100 ans de la mort de Nicolas 1e de Monténégro : vandalisme après la cérémonie d’hommage par le Premier ministre

Il y a 100 ans, le 1e mars 1921, le roi Nicolas 1e de Monténégro mourrait à Antibes, en France. Nikola Petrović-Njegoš, qui sera le seul et unique roi du Monténégro, a été pendant près de 60 ans, à la tête de ce petit pays des Balkans. D’abord il fut prince souverain, puis élevé à la dignité de roi, à partir de 1910. Ce 1e mars, le Premier ministre et d’autres figures politiques monténégrines se sont recueillis devant sa dépouille. Après un discours élogieux du chef du gouvernement, des manifestants ont détruit les gerbes de fleurs.

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Le Premier ministre monténégrin se recueille devant la tombe de Nicolas 1e

« Il était le chef de file de la nouvelle vision du Monténégro. Comment a-t-il fait cela ? Par sa promesse et celle de sa famille, de rassembler tous ces qui en savaient le plus », a rappelé le Premier ministre monténégrin Zdravko Krivokapić ce 1e mars, devant la dépouille de l’ancien roi Nicolas 1e. Le chef du gouvernement a rappelé la qualité visionnaire de Nikola Petrović-Njegoš, qui a compris l’importance de créer des institutions étatiques. Fin du 19e siècle, lorsqu’il succéda à son oncle à la tête de ce territoire, le Monténégro était encore une principauté-épiscopale pauvre, peuplée de seulement 80 000 habitants, qui se débattait contre les Ottomans.

Le Premier ministre et trois autres ministres rendent hommage au premier et dernier roi du Monténégro (Photo : Gov.me/B. Cupic)

En fondant une cour à l’instar des cours européennes, en s’élevant au titre de roi en 1910, Nicolas 1e a apporté un certain prestige et rayonnement au Monténégro, lui offrant aussi une structure étatique. « Par conséquent, pour la première fois, nous avons créé des institutions de l’État du Monténégro, dont je n’en citerai que quelques-unes : l’Assemblée nationale, le gouvernement, le Conseil d’État. Ol a introduit la première monnaie, le perper, qui est la monnaie nationale. » Le Premier ministre a indiqué, comme le souligne la chaine de télévision RTCG, que dans ces institutions étaient déjà présents « les trois piliers du système actuel : l’éducation, la santé et la justice ».

Étaient également présents à la cérémonie de commémoration la ministre de l’Éducation, de la Science, de la Culture et des Sports Vesna Bratić, la ministre de la Défense Olivera Injac et le ministre de la Justice, des Droits de l’homme et des Minorités Vladimir Leposavić. Les représentants du gouvernement ont déposé une couronne de fleurs au pied du tombeau de l’ancien souverain, dont la dépouille a été rapatriée à Cetinje, la capitale, en 1989.

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Des manifestants retirent la couronne de fleurs

Le Premier ministre a encore souligné son admiration en « bénissant » un homme qui était à la fois « un homme d’État, un guerrier, un diplomate, un sage, un poète, et surtout, un réformateur ». Au même moment, un groupe de manifestants s’étaient rassemblés près de l’église Ćipur, où se trouvent les restes du roi Nikola. Des policiers ont formé un cordon de sécurité pour empêcher que les manifestants viennent perturber la cérémonie. Malgré tout, pendant l’hymne, on a pu les entendre crier : « traîtres », « Serbes », « Tchetniks », rapporte Novosti.

Les manifestants ont été retenus par la police (Photo : capture écran RTV Cetinje)

Les manifestants sont restés calmes et la protestation s’est déroulée de façon pacifique. Mais une fois la cérémonie terminée, ils se sont rendus sur les lieux et ont retiré les gerbes de fleurs qui venaient d’être déposées. « Des gens se sont rassemblés spontanément à Cetinje pour protester contre le dépôt hypocrite de gerbes sur la tombe du roi Nikola », explique le professeur Ljubomir Filipović. L’activiste a souligné la « provocation du gouvernement » qui a effectivement déposé une couronne de fleurs sur laquelle était accrochée un ruban tricolore, aux couleurs serbes.

Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr