La lettre de rupture de George IV à son épouse et les lettres enflammées qu’il envoyait à son amour de jeunesse rendues publiques

Plusieurs mariages royaux britanniques ont mal terminé. Le roi George 1e est soupçonné d’avoir tué l’amant de sa femme, les mariages arrangés ont terminé en séparation voire en exile, et les mariages heureux ont dû être célébrés clandestinement à l’étranger mais le mariage de George IV et Caroline de Brunswick est très certainement l’un des mariages royaux britanniques les plus désastreux. Pour éponger ses dettes, celui qui était encore le prince de Galles, fut contraint par son père, le roi George III d’épouser sa cousine, Caroline de Brunswick. De ce mariage malheureux, ils réussirent à avoir une fille, la princesse Charlotte, une chance quand on sait qu’il n’eut des rapports intimes avec sa femme qu’à trois reprises. Pendant toute sa vie, le roi George IV eut de nombreuses maitresses dont l’une était Mary Hamilton, chargée de l’éducation de sa fille. Celle-ci recevait des lettres enflammées du futur roi George IV, encore adolescent. Aujourd’hui, ces lettres ont été rendues publiques et son visibles sur Internet. Voici le contenu enflammé des lettres de George IV à celle qu’il aimait.

Les lettres d’amour du jeune George à Mary Hamilton

Le site Georgian Papers doit encore numériser de nombreux documents royaux dans les 10 ans à venir. Pour le moment, déjà plus de 125 000 documents sont consultables en ligne. Parmi ceux-ci, on retrouve les lettres d’amour que le roi George IV, encore prince de Galles, a envoyées à sa maitresse Mary Hamilton en 1779. Mary Hamilton était une dame de la Cour, de six ans son aînée, qui fut par la suite chargée de l’éducation de la princesse Charlotte, née de l’union de George IV avec son épouse.

« Je peux maintenant le dire que ma belle inconnue est vous, ma très très très chère… Vos manières, vos émotions, les tendres sentiments de votre cœur, correspondent parfaitement à mes idées. Sans parler des nombreux atouts de votre forme et de votre personne plus que ceux autres dames. Non seulement je vous estime grandement mais en plus je vous aime plus que les mots ou les idées peuvent l’exprimer », écrit le prince de Galles, alors âgé de 16 ans.

Dans d’autres lettres, on peut lire combien le futur roi est comblé et se sent « le plus heureux des hommes » quand il voit Mary Hamilton porter ses boucles d’oreilles. Les lettres de Mary, quant à elles, sont plus modérées et elle semble se comporter plutôt comme une amie. En 1795, le prince de Galles est contraint d’épouser sa cousine, fille du duc de Brunswick et de la princesse Augusta de Grande-Bretagne.

Lors de la cérémonie de mariage, le prince George était ivre et tenait à peine debout. Il réussit à consommer le mariage à deux reprises durant la nuit noce et le lendemain matin. Neuf mois plus tard naissait la princesse Charlotte. Le mariage n’aura pas tenu longtemps, car à peine la princesse née, ils se séparèrent. Parmi les maitresses de George, il y eut Maria Fitzherbert, qui resta son grand amour pour le reste de sa vie, malgré quelques écarts avec Frances Villiers, comtesse de Jersey, avec Grace Elliott, une femme divorcée ou encore la marquise d’Hertford et la marquise Conyngham vers la fin de sa vie. Mais il faut dire qu’il aimait Maria Fitzherbert déjà bien avant de connaitre Caroline de Brunswick, tous les deux s’étant même mariés en secret avant son mariage officiel. Le mariage entre George et Maria Fitzherbet était considéré comme illégal, celle-ci étant catholique.

La lettre de rupture du prince de Galles avec Caroline de Brunswick

Parmi les documents révélés sur le site Georgian Papers, il est possible de constater les problèmes du mariage de George et Caroline dès les premiers jours de leur union. Ainsi, dans une lettre de George à son épouse, datée 17 jours après leur mariage en 1795, il lui confie que son comportement ne lui convient pas. Il lui parle de sa manière de son comporter avec les dames de la Cour et lui écrit qu’il regrette que son étiquette l’empêche d’avoir une vie « plus gaie et amusante ». « Si vous souhaitez profiter de plus de compagnie de ma part, il doit vous apparaitre que la façon la plus naturelle de l’obtenir est de ne pas rendre ma propre maison détestable avec moi. »

Un an plus tard, George écrit à nouveau à son épouse pour annoncer sa volonté de rompre : « Nous sommes malheureusement obligés de reconnaitre mutuellement que nous ne trouvons pas de joie dans notre union. Les circonstances de nos personnalités et de notre éducation rendent cela impossible ». Ces lettres correspondent exactement avec la date effective de leur séparation, en avril 1796. Plus tard, lorsqu’il deviendra roi, il interdit à Caroline de Brunswick, dont il était séparé officieusement depuis des années tout en étant mariés officiellement, d’assister à la cérémonie de couronnement.

Cette lettre de séparation est téléchargeable ici !

Une des 12 pages de la lettre de rupture du prince George de Galles à son épouse, Caroline de Brunswick

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr