La princesse Chulabhorn autorise l’importation d’un vaccin chinois en Thaïlande

C’est une décision surprenante qu’a prise la princesse Chulabhorn, sœur du roi Maha Vajiralongkorn de Thaïlande, en commandant des vaccins chinois contre le coronavirus, créant ainsi une source d’approvisionnement alternative à la source officielle gouvernementale. Cette décision unilatérale soulève des questions dans le pays.

La princesse Chulabhorn reçoit une boite de vaccins (Photo : DR/Chulabhorn Royal Academy)

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La sœur du roi de Thaïlande force la main avec l’importation de doses du vaccin de Sinopharm

Vendredi, la Thaïlande a approuvé l’utilisation du vaccin chinois Sinopharm. Quelques jours plus tôt, la Gazette Royale, qui est l’organe officiel qui publie les nouveaux décrets promulgués, annonçait que la fondation de la princesse Chulabhorn allait se procurer des doses du vaccin chinois. La Chulabhorn Royal Academy aurait pris les devants et aurait décidé d’agir au vu de la croissance rapide du taux de contamination dans le pays.

Cette initiative royale a de quoi surprendre et pose même question au Washington Post, qui rappelle combien la famille royale détient un pouvoir considérable dans le pays. Le mois prochain doit démarrer la campagne de vaccination massive. Le vaccin Oxford-AstraZeneca est le principal vaccin de cette campagne, sachant qu’il est fabriqué dans le pays par un laboratoire détenu par le roi. Six millions de doses ont été achetés à AstraZeneca. L’autre vaccin autorisé est Sinovac, dont 3 millions de doses ont été achetées. Il est également permis aux hôpitaux privés de se procurer des doses du vaccin Moderna.

Alors que certains demandent d’acheter des doses à d’autres laboratoires pour garantir un approvisionnement suffisant pendant la campagne, le gouvernement militaire a refusé les demandes.

Une ingérence royale qui dérange

L’initiative de la Chulabhorn Royal Academy peut donc être perçue comme bénéfique au vu de l’urgence sanitaire. Elle a forcé la main au gouvernement de valider le vaccin Sinopharm et malgré les réticences du gouvernement à acheter des doses autres que l’AstraZeneca, peu nombreux sont ceux qui ont osé critiquer l’initiative de la princesse.

Critiquer un membre de la famille royale peut être considéré comme un crime de lèse-majesté et peut mener jusqu’à 15 ans de prison. C’est pourquoi, le ministre de la Santé, interrogé sur ce sujet semblait d’avoir été mis au courant à la dernière minute, mais n’a pas eu d’autre choix que d’approuver. «Si c’est bénéfique pour le pays, on est d’accord», a répondu le ministre à Reuters.

On ne sait pas combien de doses l’association de la princesse a commandé. On ne sait pas non plus à quel prix. Bien que l’initiative est d’utilité publique, certains politologues se questionne quant à l’ingérence de la princesse. Aucun membre de la famille royale n’est censé prendre part à la vie politique du pays.

En Asie, une autre famille royale est dans la ligne de mire. Depuis un mois, le roi de Malaisie est la cible de critiques depuis qu’il a été révélé qu’il avait été vacciné au mois de janvier avec un vaccin non-autorisé dans son pays. Selon Asia Sentinel, le roi de Malaisie a profité d’un voyage à Abu Dhabi pour se procurer 2000 doses du vaccin Sinopharm pour faire vacciner sa famille et sa cour. Ce vaccin n’est pas autorisé en Malaisie.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr