Il y a 70 ans, 262 mineurs perdaient la vie dans une mine de charbon au sud de Charleroi. La plus grande catastrophe minière de l’histoire belge a ôté la vie à plus d’une centaine d’expatriés italiens. Le prince Emmanuel-Philibert de Savoie, chef de la famille royale italienne, a visité le site du Bois du Cazier à Marcinelle, en présence de son cousin, le prince Laurent de Belgique.
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Le petit-fils du dernier roi d’Italie sur le site du Bois du Cazier
En août 2023, la reine Paola de Belgique se rendait sur le site du Bois du Cazier avec ses petits-fils, les princes Nicolas et Aymeric. Ce 31 octobre 2026, trois ans plus tard, le prince Laurent a lui aussi visité l’ancienne mine après sa mère et ses jumeaux. Le prince Laurent accompagnait son cousin, le prince Emmanuel-Philibert de Savoie, prince de Venise et de Piémont, duc de Savoie.



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Le prince Emmanuel-Philibert, petit-fils du roi Humbert II d’Italie, est en visite dans la province de Hainaut, a été accueilli officiellement au palais provincial de Mons par le gouverneur Tommy Leclercq, ce vendredi soir. Un dîner était organisé en son honneur et le prince a présenté son livre « La Regina di Maggio », consacrée à sa grand-mère, la reine Marie-José. Le lendemain, le prince a rejoint le sud de Charleroi pour rendre hommage aux victimes italiennes de la catastrophe de Marcinelle. Ce site est un lieu historique d’une grande importance pour la communauté italienne. En octobre 2025, le roi Philippe et la reine Mathilde avaient emmené le président italien Sergio Mattarella sur les lieux, alors qu’il effectuait une visite d’État en Belgique.



Emmanuel-Philibert de Savoie maque le 70e anniversaire de la catastrophe minière de Marcinelle
Marcinelle est une section de Charleroi, qui abrite des industries lourdes. Dès le début du 19e siècle, des charbonnages ont ouvert à Marcinelle, dont le site minier situé au lieu-dit du Bois du Cazier. Le 8 août 1956, vers 8 heures du matin, un incendie se déclara au Bois du Cazier, causant la mort de 262 ouvriers. Parmi ces victimes, 136 étaient de nationalité italienne. En ce jour funeste de 1956, 275 hommes travaillaient dans la mine dont 9 se trouvaient à 1 100 mètres de profondeur et plus de la moitié à environ 1 000 mètres. Le roi Baudouin s’était déplacé sur place dès 19 heures, le jour de la catastrophe. Les opérations de sauvetage et d’extinction de l’incendie ont duré plusieurs semaines, demandant l’intervention de pompiers et secouristes français et allemands.


La visite marque le 70e anniversaire de la catastrophe, quelques jours après l’identification d’une nouvelle victime grâce à des analyses ADN. En 2019, une nouvelle enquête a été lancée afin d’identifier quatorze victimes qui avaient été enterrées sans connaître leur nom. Depuis lors, sept d’entre elles ont été identifiées.


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Plus d’une dizaine de millions de personnes vivant dans les territoires de la péninsule italienne ont quitté leur région pour s’installer dans les pays plus industrialisés du nord de l’Europe, entre le début du 19e siècle et la Première Guerre mondiale. À cette époque, ce sont les ancêtres du prince Emmanuel-Philibert qui régnaient sur ces territoires. Les souverains de Savoie ont régné sur le royaume de Sardaigne, qui couvrait le nord-ouest de l’Italie actuelle, puis sur le nouveau royaume d’Italie à partir de l’unification du pays en un seul pays en 1861. Le grand-père du prince Emmanuel-Philibert, le roi Humbert II a régné jusqu’à l’abolition de la monarchie et son épouse, la reine Marie-José, était une princesse de Belgique. Marie-José était la fille du roi Albert 1er, la sœur du roi Léopold III et la tante des rois Baudouin et Albert II.


L’immigration massive vers la Belgique a eu lieu après la Seconde Guerre mondiale. Un protocole entre la Belgique et l’Italie, signé en 1946 et effectif en 1948, a encadré l’immigration italienne comme main-d’œuvre. En échange de charbon envoyé vers l’Italie, des dizaines de milliers d’Italiens étaient envoyées dans les mines en Belgique. La Belgique livrait 200 kg de charbon à l’Italie par jour de travail et par mineur italien. Au début des années 60, environ 44% des étrangers vivant en Belgique étaient des Italiens. Il n’existe pas de données exactes sur le nombre de Belges d’origine italienne mais selon différentes études, cela représenterait entre 300 000 et 500 000 Belges, avec une forte concentration dans les régions historiquement liées aux activités minières.
