Les autorités allemandes refusent de rendre aux Hohenzollern leur patrimoine confisqué et empêchent toute compensation financière

Les héritiers de l’empereur Wilhelm II réclament depuis quelques mois le droit de récupérer des châteaux et des œuvres d’art confisqués par l’État, ainsi que le droit d’occuper l’un de leur château. La semaine dernière, le gouvernement du Land de Brandebourg a décidé de ne pas offrir de compensation financière à la famille Hohenzollern, à cause de leur participation à la Seconde Guerre mondiale aux côtés des Nazis. « Ils ont été expropriés, ils n’ont aucun droit de demander quoi que ce soit », a expliqué le représentant du parti socio-démocrate SPD, qui détient la majorité dans cet État.

Brandebourg veut mettre un terme aux réclamations des Hohenzollern

Le parti SPD mènerait depuis quelques temps une campagne ferme et claire à propos de cette demande. Selon le ministre des Finances de Brandebourg, Christian Görke, du parti de coalition de gauche Die Linke, interrogé sur le sujet par le journal BZ. Il aurait été demandé « d’investiguer toutes les options légales mises à leur disposition pour empêcher le paiement de compensations aux Hohenzollern ». Le candidat à la présidence du parti socialiste, Sebastian Walter a d’ailleurs demandé au gouvernement de « mettre fin immédiatement à toutes négociations ». Cette attitude très ferme sur le sujet a permis à l’opposition de pointer du doigt la campagne parfois menée avec zèle par le SPD et son allié de gauche Die Link, comme s’il s’agissait d’une campagne personnelle contre l’ancienne famille impériale de Prusse. « Personne ne veut donner quoi que ce soit aux Hohenzollern », insiste la ministre de la Culture de Brandebourg, Martina Münch. Mais tout ne semble pas définitivement perdu pour les Hohenzollern, qui d’un point de vue strictement légal pourraient même trouver gain de cause s’ils vont en justice. « Plusieurs châteaux sont encore disputés. Il serait préférable qu’on arrive à un arrangement à l’amiable parce que nous risquons de perdre devant un tribunal », déplore Martina Münch.

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Que réclame la famille impériale de Prusse aux autorités allemandes ?

Cela fait des années que le prince Georges-Frédéric de Prusse, chef de la famille von Preußen, négocie avec le ministre des Finances et le Land de Brandebourg pour obtenir une compensation d’1,2 million pour l’expropriation de sa famille d’un château. Il n’y a pas que dans le Land de Brandebourg qu’il se bat. Il s’adresse aussi aux autorités fédérales pour récupérer ses œuvres d’art. Parmi ces œuvres, il y a un tableau du début du 16e siècle de Lucas Cranach l’Ancien, un tableau de Friedrich Tischbein (18e siècle) et un cabinet de l’ébéniste allemand David Roentgen (18e siècle).

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Le prince a également demandé le droit d’occuper à nouveau le château de Cecilienhof, situé à Potsdam, qui fut le dernier château construit par sa famille, en l’occurrence le prince héritier Guillaume de Prusse et Cécilie de Mecklembourg-Schwerin. La famille souhaite y vivre en étant pleinement propriétaire du domaine. C’est dans ce château qu’eut lieu la fameuse Conférence de Potsdam, au lendemain de la guerre. Aujourd’hui, ce château est transformé en musée. L’avocat de la famille a voulu rassurer les autorités et le public, que le musée ne sera pas fermé s’ils retrouvent possession des lieux et que leurs œuvres d’art seront également exposées au public.

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Les Hohenzollern trouveront-ils gain de cause devant la justice ?

Pour espérer retrouver leurs biens, les Hohenzollern basent leurs revendications sur la loi qui autorise à réclamer les biens confisqués par les communistes. Les biens des Hohenzollern situés majoritairement à l’est de l’Allemagne se trouvent sur des territoires qui ont été occupés par les Russes, qui les ont expropriés. À l’opposé, les autorités allemandes refusent toute compensation, justifiant leur refus en indiquant que la famille n’est pas autorisée à prétendre une compensation à cause de son implication dans le régime nazi. Le prince héritier Guillaume, fils de l’empereur Guillaume II, a bénéficié de traitements de faveur durant la guerre, préférant rester en bon terme avec le régime mis en place par Hitler.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr