Les Républicains veulent «libérer» la princesse Amalia

Ce samedi matin, le mouvement républicain néerlandais organisait un congrès à l’échelle nationale, durant lequel plusieurs décisions ont été prises. Dorénavant baptisé simplement Republiek, le mouvement profite de l’approche des 18 ans de l’héritière du trône pour faire connaitre son nouveau nom. La nouvelle campagne suggère de «libérer» la princesse Amalia, destinée à devenir la reine des Pays-Bas.

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Le mouvement anti-monarchiste s’en prend à l’héritière du trône des Pays-Bas

«Un chef d’État non élu, non libre et irresponsable ne fait pas partie de la démocratie», voici l’un des nouveaux slogans du mouvement Republiek, le nouveau nom de l’Association républicaine néerlandaise (RG). Ce samedi 6 novembre, l’association avait réuni environ 200 sympathisants, si on en croit Ditjes en Datjes, à Amsterdam.

L’association dirigée par Floris Müller a pris l’habitude de faire parler d’elle lors de grandes occasions royales, comme au mariage de Willem-Alexander et Máxima ou lors de l’abdication de la reine Beatrix. Ce samedi, un congrès était organisé au très chic Felix Meritis. La journée débutait par un débat sur l’hérédité et la liberté, suivie par une conversation avec des républicains suédois, norvégiens et britanniques.

Le mouvement a ensuite présenté sa nouvelle campagne et a remis ses prix de l’année 2021. Dans l’après-midi étaient organisées différentes tables rondes concernant les approches à adopter pour faire entendre leurs revendications.

Le 7 décembre prochain, la princesse Catharina-Amalia, princesse d’Orange, fêtera ses 18 ans. Amalia sera donc légalement en capacité de régner sans la mise en place d’une régence. À cette occasion, Republiek lance une nouvelle campagne avec pour titre #FreeAmalia. L’association demande à ce que les Néerlandais se mobilisent pour libérer l’héritière du trône de l’avenir qui l’attend.

La famille royale des Pays-Bas : la princesse Catharina-Amalia, princesse d’Orange, le roi Willem-Alexander, la princesse Alexia, la reine Máxima et la princesse Ariane (Photo : RVD – Mischa Schoemaker)

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La princesse Amalia n’a pas d’autre choix qu’accepter son destin

«Héritage et liberté ne font pas bon ménage», selon le président Floris Müller. «Vous pouvez devenir tout ce que vous voulez aux Pays-Bas, mais vous ne pouvez pas devenir une reine, et celle qui peut le devenir n’a ni le choix ni la liberté. Elle ne peut pas non plus dire et faire ce qu’elle veut», a précisé le militant Bram van Montvoort.

L’association décerne aussi chaque année un prix au meilleur militant anti-monarchique et un prix contraire, au meilleur «toutou des Orange». C’est le Premier ministre Mark Rutte qui a remporté ce prix à de nombreuses reprises. Le mouvement accompagne sa campagne d’une action citoyenne. Elle demande aux citoyens d’envoyer une lettre à la Chambre des représentants. Elle espère que les Néerlandais enverront au moins 5000 lettres aux députés afin d’espérer recevoir une réponse formelle en retour.

Les Républicains souhaitent rendre sa liberté à la princesse d’Orange (Photo : Hollandse Hoogte-ANP/ABACAPRESS.COM)

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«Une cage dorée est aussi une cage. Amalia est sous pression. Par ses parents et la société. Elle devrait de préférence être belle, garder sa propre opinion pour elle-même, épouser un « partenaire convenable », adhérer à la bonne foi et avoir des enfants. Cela en échange de beaucoup d’argent et d’un emploi au gouvernement», explique l’association.

En juillet 2017, le rapport annuel de l’association indiquait qu’elle comptait près de 2500 membres. Sur le site remis à jour, elle parle à présent de 20 000 membres… et adeptes. Republiek a également entamé un procès contre l’État et le Roi. Le procès, qui devait se dérouler devant un tribunal de district de La Haye, a été récemment reporté à l’année prochaine. Republiek souhaite que la justice juge les pouvoirs et privilèges accordés au Roi comme illégaux. Le procès est totalement financé grâce à une cagnotte participative. Le groupe promet de porter l’affaire jusqu’à la Cour européenne si cela échoue aux Pays-Bas.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr