Le duc d’Anjou et sa famille contraints de rendre le Palazo de Meirás hérité de Franco

Les conditions du déménagement de la famille de Louis de Bourbon se compliquent. Au début du mois de septembre 2020, la justice espagnole avait fini par trouver le moyen de mettre à la porte les descendants de Franco, qui occupaient encore le Palazo de Meirás en Galice. Suite aux injonctions de la justice, obligeant les propriétaires à rendre les clés le 10 décembre prochain, le duc d’Anjou et sa famille avaient finalement programmé un déménagement à la hâte, qui visiblement n’aura même pas lieu, tous les biens étant à présent consignés.

Le Palazo de Meirás reviendra à l’État le 10 décembre prochain (Photo : WikiCommons)

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L’expulsion des Franco du Palazo de Meirás est prévu au 10 décembre

Les associations qui militaient depuis des années pour que l’immense bâtisse de Pazo de Meirás, dans la province de La Corogne, non loin d’El Ferrol, ville natale de Franco, soit rendue à l’État, auront finalement gain de cause. Au mois de septembre, la juge Marta Canales, chef du tribunal de première instance de La Corogne avait annulé la validité du « don » de cette demeure à Franco, jugeant qu’il se l’était appropriée en 1938. Depuis lors, les arrêtés de justice tombent les uns après les autres, laissant de moins en moins de marge de manœuvres pour les descendants de Franco. Parmi ses descendants, il y a Carmen Martínez-Bordiú y Franco, 2e duchesse de Franco, qui a hérité en 2017 des titres de chef de famille à la mort de sa mère, Carmen Franco Polo, fille unique du dictateur.

Carmen Franco Polo, 1e duchesse de Franco, mariée à Cristóbal Martínez-Bordiú y Ortega, 10e marquis de Villaverde, ont eu deux enfants : Carmen et Francisco. Ils ont tous les deux une descendance. Du côté de Carmen, 2e duchesse de Franco, l’actuelle chef de famille, elle a épousé en premières noces Alphonse de Bourbon et ils ont eu deux enfants. Avec son second époux, elle a également une fille. Louis de Bourbon, duc d’Anjou, prétendant légitimiste au trône de France est le fils survivant (le frère ainé est mort à 11 ans) de la 2e duchesse de Franco. Il est également l’héritier présomptif du titre de duc de Franco, un titre qui est par ailleurs en réflexion d’annulation. Pourtant, le descendant des Capétiens, connu par ses partisans français comme Louis XX, tient à son héritage familial, aussi bien symbolique que patrimonial.

La semaine dernière encore, Louis de Bourbon rendait un hommage discret à son arrière-grand-père, le dictateur Franco, mort le 20 novembre 1975. L’année dernière, le duc d’Anjou portait le cercueil de Franco lors de son exhumation du mausolée de Valle de los Caídos, alors que la dépouille devait rejoindre un bien plus modeste cimetière, première phase du plan de déshonneur prévu par les politiques espagnols à l’encontre de l’ancien chef d’État auto-proclamé.

Vue sur la Torre de la Chimera et une autre des trois tours. Au centre, l’accès principal au bâtiment. (Photo : WikiCommons)

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Une perquisition des actifs vivement critiquée par l’avocat des Franco

Ce 10 décembre 2020 à 11 heures, précise le Wochenblatt, le prince Louis de Bourbon, sa mère, son oncle et ses cousins, devront rendre les clés du Palazo de Meirás. Cette demeure est si chère au cœur de la famille que Francisco, le frère de la duchesse de Franco et oncle de Louis de Bourbon porte le titre de 2e seigneur de Meirás. Bientôt, la seigneurie va rejoindre le patrimoine d’État. Le titre de noblesse est lui aussi au centre des interrogations.

Malgré les appels de la famille, l’injonction préliminaire doit être respectée. En apprenant que la famille Franco s’apprêtait alors à vider les lieux, ce mercredi, des membres de la commission judiciaire ont pénétré dans le Palazo pour y établir un inventaire précis des actifs, rapporte la Voz de Galicia. Luis Felipe Utrera-Molina, avocat des héritiers de Francisco Franco fustige ces décisions car « l’État n’a pas inclus un seul meuble dans sa demande. Par conséquent, nous pensons qu’une mesure de précaution comme celle-ci est inadmissible » Le journal local précise que « dans le meilleur des cas, l’inventaire sera terminé à la fin de ce mois de novembre, de sorte que la famille aurait une dizaine de jours pour emporter les objets et les meubles, qu’elle serait autorisée à retirer, avant le 10 décembre ».

(Photo : Free to use/Enrique Dans/Flickr)

Le Palazo de Meirás, reconstruit en 1900 après un incendie, appartenant à la famille de la célèbre poétesse espagnole, la comtesse Emilia Pardo Bazán. « C’est en 1938, à la fin de la guerre civile, que Franco a reçu le Pazo en « cadeau », grâce à une « souscription populaire » organisée par des notables locaux, sympathisants du régime, et nourrie de soi-disant donations volontaires », écrit Le Monde. Le Palazo est devenu un bien d’intérêt culturel en 2008, en tant qu’ancienne demeure de l’écrivaine et quelques années plus tard, les Franco ont été contraints de l’ouvrir partiellement au public.

Sources : Le Monde, Libération, El Voz de Galicia, Wochenblatt

Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr