Le discours sur l’avenir de l’Europe de l’archiduc Charles de Habsbourg-Lorraine à l’occasion de son 61e anniversaire

Ce 11 janvier 2022, Karl de Habsbourg-Lorraine, prétendant au trône impérial d’Autriche a, comme l’année dernière, partagé sa vision de l’Europe avec les membres de l’association de l’Union paneuropéenne, dont il est le président de la section autrichienne.

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Le discours d’anniversaire du prétendant au trône austro-hongrois aux membres de l’Union paneuropéenne

À l’occasion de son 60e anniversaire, en 2021, l’archiduc Charles d’Autriche, aussi connu comme Karl de Habsbourg-Lorraine, avait honoré les membres de l’association de l’Union paneuropéenne (Paneuropa) en leur livrant un discours de près de 5000 mots. Le prétendant au trône austro-hongrois bat son record cette année, en partageant un discours de 5500 mots. Dans son discours, partagé dans une vidéo préenregistrée, l’archiduc liste les problèmes de l’Europe et déplore la situation actuelle, même s’il l’affirme à la toute fin de son discours : «Nous ne sommes pas ici pour pleurer le déclin de l’Europe, mais pour façonner son avenir».

Le petit-fils du dernier empereur d’Autriche exhorte les membres de l’association de l’Union paneuropéenne de l’«aider à retrouver l’âme de l’Europe». L’association fêtera son centenaire cette année, un anniversaire que n’a pas oublié l’archiduc. «Avec un regard fier sur l’histoire de l’organisation, le congrès du centenaire de l’Union paneuropéenne ouvrira la porte sur l’avenir de l’idée paneuropéenne et de l’unification européenne. (…) L’accent sera mis sur (…) : la politique étrangère européenne, la politique de sécurité européenne, la politique économique européenne, le marché intérieur, l’identité et l’âme de l’Europe.»

Karl Habsburg-Lothringen, interdit d’utiliser sa particule en Autriche, est l’une des figures importantes du mouvement paneuropéen en Autriche depuis 1986. Il est également vice-président de l’Union paneuropéenne. Son père, l’archiduc Otto fut le deuxième président de l’Union paneuropéenne de 1973 à 2004, succédant à son fondateur, le comte Richard Coudenhove-Kalergi. L’actuel président est l’ancien député français Alain Terrenoire.

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L’avenir de l’Europe passe par son élargissement pour Karl de Habsbourg-Lorraine

Dans son discours, l’archiduc Karl dénonce le protectionnisme : «Le libre-échange vaut toujours mieux que le protectionnisme, il assure la prospérité et fournit ainsi la base de tous les autres conforts de notre vie.» Il pointe aussi la dangerosité de la Chine, qui tente d’interférer avec la position européenne concernant les droits de l’homme. «L’Union européenne a besoin d’une politique étrangère européenne. C’est précisément sur cette question de politique étrangère et de sécurité que la souveraineté européenne s’impose». Le cas de la Chine amène également le prétendant au trône à aborder celui de la Biélorussie : «Une politique étrangère européenne digne de ce nom doit durcir les sanctions afin de contraindre Moscou et Pékin de laisser tomber Loukachenko.»

Après avoir cité un discours de son père sur le christianisme européen et ses origines juives, l’archiduc Karl confirme son idée selon laquelle la perte de sens a engendré un État-providence où celui-ci «interfère dans la réglementation de trop de domaines de la vie». Son père disait : «Lorsque la foi disparaît, d’autres idoles prennent la place du Tout-Puissant.»

Favorable à l’élargissement européen, l’archiduc Karl espère un jour voir des pays comme l’Ukraine et la Géorgie rejoindre l’Union européenne. «Si vous ouvre les yeux vers la région de l’Europe du Sud-Est, ou même dans des pays comme l’Ukraine ou la Géorgie, alors vous reconnaîtrez cette adhésion à l’UE comme un objectif politique là aussi.» Il s’agit d’ailleurs là d’un des principes fondateurs de cette association, qui signe chacune des pages de son site par cette explication : «Chaque pays européen a le droit d’adhérer à l’Union européenne. Ce principe s’applique à la Suisse en Europe centrale, ainsi qu’aux pays d’Europe du Nord, comme la Norvège et l’Islande, aux pays d’Europe du Sud-Est, comme l’Ukraine et la Biélorussie ainsi que dans la zone autour de Königsberg occupée par la Russie.»

Dans son discours, l’archiduc Karl ne manque pas de parler de la crise sanitaire, qui selon lui aurait pu renforcer la solidarité européenne, et être l’occasion idéale de voir comment une Europe unie peut se montrer plus efficace. Malheureusement, le constat est tout autre. «Finalement, nous sommes arrivés à une situation dans laquelle chacun pense que l’État doit précisément mettre en œuvre ses idées de liberté». Et au bout du compte, «le résultat est une perte massive de confiance dans la politique. C’est l’heure des populistes».

Bien que son discours a tout d’un programme de campagne, Karl de Habsbourg nie pour le moment vouloir retourner en politique. Après l’adhésion de l’Autriche à l’Union européenne, l’archiduc a été membre du Parlement européen de 1996 à 1999. Concernant ses ambitions actuelles, on peut lire sur son site internet, qu’il a « toujours rejeté les spéculations sur les tentatives de se présenter à nouveau. Il mène son engagement politique européen principalement à travers l’Union paneuropéenne. En tant que président de l’organisation BlueShield, l’un des principaux axes de son travail est la protection des biens culturels et le droit international humanitaire.»

Pour ceux qui en veulent encore, l’archiduc se veut rassurant. Comme il le dit au début de son discours : «ce discours sur l’avenir de l’Europe (…), je le prononcerai chaque année, le 11 janvier». Rendez-vous l’année prochaine.

L’archiduc Charles de Habsbourg-Lorraine, 61 ans, est le 6e des 7 enfants (mais premier fils) de l’archiduc Otto, lui-même fils ainé et héritier de l’empereur Charles 1e et de l’impératrice Zita d’Autriche. Le frère cadet de Charles, l’archiduc Georg est actuellement ambassadeur de Hongrie à Paris.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr