Pandora Papers : Abdallah II de Jordanie a acheté 14 villas pour 106 millions $ via 36 sociétés écrans

En 2016, les Panama Papers ont secoué la planète avec la divulgation de milliers de noms d’anonymes et de célébrités ayant réalisé des montages financiers offshore. Ce 3 octobre 2021, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) révèle avoir réalisé une enquête de deux ans, permettant de lister plus de 29 000 personnes ayant tenté de cacher des avoirs à l’étranger via des sociétés écrans. Le roi Abdallah II fait partie de la liste des 35 chefs d’État qui ont tenté de flouer le fisc de leur pays avec des montages financiers.

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Le roi de Jordanie et ses montages financiers

Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a frappé, une fois de plus, cinq ans après les Panama Papers. Plus de 29 000 personnes figurent sur une liste internationale de fortunes qui ont réalisé des montages financiers pour cacher des avoirs à l’étranger, principalement via des sociétés écrans. La plupart de ces personnes sont des parfaits inconnus, mais d’autres sont des «membres des plus riches familles du pays, ou de la noblesse (qu’ils soient barons, comtesses ou prince)», écrit Le Soir, qui fait partie du consortium et qui a analysé les fortunes belges qui figurent dans cette liste.

Abdallah II de Jordanie dans les Pandora Papers (Photo : F.Andrieu/Agencepeps/Isopix/ABACAPRESS.COM)

Parmi les personnalités politiques, le même journal écrit : «Les documents dévoilent par exemple les transactions offshore du roi de Jordanie, des présidents ukrainien, azéri, kényan et équatorien, du Premier ministre tchèque ou de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.»

Selon l’enquête menée par les partenaires des Pandora Papers, le roi Abdallah II de Jordanie aurait travaillé avec un comptable anglais en Suisse, qui aurait collaboré avec des avocats des îles Vierges britanniques, pour placer son argent incognito à l’étranger. L’ICIJ affirme que «le roi Abdallah II a acheté secrètement 14 maisons de luxe, d’une valeur de plus de 106 millions de dollars, aux États-Unis et au Royaume-Uni». Ces achats auraient été réalisé par le biais d’au moins 36 sociétés écrans de 1995 à 2017.

En 2017, le roi de Jordanie aurait acheté une propriété de 23 millions de dollars surplombant une plage californienne. L’achat aurait été effectué par une société située dans les îles Vierges britanniques. Le roi aurait même payé un supplément pour qu’une autre société détenue par ses gestionnaires de fortune suisses agisse en tant que mandataire de cette société des îles Vierges britanniques.

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Le roi Abdallah II est exempt d’imposition

Le cabinet d’avocats travaillant pour le compte du roi de Jordanie indique dans les documents que l’utilisation de mandataires aide à «préserver la vie privée en évitant l’identité du client ultime» d’être accessible au public. «Dans les e-mails, les conseillers à l’étranger utilisaient un nom de code pour désigner le roi : “Vous savez qui”», écrit l’ICIJ dans son rapport.

Les avocats britanniques du roi Abdallah II ont déjà réagi à cette déclaration. Selon les lois actuelles en vigueur dans son pays, le roi de Jordanie n’est de toute façon pas obligé de payer des impôts. Selon ses avocats, ces montages n’avaient que pour but de garantir sa sécurité et sa confidentialité. Les avocats ont déclaré que le roi n’avait jamais détourné les fonds publics. Le montage n’est donc pas considéré comme illégal dans son pays.

«Les experts disent qu’en tant que dirigeant de l’un des pays les plus pauvres et les plus dépendants de l’aide du Moyen-Orient, le roi a des raisons d’éviter d’afficher sa richesse», explique l’ICIJ. «Si le monarque jordanien devait afficher sa richesse plus publiquement, cela ne ferait pas que contrarier son peuple, cela énerverait les donateurs occidentaux qui lui ont donné de l’argent», a déclaré à l’ICIJ Annelle Sheline, experte en autorité politique au Moyen-Orient.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr