Le prince Michael de Kent accusé de vendre ses relations avec Poutine

Le prince Michael de Kent a été piégé par des journalistes sous couverture, qui se sont fait passer pour des représentants d’une société sud-coréenne, lors d’un faux rendez-vous d’affaires réalisé par visioconférence. Durant cette conversation, les journalistes ont demandé au cousin d’Elizabeth II s’il pouvait tirer quelques ficelles pour les aider à entrer en contact avec le Kremlin. Le prince Michael a accepté d’apporter son aide à la fausse entreprise, en échange d’une rémunération conséquente.

Le prince Michael de Kent a été piégé lors d’une fausse réunion d’affaires. Ici photographié en 2017 lors d’une conférence donnée à l’université de Saint-Pétersbourg (Photo Sergei Konkov/TASS/ABACAPRESS.COM)

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Le prince Michael de Kent monnaie ses relations au Kremlin

Le prince Michael de Kent est né 8e dans l’ordre de succession au trône britannique, en 1942, deuxième fils du prince George, duc de Kent, lui-même quatrième fils du roi George V. En mai 2021, le prince Michael de Kent est 50e dans l’ordre de succession. Il reste tout de même un membre qui compose le noyau dur de la famille Windsor, étant l’un des trois seuls cousins germains de la reine Elizabeth II encore en vie.

Ce 8 mai 2021, le Sunday Times, en collaboration avec une équipe de journalistes de l’émission Dispatched de Channel 4, a publié un article qui a fait l’effet d’une bombe dans la presse britannique. Des journalistes ont volontairement organisé une fausse réunion avec le prince Michael de Kent, dans le but de le piéger. Ils se sont fait passer pour des représentants de l’entreprise House of Haedong, qui vend de l’or en Corée du Sud. La conversation sera diffusée ce lundi dans une émission spéciale de Dispatched consacrée aux business des membres de la famille royale.

Pour étendre leur réseau et se développer en Russie, les faux directeurs de cette entreprise d’or ont demandé l’aide du prince Michael de Kent, qui a confirmé lors de cette réunion sur Zoom, qu’il pourrait leur être d’un soutien non négligeable. Pour se vendre, le prince Michael a rappelé qu’il avait obtenu l’ordre de l’Amitié, une distinction russe décernée à ceux dont le président Vladimir Poutine a reconnu les mérites.

Le prince Michael de Kent a offert ses services pour environ 10 000 £ par jour de prestation en Russie et a promis de réaliser une vidéo promotionnelle pour 200 000 £ (Photo : capture d’écran Sunday Times/Channel 4)

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Le marquis de Reading vante la proximité du cousin de la Reine avec Poutine

Simon Isaacs, marquis de Reading, ami du prince et associé d’affaires, participait également à la conversation. Le marquis n’a pas hésité à vendre les qualités de son associé, rappelant qu’il était «l’ambassadeur non-officiel de Sa Majesté en Russie». Le prince Michael a déclaré pouvoir aider l’entreprise à approcher le cercle proche de Poutine, en échange de 50 000 £ pour quatre à cinq jours de prestation lors d’un voyage en Russie.

Pour une enveloppe totale de 200 000£, soit environ 230 000€, le prince Michael a accepté de réaliser une sorte de clip promotionnel dans lequel il vanterait les mérites de l’entreprise, promettant de filmer le message avec le palais de Kensington en arrière-plan. Le prince a ajouté qu’il n’aurait pas de difficulté à vendre les mérites de cette entreprise «qui investit dans le plus royal des actifs : l’or». Il a confirmé à la journaliste qu’il n’avait aucune remarque concernant la généreuse proposition, acquiesçant lorsqu’on lui a demandé s’il s’agissait d’une somme habituelle pour ce type de prestation.

Le marquis de Reading et le prince Michael de Kent (en bas), en train de parler avec deux journalistes sous couverture (Photo : Sunday Times/Channel 4)

Après quelques minutes, le cousin de la Reine a quitté la conversation Zoom, laissant le marquis de Reading seul avec les prétendus entrepreneurs sud-coréens. L’associé du prince Michael s’est un peu emballé et a continué de faire la promotion de son ami. «Il est clair que le prince Michael est très intéressé par tout ce que vous avez à dire sur la Russie… Eh bien, si vous voulez entrer en Russie correctement, vous devez passer par les Poutinistes. Et le meilleur moyen d’arriver jusqu’aux Poutinistes, c’est via lui-même, via Poutine lui-même. Poutine, exactement.»

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Après avoir demandé à ses interlocuteurs de rester discrets à ce sujet, Lord Reading a toutefois apporté une nuance en précisant que le cousin de la Reine ne pouvait pas garantir d’atteindre les personnes souhaitées. «Nous pouvons certainement aider dans ce sens. Même s’il n’a pas de contact direct avec la personne que vous voulez atteindre, il y a un moyen d’entrer. Il y a toujours un moyen d’entrer.»

Après la divulgation de cette conversation piégée, un porte-parole du prince a nié ces informations. Selon lui, le prince Michael de Kent n’a plus eu de contact direct avec le président russe depuis 18 ans. «Lord Reading est une bon ami, qui a fait des propositions que le prince Michael n’aurait pas voulu ou n’aurait pas pu réaliser», explique le porte-parole. Quant au marquis de Reading, il a présenté ses excuses, reconnaissant «avoir fait une erreur» dans le seul but d’aider son ami.

Le prince Michael de Kent, dont la russophilie est connue de tous, est même interprète russe. S’il a beaucoup voyagé en Russie et a certainement été très proche du Kremlin à une époque, rien n’indique que le prince de 78 ans soit encore capable de tirer des ficelles pour obtenir les faveurs des proches de Poutine.

Le journal précise que trois autres membres de la famille royale ont été approchés et ont décliné la proposition, et un autre membre n’a pas répondu à l’invitation. Le prince Michael de Kent ne touche pas de subsides de l’État et peut gagner sa vie comme il l’entend. Étant le cadeau de sa fratrie, il ne porte aucun titre, contrairement à son frère, le duc de Kent ou à son cousin, le duc de Gloucester. Plusieurs autres membres de la famille ont déjà vendu leur image pour faire de la publicité. La pratique peut sembler peu élégante mais elle n’est pas illégale. Par ailleurs, le prince a déjà été pointé du doigt à plusieurs reprises concernant la façon dont il monnayait son statut de membre de la famille royale.

Nicolas Fontaine

Rédacteur en chef

Nicolas Fontaine est rédacteur web indépendant depuis 2014. Après avoir été copywriter et auteur pour de nombreuses marques et médias belges et français, il s'est spécialisé dans l'actualité des royautés. Nicolas est aujourd'hui rédacteur en chef d'Histoires royales. nicolas@histoiresroyales.fr