Le palais Constantin : le Versailles russe dont les jardins bordent le golfe de Finlande

À une vingtaine de kilomètres du centre de Saint-Pétersbourg se trouve l’un des plus prestigieux palais russes. Le palais Constantin de Strelna, légué par Paul 1e à son deuxième fils, le grand-duc Constantin, est connu pour son plan d’eau démesuré, au milieu de jardins rappelant ceux de Le Nôtre et de Versailles. Le palais Constantin a été rénové récemment à grands frais sur ordres de Vladimir Poutine.

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Un palais dont la construction débuta en 1720 et s’acheva en 1807

Au bord du golfe de Finlande, à la bordure sud de Saint-Pétersbourg se trouve le palais Constantin de Strelna. Ce palais, dont la construction a débuté en 1720, a causé bien des soucis à ses architectes. La première pierre est posée sous Pierre 1e. Les travaux se prolongeront sous Paul 1e, qui lui-même le lèguera inachevé à son deuxième fils, le grand-duc Constantin, qui put enfin en profiter en 1807.

Le parc du palais est inspiré les jardins de Le Nôtre et de Versailles (Photo : capture d’écran vidéo YouTube)

C’est en 1714 que Pierre le Grand cherche un endroit pour se construire une résidence d’été. À Strelna, à une vingtaine de kilomètres du centre de Saint-Pétersbourg se trouve un château de bois sur le domaine ayant accueilli l’ambassade de Suède. Jean-Baptiste Alexandre Le Bon, proche de Le Nôtre, est choisi par l’empereur pour dessiner les plans de sa future résidence. Le Bond meurt en 1719 et l’architecte italien Nicola Michetti est choisi pour lui succéder. La construction débute en 1720.

Pierre 1e le Grand n’est pas impressionné par l’évolution des travaux et garde sa préférence pour Peterhof. L’architecte italien est véritablement vexé, quitte la Russie et abandonne les travaux. Pierre le Grand décède en 175. Il faudra attendre 1741, sous le règne de l’impératrice Elisabeth, fille de Pierre le Grand, pour que les travaux reprennent, cette fois-ci confiés à Bartolomeo Rastrelli, architecte préféré de l’impératrice.

Les impressionnants jardins à la française qui entourent le palais (Photo : capture d’écran vidéo YouTube)

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Le palais Constantin et ses plans d’eau inspirés par Le Nôtre

En 1762, Pierre III succède à sa tante, l’impératrice Elisabeth. Les travaux au palais de Strelna n’ont guerre avancé car Rastrelli semblait plus intéressé par les chantiers des autres palais qui lui avaient été confiés. Pierre lègue alors le palais inachevé à son second fils, le grand-duc Constantin Pavlovitch qui s’y installa avec son épouse, la princesse Julienne de Saxe-Cobourg-Saalfeld, sœur du futur roi Léopold 1e de Belgique.

Pour y vivre, Constantin s’attela à faire achever les travaux du palais qui prit son nom. Il fut véritablement le premier Romanov à vivre dans ce palais. En 1803, le palais est incendié mais il ne faudra que quelques années pour le rénover et l’achever. C’est en 1807 que le palais Constantin est enfin terminé. Constantin Pavlovitch est le deuxième fils de Pierre III et donc le frère cadet d’Alexandre 1e, qui décède en 1825 sans héritier. Constantin aurait dû hériter du trône mais il y renonça en faveur de son frère cadet, Nicolas 1e.

Le palais de Constantin Pavlovitch enfin terminé au 19e siècle (Image : domaine public)

Constantin, connu comme le tyran de Pologne, meurt du choléra en 1831. Sans descendance légitime, c’est son neveu qui a hérité du palais, qui restera la possession de cette branche de la famille impériale jusqu’à la Révolution de 1917. La reine Olga de Grèce, née grande-duchesse Olga Constantinovna, avait notamment installé ses appartements dans ce palais, après l’assassinat de son époux, Georges 1e de Grèce, en 1813. Le dernier propriétaire avant la Révolution était le grand-duc Dimitri Constantinovitch, troisième fils de Constantin Nikolaïevitch, lui-même petit-fils de Nicolas 1e.

Le palais Constantin en 1920, juste après avoir été confisqué à la famille impériale (Photo : domaine public)

Le palais Constantin tombera en désuétude pendant la période soviétique. Un temps transformé en école, le palais servira aussi de base aux Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Très endommagé, c’est en 2001 que Vladimir Poutine ordonne sa restauration, alors que seuls les murs tiennent encore. Recréé à l’identique, le palais est totalement restauré à l’occasion du tricentenaire de Saint-Pétersbourg en 2003. Le palais est aujourd’hui en partie un musée ou mis à disposition comme salle de conférence. Il a accueilli le G8 en 2006 et le G20 en 2013.

Photo du palais Constantin depuis l’entrée par la route (Photo : Wikimedia Commons)

Un domaine restauré par la volonté de Vladimir Poutine

Le palais Constantin, connu aujourd’hui comme le palais des Congrès, est traversé par de nombreux plans d’eau. Plusieurs rivières et ruisseaux partent du golfe de Finlande qui longe l’extrémité nord du domaine. Le palais est connu pour son immense plan d’eau, au milieu de ce jardin rappelant celui de Versailles.

Le gigantesque bassin qui mène du palais au golfe de Finlande (Photo : capture d’écran vidéo YouTube)

Dès le début de la construction vers 1720, les plans d’eau et les parcs entourant le château furent l’une des principales préoccupations des architectes. Il s’agissait d’un véritable casse-tête, obligeant notamment de construire les jardins à 10 mètres au-dessus du niveau de la mer pour que les fontaines fonctionnent.

Le palais avec le complexe de villas consulaires (droite) (Photo : Wikimedia Commons)

Aujourd’hui, le palais qui est géré par le département des propriétés présidentielles, est entouré d’un village consulaire. Vingt villas ont été construite dans une sorte de quartier diplomatique, dans ce gigantesque parc de 140 hectares. On y trouve aussi un hôtel cinq étoiles, le Baltic Star et un yacht club. Le palais de Congrès qui accueille les différentes conférences comme le G8 occupe les anciennes écuries.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr