougandais lui-même, Yoweri Museveni.
Le royaume du Toro a gagné son indépendance en 1830, se détachant du royaume du Bunyoro. En 1894, les Britanniques placèrent l’Ouganda sous protectorat, un territoire formé de quatre royaumes : le Toro, le Bunyoro, le Buganda et le Busoga. Lorsque l’Ouganda trouva son indépendance en 1962, le pays devint une république avec à sa tête l’ancien roi du Buganda, Muteesi II. L’ancien roi agissait à présent en tant que président mais il laissa une certaine autonomie aux souverains des trois autres royaumes. À la fin de la présidence de Muteesi en 1966, les différents royaumes ont été abolis. En 1993, les quatre royaumes bantous ont été rétablis, bien que l’État fédéral d’Ouganda soit toujours une république.
L’article 246 de la Constitution ougandaise reconnaît l’existence des chefs traditionnels. Cet article prévoit que le chef puisse « bénéficier des privilèges et avantages qui peuvent lui être conférés par le gouvernement ». La Loi de 2011 sur l’institution des chefs traditionnels ou culturels précise de façon très précise le fonctionnement de ces royaumes traditionnels. Par exemple, lorsqu’un nouveau souverain traditionnel est reconnu, sa nomination doit paraître dans la Gazette, le journal officiel de publication des textes législatifs. La loi oblige ce monarque à garder une neutralité politique, comme tout autre souverain. Il peut traiter avec des autorités étrangères, seulement après en avoir reçu l’accord du gouvernement. Lui et son royaume peuvent faire usage de drapeaux, hymnes, seaux, devises et autres insignes.
Rukidi III était le roi au moment où le royaume de Toro est passé sous le protectorat britannique. Son fils, Olimi III était le roi au moment où l’Ouganda a pris son indépendance en 1962, puis au moment où la monarchie a été abolie en 1966. C’était encore lui qui était roi lorsque la monarchie a été rétablie en 1993. Olimi III est décédé à en 1995. Père d’un fils, Rukidi, et de deux filles, les princesses Ruth Komuntale et Celia, son fils lui a succédé à 3 ans. La princesse Celia est décédée d’une leucémie à 3 ans. Fortement impliqué dans les œuvres humanitaires, son rôle en tant que souverain de cette monarchie traditionnelle est de valoriser la culture du Toro. Le titre de Roi est désigné localement comme Omukama.