Les origines d’Élisabeth de Belgique : Quelles sont les origines de la famille royale belge ?

Il y a beaucoup d’idées reçues et de fausses idées concernant les origines de la famille royale belge. Entre les détracteurs qui pointent les origines germaniques de la famille et ceux qui critiquent les mariages arrangés entre royautés de familles étrangères, les suppositions vont bon train quant aux véritables origines de nos souverains ou de leurs héritiers. Voici enfin les vrais origines de la princesse Élisabeth sur les 200 ans dernières années. Vous serez peut-être étonnés de savoir que les origines germaniques de la princesse Élisabeth, duchesse de brabant n’arrivent qu’en quatrième position !

Rappelons tout d’abord que la Belgique ne fut fondée qu’en 1830. Il y a donc moins de 200 ans. À cette époque beaucoup de frontières étaient différentes et les notions de nationalité également. Les époques se succèdent, les frontières peuvent changer du jour au lendemain, sans que les origines ne soient bouleversées pour autant. L’origine implique également une notion de culture, d’éducation, de ressentiment personnel. Quand on parle de noblesse, il y a bien entendu une notion d’héritage qui est très importante. Les titres se transmettent de génération en génération, souvent via le père, et on a tendance à biaiser notre jugement en se référent au titre ou au nom de famille. On peut souvent lire, untel « appartient à la famille de la noblesse danoise », « untel porte un titre de noblesse suédois », induisant notre esprit en erreur sur l’origine. Effectivement, la Maison de Belgique est issue de la famille des Saxe-Cobourg et Gotha, elle-même nommée Saxe-Cobourg-Saalfeld jusqu’en 1826, et il s’agit donc d’un titre de noblesse germanique. Sauf que cette vision oublie la différence entre la généalogie dynastique et la biologie.

Nous avons tendance à accorder plus d’importance à la branche paternelle. Qui d’entre nous n’a pas voulu connaitre les origines de son nom de famille, l’étymologie de notre patronyme, la provenance géographique de ce nom ? Pourtant, la génétique des ancêtres qui nous ont donné ce patronyme ne représente qu’une infime part des gènes qui nous définissent. Biologiquement parlant, notre grand-mère maternelle est toute aussi importante que notre grand-père paternel. Sur une génération, le nom de famille ne représente que 50% de notre origine (les 50% restants étant les origines maternelles), sur deux générations 25%, sur trois générations 12,5%, si bien qu’en 10 générations, celui-ci ne représente plus qu’un seul de nos 1024 ancêtres de cette génération, soit environ 0,097% de notre patrimoine génétique.  

La question des origines est toujours compliquée puisqu’il n’est possible d’établir une carte d’identité des origines qu’en choisissant volontairement une génération pour effectuer cette étude. Plus on remonte dans le temps, plus il sera possible d’affiner les pourcentages liés aux origines, mais il y a aussi un risque, celui de complètement omettre des nationalités qu’auraient pu avoir des ancêtres pendant plusieurs générations après cette génération de référence.

Les origines belgo-polonaises de la reine Mathilde sont claires

Pour notre étude, nous avons décidé de nous arrêter à l’origine des ancêtres de la princesse Élisabeth depuis le premier roi des Belges, Léopold 1er. Cela permet d’avoir une idées de l’origine de la famille royale sur près de 200 ans. Très rapidement, le premier constat est qu’avec l’union entre le roi Philippe et la reine Mathilde, les générations futures ont renforcé leurs origines belges.

Les origines de la princesse Élisabeth de Belgique du côté de sa mère, la reine Mathilde

En effet, les origines de la reine Mathilde sont très simples à déterminer. Sur de nombreuses générations, la famille paternelle est issue à 100% de Belgique, principalement de la noblesse et bourgeoisie flamande.

Du côté maternel, là aussi les origines de la reine Mathilde sont totalement polonaises sur la période étudiée. La reine Mathilde est donc à 50% d’origine belge et à 50% d’origine polonaise sur plus de 100 ans. Ainsi, les 4 enfants du couple royal ont au minimum 25% d’origine belge garantie sur cette période de temps, par leur grand-père, le comte Patrick d’Udekem d’Acoz, père de la reine Mathilde.

Concernant les origines polonaises, certains préciseront qu’il s’agit d’origines lituano-polonaises. Il est particulièrement difficile de trancher clairement en ce qui concerne la famille Sapieha dont est originaire Zofia, la grand-mère de Mathilde. Cette famille princière porte un titre de noblesse lituano-polonaise mais depuis de nombreuses générations cette famille était considérée comme polonaise, sans compter le fait que la Pologne et la Lituanie ont longtemps formée qu’une seule nation. Quoi qu’il en soit, sur la période étudiée (jusqu’à la 6e génération des ancêtres de la princesse Elisabeth), les origines sont 100% polonaises (aussi bien au niveau du lieu de naissance qu’au niveau du territoire sur lequel ces personnes ont vécu) et non lituaniennes. Sur six générations, le plus ancien ancêtre étudié de la famille Sapieha est le prince Adam, né à Varsovie (Pologne) et s’est installé avec sa famille à Krasiczyn (également en Pologne). Et même si on remonte encore d’autres générations, le père d’Adam, Leon Ludwik par exemple, était déjà installé en Pologne.

Le prince Adam Stanislaw Sapieha, arrière-grand-père de Mathilde de Belgique

Les origines italiennes de la duchesse de Brabant à travers sa grand-mère Paola

Du côté du roi Philippe, vous le comprenez, les origines sont plus diverses puisque les grandes familles royales de l’époque interdisaient les mariages morganatiques et favorisaient donc les mariages avec des princesses étrangères pour s’assurer le moins de consanguinité possible et pour renforcer certains liens politiques entre pays alliés.

La branche la plus simple à étudier chez le roi Philippe est son côté maternel. Sa mère, la reine Paola est principalement d’origine italienne. Par contre, peu de gens le savent mais la grand-mère paternelle de Paola, Laure Mosselman du Chenoy était de nationalité belge et d’origine belge. Cependant, cette branche n’est pas à 100% belge. Pétronille-Jeanne Muts, est néerlandaise, la famille Muts étant originaire de Breda et des environs comme Woensdrecht, non loin d’Anvers en Belgique.

Du côté maternelle, l’arrière-grand-mère de Paola, Louise Perrone di San Martino était franco-italienne, sa mère Adrienne Florimond de Fay de la Tour Maubourg étant 100% française, fille d’un marquis. Cette branche-là est belle et bien française sur de nombreuses générations. Donc, pour résumer, tordons déjà le cou à ceux qui pensaient la reine Paola 100% italienne. En dressant son profil généalogique jusqu’au début du 19e siècle, elle est en réalité à 68,75% italienne, à 18,75% belge et à 6,25% française et néerlandaise. Si on rapporte ces statistiques à la princesse Élisabeth, elle est italienne à 18,75%, les seuls ancêtres italiens de la princesse ne provenant que de sa grand-mère Paola (du moins sur 200 ans).

Le sénateur belge Théodore Mosselman du Chenoy et son épouse Isabelle Coghen sont les parents de Laure Mosselman du Chenoy, grand-mère de la reine Paola.

Les origines belges du roi Philippe

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, les seules origines belges du roi Philippe proviennent de sa mère italienne. Nous venons de le voir, la reine Paola avait des ancêtres belges de par sa grand-mère paternelle. Cette part, nous l’avons calculée, était de 18,75%. Comme il n’y a aucun ancêtre belge provenant de la famille d’Albert II, la part d’ancêtres belges du roi Philippe n’est que de 9,37%. D’ailleurs, le roi Philippe est le premier souverain belge à avoir des ancêtres belges. Puisque nous avons déjà calculé plus haut que la part d’ancêtres belges de la princesse Élisabeth provenant de sa mère était de 25%, on peut donc dire qu’Élisabeth a 29,69% d’ancêtres belges sur 200 ans, (soit 25% venant du côté de Mathilde et les 18,75% provenant de la reine Paola, soit 9,37% du roi Philippe, soit encore 4,69% pour elle).

Les origines de la princesse Élisabeth et du roi Philippe de Belgique

De quelles origines étaient les ancêtres des précédents souverains ?

À ce stade nous avons en réalité déjà trouvé les trois origines les plus importantes de la princesse Élisabeth. On résume : 29,68% des ancêtres d’Élisabeth étaient d’origine belge, 25% d’origine polonaise et 17,19% d’origine italienne. L’origine germanique de la princesse Élisabeth vient en quatrième position avec 14,06% de ses ancêtres. Le plus connu de ses ancêtres germaniques est le roi Léopold 1e. Le prince Philippe, fils du roi Léopold 1e, a lui aussi épousé une princesse germanique, la princesse Marie de Hohenzollern-Sigmaren. Son fils, Albert 1e a lui aussi épousé une princesse germanique, Élisabeth de Wittelsbach, duchesse en Bavière, ce qui a pour conséquence d’augmenter considérablement le nombre d’ancêtres germaniques de la famille royale belge.

La cinquième origine est française. Seuls 4,68% des ancêtres de la princesse Elisabeth sont d’origine française. Nous l’avons vu, une petite partie provient de la branche lointaine maternelle de la reine Paola. Sur 6 générations, les autres ancêtres français d’Elisabeth sont Marie-Louise d’Orléans, fille du roi Louis-Philippe et épouse du premier roi des Belges, et Joséphine de Leuchtenberg. Comme nous ne parlons pas de nationalité, cette notion pouvant être trop vague et ne correspondant en rien à des qualités génétiques, on peut considérer Joséphine de Leuchtenberg comme française. Bien que née en Italie et princesse d’Italie, elle est la fille d’Eugène de Beauharnais, lui-même fils d’Alexandre et Joséphine de Beauharnais, née Marie Josèphe Tascher de La Pagerie, future épouse de Napoléon 1e. Les deux parents de Joséphine sont donc bien français.

Eugène de Beauharnais, fils d’Alexandre et Joséphine de Beauharnais est l’un des ancêtres français de la princesse Élisabeth de Belgique.

La sixième origine d’Elisabeth est suédoise à 3,12% à égalité avec l’origine néerlandaise. De par la reine Astrid, petite-fille d’Oscar II de Suède, la princesse Elisabeth est l’arrière-arrière-arrière-petite-fille d’Oscar 1e de Suède mais aussi de Charles XV de Suède. Elle a également deux ancêtres néerlandais, Pétronille-Jeanne Muts dont nous avons parlés plus haut et Louise d’Orange-Nassau, princesse des Pays-Bas, devenue reine de Suède en épousant le roi Charles XV.

Toujours de par Astrid, la princesse Elisabeth a un ancêtre danois à la sixième génération, qui est Christian IX. Par contre, du côté d’Albert II, la princesse Élisabeth hérite d’une dernière origine, qui est portugaise. La grand-mère de Léopold III, Marie-Josèphe de Bragance était princesse de Portugal mais elle vivait en exil avec sa famille en Autriche. Son père, Michel 1e de Portugal est le fils du roi Jean VI et de Charlotte-Joachime d’Espagne. La princesse Élisabeth est donc également d’origine portugaise et danoise à 1,56%.

Tous les ancêtres de la princesse Élisabeth et leur origine

Les 2 parents de la princesse Élisabeth (génération 1) : Philippe de Belgique (Belgique), Mathilde d’Udekem d’Acoz (Belgique).

Les 4 grands-parents de la princesse Élisabeth (génération 2) : Albert II de Belgique (Belgique), Paola Ruffo di Calabria (Italie), Patrick d’Udekem d’Acoz (Belgique), Anna Maria Komorowska (Pologne).

Les 8 arrière-grands-parents de la princesse Élisabeth (génération 3) : Léopold III de Belgique (Belgique), Astrid de Suède (Suède), Fulco VIII Ruffi di Calabria (Italie), Luisa Gazelli (Italie), Charles d’Udekem d’Acoz (Belgique), Suzanne van Outryve d’Ydewalle (Belgique), Leon Michael Komorowski (Pologne), Zofia Sapieha (Pologne).

Les 16 ancêtres de la 4e génération : Albert 1e de Belgique (Belgique), Elisabeth de Wittelsbach en Bavière (Germanique), Carl de Suède (Suède), Ingeborg de Danemark (Danemark), Beniamino “Fulco VII” Ruffo di Calabria (Italie), Laura Mosselman du Chenoy (Belgique), Augusto Gazelli (Italie), Maria Rignon (Italie), Maximilien d’Udekem d’Acoz (Belgique), Maria van Eyll (Belgique), Clément van Outryve d’Ydewalle (Belgique), Madeleine de Thibault de Boesinghe (Belgique), Michal Leo Komorowski (Pologne), Maria Zaborowska (Pologne), Adam Zygmunt Sapieha Kodenski (Pologne), Teresa Sobanska (Pologne).

Les 32 ancêtres de la 5e génération : Philippe de Belgique (Belgique), Marie de Hohenzollern-Sigmaringen (Germanique), Charles-Théodore en Bavière (Germanique), Marie-Josèphe de Bragance (Portugal), Oscar II de Suède (Suède), Sophie de Nassau (Germanique), Frédéric VIII de Danemark (Danemark), Louise de Suède (Suède), Fulco Antonio Ruffo di Calabria (Italie), Eleonora Galetti di San Cataldo (Italie), Théodore Mosselman du Chenoy (Belgique), Isabelle Coghen (Belgique), Calisto Gazelli (Italie), Fanny Cotti (Italie), Félix Rignon (Italie), Louise Perrone di San Martino (Italie), Albert d’Udekem d’Acoz (Belgique), Alice Marie de Kerchove (Belgique), Gustave van Eyll (Belgique), Marie Louise van Gothem (Belgique), Eugène Edouard van Outryve d’Ydewalle (Belgique), Laurence de Serret (Belgique), Désiré Charles de Thibault de Boesinghe (Belgique), Marie Isabelle Frennelet (Belgique), Leon Wilhelm Komorowski (Pologne), Krystyna Antonia Malgorzata Zbijewska (Pologne), Ambrozy Zaborowski (Pologne), Michalina Miaczynska (Pologne), Wladyslaw Sapieha Kodenski, Elzbieta Potulicka (Pologne), Michal Sobanski (Pologne), Ludurka “Ludwika” Wodzinska (Pologne)

Les 64 ancêtres de la 6e génération (2 ancêtres apparaissent deux fois, ils ne sont donc que 62) : Léopold 1er de Saxe-Cobourg et Gotha (Germanique), Louise-Marie d’Orléans (France), Charles-Antoine de Hohenzollern-Sigmaringen (Germanique), Joséphine de Bade (Germanique), Maximilien en Bavière (Germanique), Ludovica de Bavière (Germanique), Michel 1e de Portugal (Portugal), Adélaïde de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg (Germanique), Oscar 1e de Suède (Suède), Joséphine de Beauharnais de Leuchtenberg (France), Guillaume de Nassau (Germanique), Pauline de Wurtemberg (Germanique), Christian IX de Danemark (Danemark), Louise de Hesse-Kassel (Germanique), Charles XV de Suède (Suède), Louise d’Orange-Nassau (Pays-Bas), Fulco Giordano Ruffo di Calabria (Italie), Maria Felice Alliata de Villafranca (Italie), Salvatore Galetti di San Cataldo (Italie), Concetta de Platamonte (Italie), Corneille-François Mosselman (Belgique), Pétronille-Jeanne Muts (Pays-Bas), Jacques-André Coghen (Belgique), Caroline Rittweger (Belgique, ancêtres paternels germaniques), Paolino Luigi Gazelli (Italie), Giuseppina Brucco (Italie), Carlo Cotti (Italie), Margherita Arese (Italie), Charles Perrone di San Martino (Italie), Adrienne Jenny Florimonde de Fay de la Tour Maubourg (France), Gérard d’Udekem d’Acoz (Belgique), Justine de Posson de Wanfercée (Belgique), Frédéric Marie de Kerchove d’Exaerde (Belgique), Elise Marie de Naeyer (Belgique), Alexandre-Antoine van Eyll (Belgique), Marie Angélique de Gourcy-Serainchamps (Belgique), Joseph Antoine van Gothem (Belgique), Marie Colette Maertens (Belgique), Eugène Augustin van Outryve d’Ydewalle (Belgique), Clémence van Severen (Belgique), Jules Jean-Baptiste de Serret (Belgique), Marie Mathilde van Caloen (Belgique), Joseph Désiré de Thibault de Boesinghe (Belgique), Adélaïde van Hamme (Belgique), Louis Antoine Frennelet (Belgique), Anne Thérèse Coppieters Stochove (Belgique), Wiktor Tomasz Komorowski (Pologne), Ludwika Markiewiczówna (Pologne), Michal (Zbijewski) Zoborowski (2X) (Pologne), Irena Barbara Bystrzanowska (2X) (Pologne), Witold Michal Miaczynski (Pologne), Klementyna Glinska (Pologne), Adam Sapieha Kodenski (Pologne), Jadwiga Klementyna Sanguszkówna (Pologne), Kazimierz Wojciech Potulicki (Pologne), Maria Zamoyska (Pologne), Feliks Sobanski (Pologne), Emilia Lubienska (Pologne), Henryk Wodzinski (Pologne), Teresa Karola Sulkowska (Pologne).

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